Affaire dite des « bérets rouges » : La sortie mal-à-propos du chef d’état-major des armées

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L’ORTM a diffusé lundi soir un entretien avec le chef d’état-major des armées du Mali, le général Ibrahim Dahirou Dembélé. L’entretien était relatif au malaise qui couve visiblement encore au sein de la « Grande muette » depuis les malheureux événements du 30 avril 2012. La délicatesse du sujet et le contexte dans lequel il intervient, justifient-ils l’expression de « gêne » perceptible sur le visage du Céma et que les téléspectateurs n’ont pas manqué de remarquer ? Y avait-il donc une quelconque urgence à cette « mise au point » ?

Le général de brigade, Ibrahima Dahirou Dembélé, chef d’Etat major des armées

Pour de nombreux observateurs, la sortie médiatique du Céma, lundi soir, n’était pas opportune surtout à une période si cruciale dans la vie de notre pays en tant que nation. En tout cas, l’élément, dont un extrait avait passé d’abord dans le JT de 20 heures, a fait l’objet d’une diffusion intégrale par la suite. Pourquoi ?

Beaucoup de compatriotes se posent la question sur le bien-fondé d’une telle initiative à un moment où notre armée nationale a besoin d’une totale sérénité et de l’ensemble des ressources disponibles pour mener à bien la mission dans laquelle elle est engagée aux côtés d’autres forces pour reconquérir la partie du territoire annexée et occupée depuis plus d’un an par des forces négatives et rétrogrades.

Pour rappel, une mutinerie des éléments de la garnison militaire de Kati, conduite par le capitaine Amadou Haya Sanogo, a abouti au coup d’Etat du 22 mars 2012 renversant ainsi le régime d’Amadou Toumani Touré à quelques jours de la fin de son second et dernier mandat.

Le mécontentement de la troupe suite aux difficultés rencontrées par l’armée nationale face aux rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et autres mouvements terroristes dans le Nord du pays depuis le 17 janvier 2012, a servi de prétexte aux mutins pour prendre le pouvoir. Un Comité militaire dit de redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat (CNRDRE) a suspendu toutes les institutions républicaines et s’est octroyé les pleins pouvoirs pour « donner les moyens à l’armée afin de laver l’affront et l’humiliation subie par les défaites successives devant l’ennemi ».

Une fois le coup d’Etat consommé, le climat sociopolitique s’est rapidement détérioré. Le consensus qui avait jusque-là prévalu dans la classe politique par rapport à la gestion des affaires publiques a fait place à un antagonisme exacerbé entre « pro-putschistes » et « anti-putschistes ».

En plus de la condamnation unanime de la communauté internationale, le coup d’Etat du 22 mars a contribué à accélérer l’occupation des 2/3 du territoire national par les bandits armés, les terroristes, les narcotrafiquants et les djihadistes de tous bords. Les menaces de sanctions de la Cédéao et l’arrêt de toute forme de coopération à l’exception de l’assistance humanitaire, par les partenaires techniques et financiers, ont largement contribué à polluer davantage le climat déjà assez délétère à l’intérieur du pays.

C’est dans un contexte aussi tendu qu’est survenue une tentative de contrecoup d’Etat dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012. Elle a été attribuée aux éléments du 33e Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni. Cette tentative de contre coup a été perçue par beaucoup d’observateurs comme une autre manifestation de la rivalité longtemps entretenue, à tort ou à raison, entre certains corps de l’armée nationale.

Comme il fallait s’y attendre, les opérations ont causé des pertes en vies humaines et les représailles qui ont suivi ont également été d’une extrême violence contre les auteurs et tous ceux qui étaient perçus comme « complices » dans la tentative de contre coup. Des organisations de défense des droits de l’Homme ont protesté contre ce qu’elles ont qualifié d’arrestations et d’exécutions extrajudiciaires, de pires formes de tortures et d’atteintes graves aux droits les plus élémentaires de l’homme.

La justice s’est saisie du dossier et depuis lors les enquêtes se poursuivent pour faire toute la lumière sur ces malheureux événements de tristes souvenirs pour le peuple malien. Récemment, le juge d’instruction en charge du dossier a ordonné la mise en liberté provisoire de certaines personnes détenues à ce sujet. Ils sont ainsi environ 29 sur la cinquantaine à avoir bénéficié de cette mesure judiciaire.

Sûrement que pour « célébrer » cette libération de leurs camarades, les éléments du Camp para de Djicoroni ont organisé la semaine dernière une rencontre dans leur fief en vue de « manifester leur joie et réitérer leur entière disponibilité à se joindre à leurs frères d’armes pour la libération, la défense et la préservation de l’intégrité de notre territoire », selon leur porte-parole.

Certes, compte tenu des mesures exceptionnelles décrétées par le gouvernement, notamment l’état d’urgence que l’Assemblée nationale vient de proroger pour une période de 3 mois, la situation nécessite vigilance, retenue, modération et cohésion à tous les niveaux de la société. Mais, elle incite également à plus de sérénité et surtout de lucidité de la part des autorités (de quelque niveau que ce soit) afin de ne pas en rajouter à une situation déjà suffisamment difficile et complexe sur tous les plans.

Les succès engrangés par les soldats malien et français au front et qui nous valent aujourd’hui la reconquête de la quasi-totalité du Nord du pays, doivent être mis à profit pour recoller tous les morceaux du tissu social sérieusement délabré par la crise actuelle. Plus que toute autre entité, les autorités administratives et politiques ont un rôle beaucoup plus important à y jouer dans l’avènement d’un climat apaisé et serein.

L’opinion a certes droit à l’information. Mais une affaire qui est encore pendante devant les tribunaux et qui n’a pas connu son épilogue doit être traitée avec la plus grande attention et au besoin dans la discrétion qui sied en la matière. Toutes les précautions nécessaires ont-elles été prises pour que cette « mise au point » du chef d’état-major des armées soit perçue et comprise comme telle ? Pas si sûr !

Bréhima Sidibé

 

SOURCE:  du   6 fév 2013.    

52 Réactions à Affaire dite des « bérets rouges » : La sortie mal-à-propos du chef d’état-major des armées

  1. big72

    Qu’il interdise à la merde du singe(sanogo)de se faire escorter aussi.ses pd,au lieu de faire le gros bras avec nos armes à bko et kati n’ont qu’à aller au nord.

  2. Après la crise il fautdra une vraie armée républicaine, pas une armée de poltron dont les 70% sont de quelques cercles de Sikasso.

    Il faut réformer l’armée malienne fragilisée par de gros problèmes.

    * L’intégration de 2540 combattants Touaregs dans l’armée malienne en application des accords (pacte national, accord d’Alger)a renforcé les rebelles et défavorisé la défaite de l’armée malienne.
    Les ex-combattants ont rejoint les rebelles avec nos armes et nos secrets militaires.

    * L’armée malienne ne reflète pas le pays. Non seulement les soldats sont recrutés de façon complaisante, sans base d’aptitude, souvent de façon héréditaire comme chez les familles de cheminots mais aussi, les 70% des effectifs viennent de quelques cercles de la région de Sikasso et de Ségou.
    Ce sont toujours les enfants des militaires et de hauts responsables qui sont recrutés et engagés dans des corps d’élites sans aptitudes.
    Tout le monde parle du fils de l’ancien président Konaré pour qui une promotion spéciale a été créée à l’EMIA.
    De même, les grades sont distribués sans mérite: que des généraux de salon!

  3. maiga issa

    Le general DEMBELE m inspire pluitot confiance ,il a repoussé mes dernieres reticences lors de la presentation des voeux au president TRAORE pendant laquelle il a eté rspectueux et courtois a son egard cependant je n ai pas apprecié sa derniere sortie mediatique que je trouve maladroite et inopportune.

  4. koussata

    qil vas se faire foutre ,vas aussi interdire les ressemblement au camp de sevare ,ils sont dans leur camp qel est le probleme,
    que veut dire pour lui etat d’urgence .gagne leur unite d’infectation ,kati est il charge d’infecte une unite de camp para .Dembele ta la haine

  5. Je ne sais pas où sont formés les journalistes actuels. De quoi s’agit-il? Il fallait au moins dire aux lecteurs les propos tenus par le CEMGA!!!! Pourquoi jugez-vous les mots du CEMGA de mal à propos? Pourquoi voulez-vous faire l’avocat du diable?
    Pour ceux qui n’ont pas suivi les mots du CEMGA, il a dit que les parachutistes (bérets rouges)doivent regagner leurs unités d’affectation et que les escortes sont interdites désormais à Bamako jusqu’à nouvel ordre.
    Quoi de plus normal que d’inviter les hommes à regagner leurs unité d’affectation?
    Beaucoup de parachutistes ont déjà rejoint leurs unités et sont entrain de se battre au nord aux côtés de leurs camarades, que cherche alors les autres à Bamako?