Dans l’Adras des Ifoghas, la lente progression des soldats français et tchadiens

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Selon l'état-major français, l'adversaire «défend fermement les positions sur lesquelles nous sommes obligés, successivement, de donner l’assaut, fouiller et réduire ces positions.» REUTERS
Selon l’Ă©tat-major français, l’adversaire «dĂ©fend fermement les positions sur lesquelles nous sommes obligĂ©s, successivement, de donner l’assaut, fouiller et rĂ©duire ces positions.»
REUTERS

Samedi 2 mars, deux soldats, un Français et un Tchadien, ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans le nord du Mali lors d’affrontements avec les jihadistes dans l’Adrar des Ifoghas, et plus prĂ©cisĂ©ment dans la vallĂ©e d’Ametetai. Selon l’Ă©tat-major français, au moins « une quinzaine de terroristes » ont Ă©tĂ© tuĂ©s le mĂŞme jour dans l’Adrar des Ifoghas. La zone d’Ametetai est reculĂ©e, isolĂ©e et très difficile d’accès. Les avancĂ©es se font donc tout doucement.

Base bien connue des Ă©lĂ©ments d’al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi), qui y ont hivernĂ© Ă  plusieurs reprises, la vallĂ©e d’Ametetai, au sud de Tessalit, est une zone propice pour se cacher et tendre des embuscades. Depuis vendredi, soldats tchadiens et français y progressent pas Ă  pas.

Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’Ă©tat-major français, donne quelques dĂ©tails sur la teneur des affrontements : « La plupart des combats s’effectuent Ă  très, très courte distance, relate-t-il. On peut quelquefois ouvrir le feu sur un ennemi ou un ennemi nous ouvre le feu, Ă  des distances quelquefois infĂ©rieures Ă  50 mètres, voire moins. »

« On a face à nous un adversaire qui est fanatisé, et donc il défend fermement les positions sur lesquelles nous sommes obligés, successivement, de donner l’assaut, fouiller et réduire ces positions », explique le colonel français.

Jihadistes en terrain connu

D’importantes caches d’armes ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes, ainsi que du matĂ©riel de radio-transmission et des ordinateurs. C’est par ailleurs dans cette vallĂ©e d’Ametetai que le Tchad affirme avoir tuĂ© Mokhtar Belmokhtar. Mais un officier tchadien contactĂ© sur le terrain explique Ă  RFI ne pas avoir vu la dĂ©pouille du chef jihadiste.

« Ce sont sept prisonniers qui nous ont dit que nous avons détruit leur base et que leur chef fait partie des victimes », explique cette source. Dimanche 3 mars, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué ne pas être en mesure de confirmer la mort de Mokhtar Belmokhtar.

Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’un gĂ©nĂ©ral et trois autres militaires de l’armĂ©e tchadienne, tous blessĂ©s au combat dans le nord-est du Mali, ont Ă©tĂ© admis dans un hĂ´pital de Bamako. Leur vie ne serait plus en danger, mais certains d’entre eux reconnaissent que sur le terrain, lĂ -bas dans le massif de l’Adrar des Ifoghas, la situation est parfois très difficile. Clairement, les jihadistes sont en terrain connu et sont prĂ©parĂ©s Ă  se battre.

Prisonniers de guerre

Certes, le concours de l’aviation française est précieux, mais les combats rapprochés, les « corps à corps », sont souvent inévitables. Les soldats tchadiens, par exemple, n’hésitent pas à parcourir plusieurs kilomètres à pied, à l’intérieur des ceintures de montagnes. L’objectif est de provoquer l’ennemi, de l’attaquer dans ses bases plutôt difficiles d’accès.

Les hommes du prĂ©sident Idriss DĂ©by, appuyĂ©s par les Français, affirment avoir le courage et la dĂ©termination. Ils auraient fait des prisonniers, mais l’ennemi est loin de s’avouer vaincu. Certains combattants jihadistes sont tout aussi dĂ©terminĂ©s que les Tchadiens. Ils sont persuadĂ©s qu’ils bĂ©nĂ©ficient d’une protection divine.

Décryptage de la stratégie de discrétion française concernant le Mali

Anne Giudicelli, fondatrice de la société Terrorisc, spécialisée dans les risques politico-sécuritaires

On peut comprendre cette stratĂ©gie française avec, derrière, la volontĂ© de mettre en avant, toujours, les alliĂ©s africains depuis le dĂ©but de la crise. Il y a plusieurs autres explications: il est possible que des doutes persistent et que la France, ne souhaitant pas se voir accusĂ©e d’utiliser un mensonge, prĂ©fère se dĂ©fausser sur l’alliĂ© tchadien. Il y a encore une autre analyse, qui serait que tant que les otages ne seront pas retrouvĂ©s, la France veut continuer son action, ne pas ĂŞtre parasitĂ©e par une annonce qui risquerait de gĂ©nĂ©rer des vellĂ©itĂ©s de reprĂ©sailles des Ă©lĂ©ments liĂ©s Ă  Aqmi. (… Encore une autre explication, qui relèverait de la guerre psychologique, Ă  savoir faire croire que ces leaders d’Aqmi sont tuĂ©s pour crĂ©er une rĂ©action au sein des rĂ©seaux, qui permettrait de pouvoir mieux repĂ©rer le reste des Ă©lĂ©ments d’Aqmi, qui pourraient conduire Ă  une libĂ©ration d’otages.

Par RFI

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11 COMMENTAIRES

  1. MERCI DEBY, que tes dignes fils dorment en paix, pendant qu’Ă  Bamako les gens continue Ă  fĂŞter. On ne peut pas dĂ©clarer un Ă©tat d’urgence et ne pas mettre les moyens de surveillance. Quelle honte!!!

  2. un mebre d’AQMI a confirmĂ© aujourd’hui qu’Abou Zeid a bien Ă©tĂ© tuĂ© lors d’un bombardement aĂ©rien français âť— âť—

    • Après le bombardement français, il gigotait et blatĂ©rait: la mitraille avait ciblĂ© ses entre-jambes, y avaient bousillĂ© les petites boules sensibles. C’est alors qu’un tchadien, se prĂ©cipitant, bâillonnette au poing, le plaqua au sol, farfouilla dans son pantalon bouffant et sectionna sec son “bakari” dĂ©sarticulĂ©.Alors, le djihadiste de malheur enfourcha un Ă©talon blanc pour le lieu oĂą languissent des milliers de vierges attendant qu’on les chevauche ardemment et sans pitiĂ©!!

      Militaires français et tchadiens ont joué en harmonie.

  3. Je profite aussi pour remercier vivement le prĂ©sident BEBI. VoilĂ  après KADHAFI un autre digne fils de l’Afrique qui oeuvre non pas avec de l’argent mais avec son charisme et son pragmatisme. Saluons l’oeuvre de cet homme qui, de toute Ă©vidence est devenu un icone pour toute la jeunesse Africaine.

    • Saluez simplement son action en faveur de l’autonomie du Mali. Sur le plan de la dĂ©mocratie et des droits de l’Homme, il a Ă  rendre compte Ă  son peuple. Trop de louanges assombrissent et font douter des intentions vĂ©ritables du louangeur.

  4. Bravo Ă  l’armĂ©e Tchiadienne. Le peuple malien n’oubliera jamais votre acte. Je demande vraiment au gouvernement de soutenir les familles de ces braves soldats tombĂ©s sur le champs de l’honneur et de la libertĂ©. Pour ce qui concerne SANOGO et ses clics, que la communautĂ© nationale et internationale les rĂ©serve ce qu’ils mĂ©ritent.

  5. Moi mĂŞme si on me demandait de prendre une deuxième nationalitĂ© en Afrique je serai Tchadien Ă  travers leur courage, je remercie tout le peuple Tchadien, je dis Ă  Sanogo et ses hommes qu’au lieu de passer tous les soirs Ă  la tĂ©lĂ© leurs places se trouvent pas Ă  cĂ´tĂ© mais devant l’armĂ©e Tchadienne et Française

  6. Je suis fiere et je le dis a qui veut l’entendre que le tchad a fait son devoir d’africain.

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