Cour d’assises : Premier procès de la bande à Sanogo

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 Cour d’assises : Premier procès de la bande à Sanogo
SiméonKeita

La junte de Kati n’était pas constituée que de soldats de cette ville garnison. Après le coup d’Etat, une partie de la police, notamment la section syndicale de cette institution s’est mise au service des putschistes. Localisation des domiciles de responsables politiques et administratifs, enlèvements, arrestations arbitraires, séquestrations, rackets, brutalités… Ce sont là autant d’actes commandités  par la junte, mais exécutés par des policiers (dotés d’armes de guerre) appartenant à ce syndicat qui s’était mis au service de Amadou Haya Sanogo. Il a fallu une décision salutaire des autorités de la transition pour arrêter cette machine infernale (syndicat de la police) dirigée par Siméon Keïta. Demain vendredi, lui et certains de ses compagnons, qui ont tous appartenu à la bande à Sanogo, seront devant la Cour d’assises. Pourquoi ?

Après le putsch du 22 mars 2012, Siméon Kéita et certains de ses compagnons vont multiplier les actes de violence au sein de la police nationale. Ayant soutenu pendant les premières heures les putschistes (Sanogo et consorts), l’ancien syndicaliste voudrait à tout prix faire payer ses adversaires. Siméon Keïta et autres s’adonnent à des « exactions » à travers Bamako: patrouilles clandestines, interpellations sommaires, enlèvements,  séquestrations, extorsions de biens publics et privés. Malgré les instructions des autorités légitimes, Siméon et autres refusent de rendre leurs armes.

Pour mettre fin à ces agissements, la hiérarchie militaire ordonne une mission de désarmement. Une force mixte conduite par le chef du bataillon Sékou Sylla, de l’armée de terre, prend d’assaut, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 Avril 2013, le GMS. Malgré les sommations, des membres du groupe de Siméon font de la résistance. L’un d’eux, l’élève-commissaire Mahamadou Youba Diarra, faisant usage de son arme, tue le soldat de 2ème classe Daouda Adiawiakoye de la 312ème RIM de Kati et blesse Baba Ousmane Traoré de la Compagnie de Circulation Routière (CCR). La force d’intervention mixte arrive tout de même à maîtriser le SPN et ses leaders. A la suite de l’enquête, certains sont relâchés et d’autres poursuivis en justice. Ainsi, Mahamadou  Youba Diarra sera inculpé du meurtre du soldat Daouda Adiawiakoye et des blessures par balles sur Baba Ousmane Traoré de la CCR.

Quant à Siméon Kéita  et Sirima Fané, leaders du SPN, ils sont inculpés de forfaiture, d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, de troubles graves à l’ordre public, de détention illégale d’armes de guerre, d’association de malfaiteurs, de violences et voies de fait, de vols qualifiés et de complicité de meurtre. Sékou Maïga, Drissa Samaké dit Roger, Fodé Samba Diallo dit JET LEE,  Yaya Niambélé, Souleymane Cheick Fissourou Hamidou Togola sont inculpés de coups et blessures volontaires, de troubles graves à l’ordre public, de détention illégale d’armes de guerre, d’association de malfaiteurs, de violences et de voies de fait.

Les accusés répondront, demain, des faits qui leur sont reprochés. Parmi eux, un sera jugé à titre posthume. Il s’agit de Sirima Fané, qui a rendu l’âme au cours de sa détention.

La Rédaction

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