Capitaine Amadou Aya Sanogo : Le « gardien » de la constitution du Mali ?

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Dans un système démocratique qui fonctionne avec des institutions fortes, le militaire n’est  ni visible ni audible et son absence ne gêne personne parce qu’elle est l’expression d’une normalité élémentaire.  Un système civil au sein duquel les militaires sont trop présents, font la pluie et le beau temps, est un système en faillite et la classe politique doit alors faire sa mea-culpa, accepter qu’elle a failli à sa mission d’instauration et de pérennisation d’un système démocratique opérationnel. Ainsi elle pourra faire amende honorable et espèrer créer les conditions normales d’un vrai système démocratique à travers de nouvelles institutions fortes, de nouveaux hommes et femmes crédibles et vertueux et de nouvelles garanties de justice sociale, de libertés individuelles et collectives.

Par conséquent Il  ne sert à rien d’énoncer des chapelets de principes ou des déclarations d’intentions si la faute commise pour en arriver à une telle situation regrettable n’est pas reconnue après une analyse froide et approfondie de la situation. Ce que le penseur politique Lénine appelle « l’analyse concrète d’une situation concrète ». Comment ne pas reconnaître que dans le Mali d’aujourd’hui, le capitaine Sanogo est un officier qui ne reçoit ses ordres d’aucune  personne ni d’aucune institution et peut même en donner à tout le monde, fût-il  un ministre, un Général et même un Président de la République ? C’est cela la réalité des rapports de force actuels au Mali ; il faut juste souhaiter que le jeune capitaine  de Kati ait la sagesse nécessaire pour ne pas abuser du pouvoir qu’il détient et qu’il se trompe le moins possible dans ses décisions qui, bien qu’étant souvent spectaculaires, sont pourtant le fidèle reflet de la réalité institutionnelle du Mali.

Quand le Président par intérim assure les fonctions de Président  de la République grâce à son statut de dauphin constitutionnel du Président ATT  déchu par les militaires pour ses errements politiques, sa gouvernance vicieuse et corrompue et son commandement désastreux, dont il fût pourtant l’un des plus proches collaborateurs depuis la révolution de Mars 1992.

Quand on sait que le Président par intérim actuel fut le Président de l’Assemblée nationale malienne qui était chargée de recevoir, d’apprécier, de valider pour veiller à leur bonne exécution par le gouvernement ou de rejeter purement et simplement les projets de lois émanant de l’exécutif à la tête duquel se trouvait le Président ATT déchu par les militaires.

Quand on se souvient que les militaires tombeurs du président ATT ont rendu le pouvoir qu’ils avaient illégalement acquis par coup d’Etat pour favoriser la continuité institutionnelle avec les mêmes institutions de la République et les mêmes personnes qui les incarnent et qui avaient accompagné avec docilité et cupidité le Président ATT dans ses 10 ans de mission de déstructuration de l’Etat, de détournement illicite des richesses du pays, de démoralisation de la troupe et d’assujettissement du peuple.

Alors on comprend aisément que c’est le système d’ATT sans ATT avec les mêmes chefs des institutions, avec les mêmes hommes dans les hautes sphères de prise de décision de l’Etat, avec la même administration et ses mêmes serviteurs, qui continue ses opérations au Mali avec les mêmes réflexes et pratiques.

C’est déjà là l’expression d’une situation d’exception de fait. Pendant ce temps-là, la classe politique malienne composée, d’une part, en grande partie, d‘hommes et de femmes qui ont toujours donné caution morale et appuis politique et intellectuel aux pratiques mafieuses des régimes des Présidents Konaré et ATT  et des opposants acharnés à ces régimes d’autre part, ne perdent aucune occasion, pendant que le pays est sous occupation et a besoin d’une union sacrée de ses fils et filles, pour se donner en spectacle à travers la presse et au cours de manifestations politiques, au grand dam des populations maliennes qui ne disposent, hélas, d’aucun moyen de dissuasion contre eux.

Quand autant de dysfonctionnements sont visibles au sommet de l’Etat dont ils menacent même les fondements que sont la souveraineté et la sécurité, Il ne faut ni s’étonner ni s’émouvoir, ni même regretter de voir l’armée faire irruption dans l’espace public, à travers ses officiers, pour siffler la fin de la recréation aux fins de recadrer les institutions quant des personnalités qui les incarnent perdent le sens de l’Etat au point d’entrer en rébellion ouvert en oubliant les intérêts du peuple et les priorités de la nation. Tout le monde voyait ces nombreuses incohérences au sommet de l’Etat, certains dont votre serviteur l’Enquêteur dans sa parution n°8 et 11ont alerté plusieurs fois par la plume, d’autres ont tiré sur la sonnette d’alarme à travers les médias, sans jamais pouvoir y mettre un terme. Par conséquent, il faut plutôt saluer un tel acte de haute portée patriotique posé par un officier militaire pour protèger les institutions de la République ; ensuite il faudra travailler avec sincérité, humilité et clairvoyance dans l’instauration d’un système démocratique véritable animé par les meilleurs citoyens du Mali et qui consacre la primauté du pouvoir politique sur les forces de défense et de sécurité.

Il ne faut donc pas se leurrer, la démocratie malienne est exactement à cette présente étape de sa marche laborieuse et douloureuse qui se veut victorieuse sur le chemin de son perfectionnement. Un officier qui se propose d’être «gardien» du processus démocratique tout en restant dans la caserne, ne fait pas de mal.

A.B.D

 

SOURCE:  du   14 déc 2012.    

12 Réactions à Capitaine Amadou Aya Sanogo : Le « gardien » de la constitution du Mali ?

  1. TAAAKABOYE

    AH BON SITUATION D EXCEPTION = zero RESISTANCE ?????
    SI OUI ALORS GENERAL DEGAULLE MINISTRE DE PETAIN
    JEAN MOULIN A AMI DE PIERRE LAVAL.
    HEUREUSEMENT LA REPONSE EST NON NON ET NON.
    ACTION IMPLIQUE REACTION ALORS RESISTANCE LOI UNIVERSELLE.
    ELLE IRA EN S EN AMPLIFIANT
    BON ENTENDEUR

  2. QJ

    J ss malien mais c’est honte d’avoir une armée défaillance nul apres 50 annnee d souveraineté dommage dirai mm le dernier des derniers cette armee

  3. « il ne reconnait pas l’autorité…., y compris nous qui avons posé l’acte et qui l’avons choisi à ce poste »: cette phrase resume a elle seule la raison pour laquelle je dit que cHEICK MODIBO DIARRA MERITE CE QUI LUI EST ARRIVE. Car comme dit les bambara, SI TU FAIS DES MORPIONS TES COMPAGNIONS, UN JOUR, ILS ECRASERONT DES POUX SUR TA TETE.
    Les poux pour CMD, c’est le savon qu’il a pris a Kati le Mardi dernier.

  4. coulibalycoulibaly

    Quand le nord sera liberer et que les nvlles elections sont organisées que deviendra t-il Sanogo et sa bande ? C’est là le vrai problème de la junte ( continuer d’exister à tout prix) qui continue d’ailleur de toucher la somme de 148 Millions par mois de la part du gouvernemnt.

  5. coulibalycoulibaly

    Il est plutot le gardien de ses 148 Millions mensuels que le gouvernement s’est obligé à lui remetre avec sa bande d’excités de Kati.

  6. sambpu

    « …l’instauration d’un système démocratique véritable.. » c’est le souhait de nous tous!Seulement, ceux qui se plaingnent aujourd’hui de l’acte posé par M’Bouillé sont ceux-là mêmes qui ne font rien pour aider les acteurs de la transition à réussir leur mission de recouvrer notre intégrité territoriale et d’organiser des élections!Pire, certains deçus de ne pas être « appelés » dans les gouvernements CMD affichent clairement un rôle d’opposant comme si nous n’étions pas dans une situation d’exception!Moi je pense que si nous avons quelqu’un (même un militaire)pour « recadrer » les choses de temps en temps, ce n’est pas mal!Et Sanogo en tant que seul malien co-signataire de l’Accord Cadre est bien indiqué pour ça. :wink: :wink:

    • TAKABOYE

      AH BON SITUATION D EXCEPTION = zero RESISTANCE ?
      SI OUI ALORS GENERAL DEGAULLE MINISTRE DE PETAIN
      JEAN MOULIN A AMI DE PIERRE LAVAL.
      HEUREUSEMENT LA REPONSE EST NON NON ET NON.
      ACTION IMPLIQUE REACTION ALORS RESISTANCE LOI UNIVERSELLE.
      ELLE IRA EN S EN AMPLIFIANT
      BON ENTENDEUR

  7. blanche neige

    qu’on ne parle pas de Sanogo comme gardien de la Constitution puisqu’il l’a violée avec son putsch :evil:

    • sambpu

      Foudkg.c’est vrai Sanogo a violé la constitution avec le putsch mais il est le seul malien co-signataire de l’Accord Cadre aussi et ce n’est pas petit!Tu comprendras donc qu’à défaut de constitution, il peut être « gardien » de l’Accord Cadre dont il est co-signataire.
      :wink:

      • Bougobalini

        Tu fais vraiment rire. On dirait un masochiste (personne qui ne ressent du plaisir qu’à travers sa propre souffrance)

        On fait tout pour revenir a la constitution, mais au contraire toi tu fais tout pour rester le plus pres possible de cet accord cadre de merde.

        Quelle honte!!!

  8. BATHIO

    L’ELEPHANT ATTENDU EST VENU AVEC UN PIED CASSE

    Qui pouvait definir les contours du plein pouvoir?

    Personne evidenment. Qui avait voulus le plein pouvoir au

    PM, Kati biensur. Et pourquoi, parce que le PM est

    suppose etre de leur cote, et ils ne faisaient pas

    confiance au president interimaire. Je savais que cela

    allait cree des confusions au sommet de l’Etat un jour,

    et il nous fallait un debat de bien definir le

    plein pouvoir. Revoila maintenant Kati, qui

    viens de le definir avec une rupture douleureuse qui vas

    surement ralentir l’elan de la recuperation du nord. La

    confiance qui manquait entre le President interimaire et

    Kati vient d’etre creer, helas esperons que cela perdure.

    Ma deuxieme inquietude est une future ingerence

    annoncee par Kati dans la gestion des institutions, si

    jamais eux suspectaient que qqun ne fait pa son travail

    correctement. Oh bon Dieu, je voudrais etre tout sauf un

    ministre dans cette condition, car le juge est dans un

    camp militaire, je ne connais pas ses textes de loi et

    surtout que je sais que son verdict est crucial et

    humiliant… Tu es un suspect si jamais on arrive pas a

    comprendre: la gestion de tes finances (bien vrai

    qu’on n’a aucune notion de la finance), la

    maniere dont tu gere le budget (bien vrai qu’on

    ne sait rien du budget, tes rencontres et

    voyages (bien vrai qu’on ne connait rien de la

    diplomacie), L’equipe de ton cabinet

    (bien vrai qu’on ne connait rien de la gestion des

    ressources humains) ou si et seulement si on

    arrive vraiment pas a te comprendre (bien vrai

    qu’on ne sait pas dans quelle merde on est entrain

    d’enfonce le pays d’avantage): On envois

    seulement deux ou trois pick up chez toi et t’amener a la

    barre.

    CHERS FRERES ET SOEURS LA LIBERATION DU SUD ET DU NORD EST L’ORGANISATION TRES RAPIDEMENT DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE

  9. Kassin

    J +10

    Cela fait demain 14/12/2010, 10 jours que les armes débloquées du port de Conakry sont à la disposition de l’armée malienne dans le fief de la junte militaire à Kati.

    Depuis aucun acte militaire en faveur de la reconquête des régions nord du pays n’a été entrepris.

    Mais des actions tape à l’œil (lancement en grande pompe d’un recrutement massif de 2000 jeunes dans l’armée) et les manœuvres dilatoires de l’écartement manu militari du premier ministre CMD.

    Sinon rien!

    Les maliens ont donc, au moins, des sujets de conversation pour les 3 prochains mois (Départ précipité de CMD, nomination inattendue de Diango Cissoko, formation de son gouvernement, etc et etc.) c’est à dire tout sauf la libération du nord du pays et l’organisation des élections.

    La magie est que ça marche à tous les coups, internautes, grins, milieux politiques, professionnels et familiaux, tout le monde s’engouffre dans la brèche pour oublier l’essentiel, pourvu que Kati ne prenne jamais la direction du nord du pays.

    On va tourner en rond encore pendant 9 mois avant d’attaquer manu militari Diango Cissoko à son tour!

    Son tort?

    Il est tout simplement un peu trop clair, il ressemble donc à un rebelle Touareg, et pourquoi pas à un Shebab, ou un rebelle congolais, et Kati va se méfier de lui, Dioncounda serait d’accord et les maliens commenteront, comme d’habitude.

    Ainsi va mon pays coupé en deux et pour très longtemps.

    En attendant, Kassin compte les jours depuis la libération des armes réclamées par le Copam, Mp22 et acolytes.

    Demain 14/12/2012: J+10

    À bientôt mes amis !