Capitaine Sanogo : Le « cancer » de la crise malienne

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Un pas en avant, deux pas en arrière. C’est à ce rythme que le Mali avance, si tant est qu’il avance, vers le bout du tunnel de la crise qui l’enserre depuis  neuf mois. Depuis le coup d’Etat du 22 mars dernier, suivi de la prise du Nord par les groupes armés, le Mali est devenu un grand « foutoir » avec le Capitaine Sanogo dans le rôle de « gaffeur public N°1 ».

Contraint de remettre le pouvoir à un gouvernement civil de transition, le chef de l’ancienne junte militaire de Kati s’est soumis aux injonctions de la communauté internationale, car, de facto, fort de l’appui de l’armée, il reste seul maître de la situation chaotique dans laquelle il a plongé son pays. Retranché dans la garnison militaire de Kati d’où sont partis les auteurs du putsch contre ATT, le trublion de Bamako  ne cessera de rappeler à qui l’aurait oublié que lui seul détient la réalité du pouvoir. Des coups de gueule aux épreuves de force, des manœuvres politiques aux remises en cause des décisions de la CEDEAO, sa volonté de puissance et de nuisance n’a jamais été prise à défaut. Dernière démonstration en date de sa mainmise sur l’Etat : la démission forcée du Premier ministre Cheick Modibo Diarra. La vacance du poste de Premier ministre  n’aura duré qu’un jour à peine. La succession de CMD s’est également faite en un temps record. Est-ce à dire donc que ce coup de force du 10 décembre était planifié et que le nouveau chef du gouvernement, Diango Sissoko, avait déjà été consulté pour succéder à CMD ? En tout cas, sa désignation est intervenue si vite que tout porte à croire que la démission de CMD a été planifiée de longue date. En tout cas, rien ne laisse penser à un accident spontané et imprévu qui prend tout le monde au dépourvu. Il reste à savoir si oui ou non Dioncounda Traoré était au courant de ce qui se tramait au camp de Kati. Tout comme tous les autres Maliens, il a peut-être aussi été mis devant le fait accompli et même contraint par le Capitaine Sanogo et ses hommes de marcher suivant un scénario militaire déjà tracé, s’il ne veut pas subir le même sort que le démissionnaire. A côté de toutes ces supputations et interrogations auxquelles il est difficile d’apporter des réponses claires en vue de lever les zones d’ombre, il y a au moins la certitude que CMD a été contraint à la démission. En obligeant ce dernier à rendre le tablier manu militari, les ex-putschistes réaffirment ainsi leur mainmise sur le processus de sortie de crise au Mali. Leur mise à l’écart officielle des affaires politiques cache ainsi mal un contrôle permanent exercé sur les institutions de la République. Cette énième immixtion des hommes en treillis dans la gestion politique du pays  est une preuve de plus que le bouillant Capitaine et ses éléments qui lui sont restés fidèles n’entendent recevoir ou exécuter d’ordre de qui que ce soit. Une insubordination illégale qui traduit leur manque de confiance envers les civils, surtout les politiques. Du reste, ils ont  reproché à l’ex-Premier ministre de faire passer ses ambitions politiques avant les intérêts de son peuple au point d’être inconstant dans ses décisions. Une accusation pas totalement erronée quand on se rappelle l’entêtement de CMD à se maintenir dans la sphère de décision du processus de transition. Cheick Modibo Diarra entendait également défier la mesure de la CEDEAO qui demandait aux responsables de la transition de ne pas prétendre à un poste électif dans le cadre de la sortie de crise. « L’armée a pris ses responsabilités parce qu’il y avait un blocage institutionnel au sommet de l’Etat… Nous avons compris que le Premier ministre n’avait pas la volonté de faire face à la situation »,  explique le  chef de l’ex-junte militaire de Kati.

 De qui se moque-t-on à travers un tel prétexte ?

Certes, CMD n’est pas trop à plaindre de ce qui lui arrive. Ses multiples pieds de nez au Président Dioncounda Traoré, ses initiatives à la limite de la fanfaronnade et sa propension à jouer en solo avaient fini par lui mettre à dos de tout soutien, interne comme externe. Mais la véritable cause du «blocage institutionnel au sommet de l’Etat», c’est bien l’impénitent parrain de Kati, déterminé à pourrir la vie nationale pour en être l’ultime recours. Et tout ce qui peut concourir au retour de l’ex-putschiste au Palais de Koulouba est bon à prendre, quel que soit le prix à payer par le pays, particulièrement par les populations du Nord qui voient ainsi les perspectives d’une salvatrice intervention militaire s’éloigner comme une ligne d’horizon. Il faut le dire (comme dirait l’autre) : il y a un problème Sanogo, et la solution passe donc sur Sanogo et non par Sanogo dont l’obstination et l’âpreté au pouvoir sont sans égales. Mais on sait comment ont fini tous eux qui tiennent mordicus à s’accrocher au pouvoir contre vents et marées.  Le cas du Guinéen Daddis Camara est évocateur. Jusqu’à quand laissera-t-on le Capitaine Sanogo enrayer les efforts de sortie de crise du Mali ? Peut-être que la résolution de la crise malienne passera par une transition conduite par les militaires maliens eux-mêmes ? Au regard du sur-place que font les civils, parfois gênés dans leurs démarches par la « Grande muette », pourquoi ne pas mettre le Capitaine Sanogo face à ses responsabilités en lui confiant les rênes de la transition malienne ? On fera alors l’économie du cafouillage entre Président, chef de gouvernement et armée qui sape les efforts consentis et hypothèque la reconquête du Nord-Mali. Par la même occasion, on verra ce que vaut réellement le tombeur d’ATT qui, par ses agissements, a toujours prouvé qu’il ne voit les dirigeants politiques que comme des « civils incapables ». Au lieu de passer le temps à miser sur des personnalités contestées dès le départ ou démises par la suite, on éviterait le perpétuel recommencement en confiant les commandes de la transition aux contestataires qui détiennent d’ailleurs le pouvoir réel à Bamako. Alors, ils n’auront plus à s’opposer à personne, sinon à eux-mêmes.

Jean Pierre James

 

 

SOURCE:  du   15 déc 2012.    

25 Réactions à Capitaine Sanogo : Le « cancer » de la crise malienne

  1. Griff

    le pb c’est que la médiocrité aest constant dans tte les sphère de la société. Tous responsables

  2. fakolyhakika1

     » Les armes furent, de tous temps, les instruments de la barbarie. Elles ont assuré contre l’esprit le triomphe de la matière, et de la plus pesante. Constamment la raison en fut opprimée, le jugement bafoué, le talent meurtri. Point d’erreurs qu’elles n’aient défendues, point d’ignorants qui n’y recourussent, point de brutes qui ne les aient brandies. »

    Général Charles de Gaulle.

  3. amara koko

    que vous voulez ou pas sanogo va terminer sa mission( l’ange gardien de la transition)inça_allah. le cancer du mali c’est bien les politiquars qui jusqu’a present ils n’arrivent pas préparer leur Armés pour liberer le pays.

  4. Gouss

    Tôt ou tard l’histoire va rattrapé ces imbéciles de Kati, l’un des gardes du corps qui a accompagné CMD, a avoué que CMD pleurait en larmes devant cet imbéciles de sanogo, les petits soldats ratés de sanogo demandant à ce qu’on les donne cmd pourq’il lui coupe la tete, imagine un petit comme sanogo dont cmd peut avoir comme fils, prend un chef de famille et l’humillie devant des petits soldats et sa famille, tot ou tard la vérité éclatera. J’aime pas CMD, mais vue son âge, et sa place, il devait pas etre humilié ainsi. Et si je vois ce imbécile de sanogo dire que cmd descendait dans les hotels de luxe, avant d’être PM, CMD n’a pas descendu dans quel grand hotel du monde?Mais tant qu’on se lève pas pour faire un soulèvement nationale, et forcer ces ratés à descendre de leur foutue trou de rats de kati, le nord va resté même en 2014 sous la domination de ces islamistes,que dieu nous en préserve.

  5. Kassin

    C’est événements se déroulent réellement entre 22 heures et 23 heures le samedi 15/12/2012 quelque part dans la banlieue bamakoise.

    -Officiers, Eh officiers venez voir!
    Venez vite!

    Eh Seyba, apporte moi la liste, vite!
    Allons dans la cour, allons, il fait plus frai la bas avec ce vent doux.

    -Garde à vous mon Capi, voilà la liste des ministres reconduits, tous nos ministres sont sur place et peau grattée à fait un bon boulot!

    -Bien Seyba, il me semble qu’il est plus intelligent que Big Man Zero, il va nous aider faire oublier le nord par les maliens pour un bon moment!
    Eh Seyba, appelle le Colonel-caporal!

    -Oui mon Capi, Ah là t’es devenu le meilleur chasseur du Mandé « Karamogo i dan sago »
    « Karamogo i dan i dan i ni ko »
    Même RFI et AFP, tout le monde parle de ce faux problème de nouveau gouvernement qu’on a créer.

    Personne ne parle plus du nord, à part une émission de TV5 , mais c’est loin d’être le succès.
    Les internautes maliens ne jurent que par Diango Cissoko et son gouvernement Cheick Modibo Diarra mais sans Cheick Modibo Diarra.

    T’es génial mon capitaine!

    -Avec quelques nouveaux quand même hein, Manga Dembelé, un nouvel arabe un certain Ould…
    Kiakiakiakiakia, je fais comme Tamacheq voleur, ce quand même marrant qu’on a pu détourner les maliens de tous leurs objectifs et tout le monde a oublié qu’on a reçu des armes débloquées de Conakry.
    Ah vraiment on est tranquille maintenant, même Kidal Info s’engouffre dans la dans tête baissée.

    -La magie est que ça marche à tous les coup et tout le monde croit que Diango va faire des miracles.

    -Miracles ou pas mon colonel-caporal, il faut qu’il nous donne plus de pignons que Big Man Zero sinon lui on lui fera trainer sur le goudron avant qu’il signe sa démission.

    Avertit le Lieutenant-capitaine Konaré pour qu’il suit de près!

    -Non Capi, on ne fait pas ça avant 8 mois, comme cela on gagnera autant de temps avant que quelqu’un vient nous déranger avec cette affaire du nord.

    -Eh Seyba, que disent les américains?

    -Ils ne veulent pas d’actions militaires au nord à cause de nous et de tous ce qu’on fait sur le pouvoir transitoire au Mali, et ils veulent un président élu carrément, ce que les maliens ne veulent pas.
    Tout le monde est d’accord avec nos bêtises.

    -Très bien Seyba, comme cela on dors tranquille à Kati ici pendant longtemps avec femmes et alcool.

    Elle n’est pas belle la vie?

    J+12

  6. kodda

    yoo ALLA yaltin leydi MALI.. e CADEELE woni dee… kono yoo BAJJO.. GNAAW hakkunde MALINAABE.. SANONGO… yoo ALA.. leebtumo .. sanjamo.. halkamo.. HOYNAMO.. kanko e kala mo*o won-di…. haa leydi men MALI… arta e deeyel mum. AAMIIN

  7. GNI

    :evil: LE REMEDE CONTRE CE CANCER NOMME SANOGO EST LA FORCE CEDEAO..D’ABORD ILS VONT LE RAPPROCHER, COLLABORRER AVEC LUI ET POUR ENSUITE L’ATTIRER.. A LA FIN ILS VONT LE BUTER COMME UN AGOUTI..
    SANOGO DOIT SAVOIR QU’IL N’Y A PAS DE CHANCE A LE LAISSER VIVANT APRES LA RECONQUETE DU NORD ET L’ELECTION D’UN NOUVEAU PRESIDENT..LA COMMUNAUTE INERNATIONALE NE PEUT PAS PRENDRE LE RISQUE DE LAISSER UN MONGOLE DE CETTE RACE AU MALI.
    SANOGO FAIT PARTIE DES GENS QUI PEUVENT PREDIRE LEUR FIN TRAGIQUE..IL SAIT QU’A LA FIN LES GENS SE SOUVIENDRONT DE LUI COMME UN PYGMEE QUI S’EST LANCE DANS LE GOUFFRE..
    SANOGO EST DANS L’ARMÉE, CE QUE MODIBO DIARRA ÉTAIT EN POLITIQUE. MODIBO A COMPRIS FINALEMENT QU’IL N’EST PAS UN BON POLITICIEN, PARCE QU’IL A AFFRONTE LES VRAI POLITICIENS..IL EN SERA DE MEME POUR SANOGO QUAND IL VA FAIRE FACE A DES VRAIS MILITAIRES DES FORCES INTERNATIONALES, QUI NE SONT PAS DES DESERTEURS..IL NE FAIT QUE FAAIRE DURER LE SUSPENS… :twisted: :twisted: