A propos du renouvellement du parc des taxis, bus et mini bus du Mali : L’ANPE se démarque et rend heureux des constructeurs automobiles…

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La chute du régime d’ATT n’a pas fini de révéler sa gestion catastrophique des deniers ou affaires de l’état du Mali. C’est fort de l’état de putréfaction avancée de l’appareil d’état (administration et autre) que la société de micro-finance Jemeni a initié un projet de renforcement du parc des taxis, Bus et Mini Bus au Mali sous l’égide du Ministère de l’Equipement et des Transports en partenariat avec la Fédération des Conducteurs et Chauffeurs du Mali et la coopérative des Chauffeurs de taxis du Mali. Il s’agit de plus 20 000 voitures que l’Iran devrait construire dans notre pays via la Iran Developpement Bank (IDBA) pour 10 millions de Dollars qui avaient été déjà envoyé dans les banques de la BNDA, BDM et ECOBANK mais repartiront comme c’était venu puisque l’ANPE se débinera pour donner ce projet à des constructeurs automobiles maliens avec le résultat que vous connaissez. Votre journal a tenté de comprendre.
Selon nos sources, ce projet de renouvellement du parc des taxis, des Bus et mini Bus au Mali qui s’inscrivait à la fois dans le cadre de la promotion de l’auto-emploi et du remplacement du parc de taxis vieillissant, s’est ouvert à l’ANPE qui a été sollicité pour son appui à travers le Fonds Auto renouvelable pour l’Emploi aux fins de libérer les cautions qui étaient requises au financement de l’opération.
Il faut préciser selon nos sources que ce projet grandiose, premier du genre au Mali, ne saurait être l’initiative de l’ANPE comme elle tente de le faire croire en ces moments-ci. Et pour cause, ni elle, ni la BRS qui avaient tous sollicité et qui ont filé à l’anglaise, avaient d’autres idées autres que la refondation du métier de chauffeur au Mali. En clair, la professionnalisation de ce métier, le sortir de l’informel. Aussi faut-il rappeler que ce projet de la micro finance Jemeni à l’époque en grande difficulté financière, n’est pas non plus l’œuvre de la coopérative des chauffeurs de taxis du Mali mais de la première qui a été accompagné par les plus hautes autorités de l’époque. D’ailleurs, c’est la raison pour la quelle le Président ATT donnera sa caution en se rendant à Dakar lors du sommet de l’OCI pour rencontrer le Premier Ministre Iranien qui l’invitera pour se faire.
Le voyage à Téhéran sera fructueux pour la délégation présidentielle puisqu’un mémorandum sera signé avec la partie iranienne, c’est-à-dire Iran KHODRO, constructeur automobiles qui s’est engagé à fournir plus de 20 000 véhicules sur 10 ans au Mali via Jemeni motors puisque la société Jemeni a été contrainte de créer la société de construction automobiles au Mali pour pouvoir bénéficier de ce grand projet. Ce dit projet bénéficiait de l’accompagnement de la Iran Export Developpement Bank (IDBA) pour une enveloppe de 10 millions de Dollars. Cet important fonds, a été logé à la BNDA (4 millions de Dollars), BDM (4 millions de Dollars) et Ecobank (2 millions de Dolalrs). Ce fonds séjournera dans ces banques des mois durant sans qu’il ne soit utilisé. Et pour cause !
Conditions de garanties
Dans cette belle affaire qui rentre dans le cadre de la politique des plus hautes autorités à créer de l’emploi surtout durable, des conditions de garanties avaient été demandées à la société Jemeni qui n’ont malheureusement pu être satisfaites en raison de la difficulté de son actionnaire majoritaire. Ce qui a constitué un véritable obstacle à la réalisation de ce projet grandiose de création d’emploi chez nos chauffeurs de taxis et autres.
C’est à, partir de ce constat que l’ANPE et certaines banques telle la BRS se retirent et s’approprient le projet en privilégiant les intérêts de nouveaux concessionnaires automobiles sur ceux de la communauté des chauffeurs de taxis qui aurait du en bénéficier du changement de statut social que leur offrait ce projet de plus de 20 000 véhicules que l’Iran nous offrait sur un plateau en argent.
Selon une étude réalisée à cet effet, sur 100 chauffeurs de taxis, 95% vivaient dans des conditions précaires, de soumission et n’arrivaient même pas à nourrir leur famille. Avec ce projet Iranien, nos chauffeurs allaient être autonomes, professionnels, de vrais entrepreneurs. Des gestionnaires en quelque sorte d’entreprise.
Ce projet devait professionnaliser le secteur et sécuriser les chauffeurs. C’est-à-dire faire d‘eux de vrias patron d’entreprise. Malheureusement, ce projet a été bradé au profit de nouveaux concessionnaires. Le résultat est que les chauffeurs de taxis du Mali continuent à broyer du noir. Et même les taxis initiés par l’ANPE battent présentement de l’aile. Il suffit d’échanger  avec les chauffeurs pour se rendre compte de leurs problèmes, leurs difficultés à joindre les deux bouts.
« Donc la présente campagne de l’ANPE vise à noyer le poisson dans l’eau. Leur projet a échoué. Cela ne marchera pas. Il faut que les nouvelles autorités ramènent ce projet de Jemeni motors. C’est dans cela que notre salut y sera si réellement on veut nous sortir de l’ornière», martèle un chauffeur du syndicat des taxis très furieux.
Mieux, M. Famara Kanté, ancien cheminot qui voulait assurer sa retraite avec ce taxi de l’ANPE s’insurge contre la publicité de l’ANPE et de la coopérative qu’il juge de « montage » car eux en tant que bénéficiaires n’ont pas été associés. Aussi, il interpelle les nouvelles autorités à « prendre à bras le corps cette affaire de taxis de l’ANPE et de la coopérative qu’il qualifie d’escroquerie et exige l’audit de l’ANPE et de son opération taxis puisque el changement doit être à tous les niveaux ». Enfin, M. Kanté se dit prêt pour un débat à la télévision pour démonter « l’escroquerie de l’ANPE » et de ses complices et remettra très bientôt le dossier au Vérificateur Général. « Nous n’allons pas accepter d’être escroqué de la sorte », a-t-il martelé.
Pour cet autre chauffeur qui a préféré garder l’anonymat puisqu’il y a une chasse aux sorcières : « L’opération taxi qui a débuté en 2009 avec une trentaine de véhicules, a été de nos jours  un échec cuisant. La carte de membre de la coopérative (coordination des syndicats de chauffeurs de taxis et des routiers), nous a été exigée pour bénéficier de cette affaire. Beaucoup d’entre nous a adhéré à cause des dirigeants des syndicats que nous connaissons bien. Donc le taxi LOGAN a vu le jour avec une avance de 500 à 600 000 FCFA pour que les chauffeurs s’habillent afin d’être correctement habillés. Au cours de la formation, c’est ce qui avait dit. Mais avec la remise des voitures LOGAN, cela n’a pas été respecté. Disons quelques éléments parmi nous ont été trié à la volée pour bénéficier de ces véhicules 40 au total ».
D’ailleurs explique notre interlocuteur, un Comité de crise a été mis en place pour trouver une solution à cette escroquerie de haut voltige du règne ATT qui se poursuit de nos jours. Nous sommes même censurés sur l’ORTM et sur certaines radios privées de la place.
Le Gouvernement du Dr Cheick Diarra 2 est plus que jamais interpelé.
Contacté par nos soins, la cellule de communication de l’ANPE à propos des spots publicitaires parle de taxis financés par la BIM.
Quant au projet de 20 000 véhicules de Jemeni qui devrait permettre à nos chauffeurs de taxis et autres de se professionnaliser, notre interlocuteur nous a renvoyé à son Directeur Général qui demeure injoignable. Allez savoir pour quoi ?
Ce qui est sûr, le projet de Jemeni a été approprié par l’ANPE qui se trouve de nos jours au centre de critiques et non les moindres pour avoir donné des produits qui sont contestés et qui n’auront pas servi les vrais bénéficiaires que sont les chauffeurs de taxis et conducteurs du Mali.
Nous y reviendrons
Bokari Dicko

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