Des experts militaires et diplomates au chevet du Mali : Le diagnostic de l’armĂ©e nationale d’ici la fin de la semaine

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Une dizaine d’experts militaires europĂ©ens sont Ă  Bamako depuis le lundi 22 octobre 2012 et pour une semaine. Ces spĂ©cialistes des questions de dĂ©fense doivent recenser les besoins de l’armĂ©e malienne, afin de l’aider Ă  ĂȘtre prĂȘte pour les Ă©chĂ©ances dĂ©cisives qui l’attendent dans le septentrion. La grande muette du Mali va devoir rompre son silence, recevoir les appuis en matĂ©riels et en formation afin de se remettre d’aplomb dans une opĂ©ration oĂč elle aura besoin non seulement d’appuis extĂ©rieurs mais aussi intĂ©rieurs. Quid du corps des bĂ©rets rouges dĂ©moralisĂ©?

Col-Major Yamoussa Camara, ministre de la défense

Au moment oĂč, Ă  Paris, une rencontre  se penche sur la crise sĂ©curitaire dans la zone sahĂ©lienne et particuliĂšrement au Mali, une dizaine d’experts europĂ©ens en science militaire sont Ă  Bamako. La rĂ©union de Paris a rassemblĂ© lundi et mardi des cadres de l’armĂ©e amĂ©ricaine, des diplomates du dĂ©partement d’Etat amĂ©ricain, et de nombreux reprĂ©sentants de la zone sahĂ©lo-saharienne.

A Bamako, la mission europĂ©enne va voir quels sont les points faibles de l’armĂ©e malienne et comment la remettre Ă  niveau. Ces experts militaires et civils vont Ă©troitement  travailler avec un comitĂ© technique mis en place par le ministĂšre de la DĂ©fense et l’Ă©tat-major.  MĂȘme si le ministre Colonel-major Yamoussa Camara est actuellement dans la dĂ©lĂ©gation prĂ©sidentielle Ă  Doha au Qatar, le chef de l’ex-junte devrait prĂȘter une oreille attentive Ă  ces experts. Ceux-ci ne feront pas l’Ă©conomie d’une visite dans la garnison de Kati, pour Ă©changer avec le capitaine Sanogo, le dĂ©sormais prĂ©sident du comitĂ© de suivi des rĂ©formes de l’armĂ©e. L’occasion est bonne pour l’ex-putschiste de prendre une part active dans la gestion militaire du dossier de la reconquĂȘte des 2/3 du territoire malien, occupĂ©s par des terroristes et des djihadistes de tout acabit.

Ibrahima DembĂ©lĂ©, Chef d’Etat major des armĂ©es

De sources crĂ©dibles, les membres de la dĂ©lĂ©gation europĂ©enne devraient ĂȘtre en mesure, d’ici la fin de la semaine, d’effectuer un diagnostic mĂ©ticuleux de l’armĂ©e. Ceci se traduira ensuite par des propositions prĂ©cises, telles que par exemple la formation de tel ou tel bataillon, ou le travail sur la chaĂźne de commandement. Car de l’avis des militaires, et notamment du colonel El Hadj Gamou, fer de lance de la lutte au nord du pays au dĂ©but de l’annĂ©e, l’encadrement des troupes est aujourd’hui Ă  revoir Ă  tous les niveaux.

Il faut rappeler que lors d’une rĂ©cente visite de la Commission de dĂ©fense de l’AssemblĂ©e nationale Ă  Kati, avec Ă  sa tĂȘte le prĂ©sident de l’institution, l’honorable Younoussi TourĂ©, les parlementaires ont notĂ© l’Ă©tat de dĂ©labrement avancĂ© dans lequel se trouvent et le matĂ©riel et les hommes.

Rappelons que dans les prochaines semaines, un autre travail conjoint devrait dĂ©marrer cette fois-ci avec l’Union africaine, la CĂ©dĂ©ao et l’ONU pour aider les autoritĂ©s maliennes Ă  Ă©crire dans le dĂ©tail le concept d’opĂ©ration militaire qui doit ĂȘtre soumis ensuite au Conseil de sĂ©curitĂ©.

Par ailleurs, le lundi 22 octobre, a dĂ©butĂ© discrĂštement, au Cercle national des armĂ©es, Ă  Paris, autour des reprĂ©sentants de l’Union africaine, de la CĂ©dĂ©ao, de l’Union europĂ©enne et des Nations unies un huis clos au chevet du Sahel et du Mali. Johnnie Carson, le haut responsable pour l’Afrique aux Affaires Ă©trangĂšres Ă  Washington, le gĂ©nĂ©ral Charles Hooper, le responsable de la planification stratĂ©gique au sein du commandement du Pentagone pour l’Afrique, participent Ă  ce conclave.

Les discussions restreintes et confidentielles” de cette rĂ©union de haut niveau se sont dĂ©roulĂ©es hier mardi et devraient permettre de peaufiner les stratĂ©gies pour venir Ă  bout des terroristes qui sĂšment la dĂ©solation dans le Sahel et particuliĂšrement au Nord du Mali. Une dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine doit se rendre au Centre de planification et de conduite des opĂ©rations (CPCO), le centre nerveux de l’Ă©tat-major des armĂ©es Ă  Paris. D’autres militaires amĂ©ricains vont faire le voyage en France afin de travailler Ă  la coordination des opĂ©rations dans le Sahel.  Une mission d’Ă©valuation française doit par ailleurs rejoindre trĂšs prochainement les experts militaires de l’Union europĂ©enne dĂ©jĂ  Ă  pied d’Ɠuvre Ă  Bamako.

La question se pose de savoir si l’armĂ©e nationale doit se remobiliser pour aller au Nord sans que le problĂšme des bĂ©rets rouges ne soit rĂ©glĂ©. Ce corps d’élite n’a-t-il pas toute sa partition Ă  jouer dans la reconquĂȘte des rĂ©gions occupĂ©es? L’amour de la patrie devrait amener les uns et les autres Ă  agir dans ce sens.

                         Bruno D SEGBEDJI

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13 COMMENTAIRES

  1. Le Mali, nouvelle victime dĂ©signĂ©e d’actives ingĂ©rences nĂ©ocoloniales françaises.

    François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67Ăšme session annuelle de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire Ă©trangĂšre au Mali, dont le nord du pays est occupĂ© par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

    Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratĂ©s, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubĂ© par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissĂ© au pouvoir en CĂŽte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette pĂ©riode dans une union sacrĂ©e assurant cette collusion oĂč J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, lĂ -bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en CĂŽte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, Ă  un moment donnĂ© et contre l’ennemi dĂ©signĂ© des intĂ©rĂȘts occidentaux (rĂ©el ou supposĂ©). La gĂ©omĂ©trie variable est bien visible. La ficelle est grossiĂšre.

    La France s’immisce Ă  prĂ©sent de façon aiguĂ« et accĂ©lĂ©rĂ©e au Mali. Le nĂ©ocolonialisme dĂ©complexĂ© se manifeste une fois de plus. L’ingĂ©rence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut ĂȘtre rĂ©solue militairement par la seule France et ses alliĂ©s africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un Ă©lan dĂ©sintĂ©ressĂ© ?

    Les origines d’une crise sans prĂ©cĂ©dents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

    Cette crise au Mali est due aux rĂ©bellions, (2) sĂ©cessionnistes et/ou fondamentalistes, touarĂšgues ou islamistes, qui rĂ©ussirent Ă  attaquer, occuper et contrĂŽler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la lĂ©gendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour dĂ©poser du pouvoir le gĂ©nĂ©ral Amadou Toumani TourĂ©, dit « ATT », impuissant et visiblement incompĂ©tent, prĂ©sident Ă©lu, lors de son Ă©lection contestĂ©e fin avril 2007 (comme lors de sa premiĂšre Ă©lection, en mai 2002), et en fin de mandat car une Ă©lection prĂ©sidentielle Ă©tait prĂ©vue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimĂ© publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultĂ©rieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et rĂ©actions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautĂ©s, musulmans non-intĂ©gristes, soutiens et opposants des jeunes officiers rĂ©voltĂ©s, et des consensus et clivages.

    Faut rappeler que la dĂ©stabilisation du Sahel, de toute la bande sahĂ©lo saharienne, donc du nord du Mali Ă  prĂ©sent occupĂ© par des rebelles, est l’une des consĂ©quences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifĂ©ration et le renforcement de bandes armĂ©es djihadistes et, Ă  la chute du rĂ©gime libyen et aprĂšs l’exĂ©cution de Mouammar Kadhafi, la dĂ©bandade de l’armĂ©e libyenne et la dissĂ©mination accĂ©lĂ©rĂ©e d’armes de tout genre et d’hommes armĂ©s dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vĂ©tĂ©rans de la guerre en Libye de 2011.

    AprĂšs les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armĂ©e malienne au mois d’avril dernier, Ă  prĂ©sent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussĂ© vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la rĂ©gion. Le MLNA touareg ayant Ă©tĂ© Ă  l’heure actuelle largement submergĂ© par les groupes islamistes. L’arroseur arrosĂ© ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait Ă  ses parrains un scĂ©nario d’eaux troubles oĂč l’ingĂ©rence politique et militaire Ă©trangĂšre Ă©tait autant cause que consĂ©quence. Certains avancent les thĂšses bien plausibles, et dĂ©montrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabĂ©s (Blaise ComparĂ© ayant facilitĂ© son pays comme base arriĂšre) avec le MNLA, qui a pignon sur rue Ă  Paris avec un siĂšge qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spĂ©culent sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algĂ©riens- avec des islamistes. Le « mĂ©diateur » CompaorĂ© veut inclure le Qatar dans la table des nĂ©gociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent ĂȘtre partout. Et l’intoxication, la dĂ©sinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

    Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 Ă  Bamako. Des jeunes militaires ayant formĂ© un « ComitĂ© national pour le redressement de la dĂ©mocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formĂ© aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) Ă  sa tĂȘte. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (CommunautĂ© Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) reprĂ©sentĂ©e par le burkinabĂ© Blaise CompaorĂ©, le CNRDRE cĂ©da le pouvoir le 12 avril 2012 Ă  Dioncounda TraorĂ©, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intĂ©rimaire. Tout cela eut lieu aprĂšs que l’Etat malien soit frappĂ© d’un embargo total et que des sanctions politiques et Ă©conomiques lourdes soient dĂ©cidĂ©es par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine et l’Union EuropĂ©enne. Des Ă©lections prĂ©sidentielles auraient dĂ» avoir lieu pour que M. TraorĂ©, prĂ©sident intĂ©rimaire, transfĂšre le pouvoir Ă  un prĂ©sident Ă©lu lors d’un scrutin rĂ©gulier aprĂšs la pĂ©riode de transition allant de trois semaines Ă  quarante jours tel que le prĂ©voyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intĂ©rimaire de quarante jours de D. TraorĂ© fut prolongĂ© pour une pĂ©riode d’un an de plus par. Ouagadougou et entĂ©rinĂ© par la CEDEAO.

    Rappelons qu’« ATT » fut dĂ©posĂ© par les jeunes officiers d’une armĂ©e malienne qui lui reprochait son incompĂ©tence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisĂ© par le couple France-CEDEAO empĂȘcha l’armĂ©e malienne d’avoir des nouvelles armes, matĂ©riel militaire et munitions importĂ©es, pour lutter contre les rebelles sĂ©cessionnistes. Et la conquĂȘte rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte cĂ©da le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont dĂ©jĂ  vivement manifestĂ© leur mĂ©contentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestĂšrent contre Dioncounda TraorĂ©. Ce dernier fut alors blessĂ©. (6)

    Le rÎle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

    La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armĂ©e malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expĂ©ditionnaire formĂ© surtout d’un noyau ivoiro-burkinabĂ©. Dans le port de Conakry, en GuinĂ©e, le matĂ©riel militaire destinĂ© Ă  l’armĂ©e malienne reste bloquĂ© encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

    L’ingĂ©rence française dans le conflit interne malien se concrĂ©tise avec le « consentement » de la victime, Ă  savoir le propre Mali, car le prĂ©sident intĂ©rimaire malien a demandĂ© le lundi 24 septembre au secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU une intervention militaire Ă©trangĂšre. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela Ă  New York, Ă  savoir que M. TraorĂ© a demandĂ© Ă  Ban Ki-moon, une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armĂ©e malienne Ă  reconquĂ©rir les rĂ©gions du Nord occupĂ©es”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la prĂ©sence immĂ©diate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-ĂȘtre pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement » est totalement libre et complĂštement Ă©clairĂ©. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet datĂ© du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cĂ©dĂ© Ă  la pression de la CĂ©dĂ©ao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

    Faut se demander aussi si ceux qui ont demandĂ© cette intervention sont lĂ©gitimes et mandatĂ©s pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalitĂ©, malienne et Ă©tats-unienne) est le premier ministre d’un rĂ©gime non issu des urnes. Et Dioncounda TraorĂ© est un prĂ©sident intĂ©rimaire imposĂ© aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposĂ© par une France interventionniste ayant mandatĂ© pour cela le peu dĂ©mocrate militaire burkinabĂ© Blaise CompaorĂ©, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

    Dans le meilleur des cas D. TraorĂ© et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcĂ©s, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naĂŻvetĂ© sidĂ©rante. Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souverainetĂ© malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi Ă  leur devoir de dĂ©fense de la souverainetĂ© de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, Ă  retardement, opĂ©rĂ©, gagnĂ© pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

    Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le prĂ©sident F. Hollande et le ministre des affaires Ă©trangĂšres L. Fabius- a pressĂ© Bamako -Dioncounda TraorĂ© et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire Ă©trangĂšre sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armĂ©e française qu’y interviendra mais un corps expĂ©ditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sĂ»r les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

    Comme l’OEA -Organisation des Etats AmĂ©ricains- qui fut des dĂ©cennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en AmĂ©rique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de lĂ©gitimation, des dĂ©cisions politiques, Ă©conomiques et militaires françaises destinĂ©es Ă  l’ensemble de la rĂ©gion, de l’Afrique de l’Ouest, et Ă  l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphĂšre anglophone oĂč les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impĂ©ratifs de la mĂ©tropole nĂ©ocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monĂ©taire de la CEDEAO, l’UEMOA, Ă  savoir la BCEAO, est contrĂŽlĂ©e par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « CommunautĂ© financiĂšre africaine », plus politiquement correct.

    Le cas « Ă©difiant » de la CĂŽte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy rĂ©inventent « la coloniale »

    Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- dĂ©clarĂ©e contre la CĂŽte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratĂ©e de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyĂ©s et sanctuarisĂ©s par l’armĂ©e française, la CEDEAO joua dĂšs le dĂ©but le rĂŽle de relais de la France pour tenter de mettre Ă  bas le prĂ©sident Ă©lu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil prĂ©sidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils rĂ©ussirent cela seulement neuf longues annĂ©es aprĂšs, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite Ă  quatre mois et demi de guerre intense, dĂ©cembre 2010-avril 2011, avec Ă  la fin de cette pĂ©riode encore plus des souffrances, massacres gĂ©nĂ©ralisĂ©s, crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© commis par les forces rebelles dĂ©ferlant vers le sud du pays qui Ă©tait restĂ© sous contrĂŽle de l’Etat ivoirien. Le prĂ©sident Gbagbo se faisant arrĂȘter par des soldats français dans la rĂ©sidence prĂ©sidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. SĂ©questrĂ© puis emprisonnĂ© illĂ©galement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consignĂ©, en prison, Ă  la Cour PĂ©nale Internationale Ă  La Haye oĂč son statut de prisonnier politique devrait lui ĂȘtre reconnu un jour.

    Pour couvrir ses agissements contre la CĂŽte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union EuropĂ©enne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien Ă  Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / KlĂ©ber) oĂč la rĂ©bellion pro Ouattara pas seulement Ă©tait blanchie mais mĂȘme rĂ©compensĂ©e. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens Ă  l’ElysĂ©e et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sĂ©curitĂ© pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expĂ©ditionnaire, l’opĂ©ration « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », Ă©largissant amplement sa prĂ©sence militaire sur le sol ivoirien au-delĂ  de sa base militaire d’Abidjan./Port-BouĂ«t, le 43Ăšme BIMA. Elle fit aussi crĂ©er une mission militaire onusienne spĂ©ciale, l’ONUCI, dĂ©ployĂ©e en avril 2004, composĂ©e de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant Ă  grignoter et Ă  anĂ©antir ce qui restait de la souverainetĂ© de l’Etat ivoirien. Visant aussi Ă  acculer le gouvernement lĂ©gal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupĂ© par les rebelles pro-ADO qu’y rĂ©gnaient et sĂ©vissaient en toute impunitĂ©. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire Ă©trangĂšre directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de rĂ©gime, voilĂ  ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en CĂŽte d’Ivoire. L’objectif Ă©tait de mettre au pouvoir celui qui Ă©tait l’adoubĂ© de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

    Le rappel et le parallĂšle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix derniĂšres annĂ©es, qui est loin d’ĂȘtre fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure oĂč existe et se reproduit un schĂ©ma de mise sous tutelle, une recolonisation masquĂ©e, d’Etats indĂ©pendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliĂ©s, avec la compromission d’organisations rĂ©gionales interĂ©tatiques vassalisĂ©es et du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU. Le cas de la CĂŽte d’Ivoire se rajoute au cas d’HaĂŻti oĂč en fĂ©vrier 2004 un vĂ©ritable coup d’Etat militaire franco-Ă©tatsunien fut commis pour dĂ©poser du pouvoir et envoyer Ă  l’exil le prĂ©sident Ă©lu Jean-Bertrand Aristide.

    Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime dĂ©signĂ©e des ingĂ©rences nĂ©ocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le tĂ©moin dans cette politique transversale, d’ingĂ©rences et d’immixtions grossiĂšres ou subtiles, qui s’opĂšre notamment contre les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en CĂŽte d’Ivoire Ă  prĂ©sent, A. Ouattara, est l’un des personnages le plus agitĂ© de la sous rĂ©gion pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise CompaorĂ©, militaire, prĂ©sident du Burkina Faso depuis octobre 1987 Ă  la suite d’un putsch et de l’assassinat du prĂ©sident Thomas Sankara, est le « mĂ©diateur » imposĂ© par la CEDEAO, donc par la France, pour « gĂ©rer » la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressĂ© que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabĂ©s.

    La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

    M. Ouattara fut reçu Ă  l’ElysĂ©e le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait Ă  la CĂŽte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, Ă  savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son rĂ©gime ce cadeau au titre de la procĂ©dure dite PPTE, pour « pays pauvre trĂšs endettĂ© ». (12) Son rĂ©gime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais Ă  une ambition inĂ©branlable pour envoyer des milliers de ses militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prĂ©texte de lutter contre une rĂ©bellion et rĂ©unifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

    Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les gĂ©nĂ©rositĂ©s de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnĂ©s en cadeau par F. Hollande Ă  M. Ouattara, Ă  la tĂȘte d’un rĂ©gime tyrannique et archi corrompu, oĂč les droits de l’homme sont piĂ©tinĂ©s tous les jours. L’aventure guerriĂšre en perspective de M. Ouattara et de M. CompaorĂ©, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payĂ©e par Paris.

    Au moment oĂč le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impĂŽts et de taxes de dix milliards d’euros pour les mĂ©nages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent Ă  d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministĂšres (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgĂ©taire », Hollande dĂ©cide du renoncement aux crĂ©ances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expĂ©dition militaire ivoiro-burkinabĂ©e. L’aventure sera payĂ©e par le contribuable français, aucun doute.

    Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la premiĂšre et la plus grande victime, car le thĂ©Ăątre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prĂ©vu que les soldats maliens servent de chair Ă  canon pendant que les Ă©trangers occupent Bamako . Mais les peuples burkinabĂ© et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres rĂ©gimes, corrompus et tyranniques, de CompaorĂ© depuis 1987 sans interruption et de Ouattara, depuis 2002 avec sa rĂ©bellion et depuis avril 2011 suite Ă  son accession au pouvoir grĂące l’armĂ©e française et Ă  l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnĂ©s et payĂ©es respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consultĂ©.

    En 2010 et 2011 la France commit des ingĂ©rences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la CĂŽte d’Ivoire et la Libye. La finalitĂ© Ă©tant de provoquer le changement de rĂ©gime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rĂ©bellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondĂ©s de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En CĂŽte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien Ă  cĂŽtĂ© des rebelles et de l’armĂ©e française ! En Syrie Ă  prĂ©sent la France essaye aussi de mettre Ă  bas le rĂ©gime d’un Etat indĂ©pendant, en installant au pouvoir une rĂ©bellion armĂ©e sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union EuropĂ©enne, l’OTAN et ses relais rĂ©gionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arriĂšre aux rebelles.

    Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

    Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se rĂ©soudre aisĂ©ment. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus de drames et des pertes des vies humaines et de souverainetĂ©, le peu qui reste Ă  un pays dĂ©pendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit dĂ©jĂ , ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prĂ©visibles, des « libĂ©rateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours Ă©difiant, des exactions, de l’ECOMOG au LibĂ©ria et en Sierra LĂ©one !

    L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire Ă©trangĂšre, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vĂ©nales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncĂ©. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et mĂȘme d’une vassalisation par ses voisins immĂ©diats. Le remĂšde proposĂ© sera pire que la maladie. Rappelons le nĂ©faste rĂŽle de Blaise CompaorĂ© dans la sous-rĂ©gion pour dĂ©stabiliser des pays entiers comme la Sierra LĂ©one, le LibĂ©ria et tout rĂ©cemment la CĂŽte d’Ivoire oĂč il imposa au pouvoir son protĂ©gĂ© et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi Ă  prĂ©sent l’ambition de Ouattara d’avoir un rĂŽle rĂ©gional, et il est pressĂ© Ă  ses 70 ans, alors mĂȘme qu’il n’est pas maĂźtre du pays qu’il a conquis en 2011 grĂące Ă  la France. En CĂŽte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guĂšre et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunitĂ©. ADO garde toujours le pouvoir grĂące Ă  l’armĂ©e française, toujours trĂšs prĂ©sente sur le sol ivoirien.

    Le Mali risque ainsi d’échanger la rĂ©bellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la CĂŽte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire nĂ©ocolonial chronique, avec des rĂ©gimes fantoches, encore plus fantoches, Ă  Bamako, aliĂ©nĂ©s plus que jamais Ă  la France. OĂč celle-ci sera (l’est dĂ©jĂ ) concurrencĂ©e par les USA et la Chine pour le contrĂŽle des territoires et des matiĂšres premiĂšres. ContrĂŽler le Mali c’est contrĂŽler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’AlgĂ©rie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrĂšte ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

    Justement Ă  propos de la concurrence gĂ©opolitique pour le contrĂŽle des pays et des matiĂšres premiĂšres en Afrique, la vitesse/prĂ©cipitation de la France et de ses obligĂ©s ouest africains concernant la crise au Mali crĂ©e des rĂ©ticences internationales et les rivalitĂ©s inter impĂ©rialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre Ă  l’ONU, lors de la rĂ©union de haut niveau sur le Sahel en marge de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, Mme. H. Clinton fait une Ă©tonnante dĂ©claration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudriĂšre” et que seul “un gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu aurait la lĂ©gitimitĂ© de nĂ©gocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin Ă  la rĂ©bellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole lĂ©gitimiste des pays non-alignĂ©s par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant ĂȘtre pertinentes et les concernant.

    Le principe de non-ingĂ©rence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souverainetĂ©, de la paix et la recherche impĂ©rative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piĂ©tinĂ©s. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. CompaorĂ©, la CĂŽte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exĂ©crable exemple des Etats-Unis et de ses alliĂ©s de l’OTAN, qui s’amusent Ă  parler au nom de toute la planĂšte en portant la casquette « communautĂ© internationale » (autoproclamĂ©e).

    Quelques exemples dramatiques et encore sans solution dĂ©finitive, Ă©tant des plaies ouvertes, sont lĂ  pour nous le rappeler. HaĂŻti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux derniĂšres dĂ©cennies la sĂ©rie de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupĂ©s et pillĂ©s par des rĂ©bellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y dĂ©ployĂ©s. La CĂŽte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcĂ© de rĂ©gimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui oĂč l’Occident, la France en tĂȘte encore, arme, finance et justifie une rĂ©bellion sanglante contre un Etat indĂ©pendant visant Ă  mettre Ă  bas son rĂ©gime, militarisant jusqu’à la folie meurtriĂšre les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « dĂ©mocratie » Ă  coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

    Le Mali s’inscrit Ă  prĂ©sent dans ce schĂ©ma dĂ©jĂ  bien rodĂ© d’ouvertes ingĂ©rences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souverainetĂ©. Le Mali est la nouvelle victime dĂ©signĂ©e et titularisĂ©e des ingĂ©rences nĂ©ocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabĂ©s, pions de la FrançAfrique.

    Au Mali l’alibi français avancĂ© pour justifier l’ingĂ©rence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposĂ©s, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empĂȘchant l’armĂ©e malienne par exemple de le faire elle-mĂȘme et en mĂ©prisant le peuple malien, privĂ© de dĂ©cider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La dĂ©fense de la souverainetĂ© populaire malienne d’abord, ainsi que la souverainetĂ© de l’Etat autant que l’intĂ©gritĂ© territoriale, n’est pas, ne devrait pas, ĂȘtre nĂ©gociable.

  2. HĂ©h les gars, lui, capi sanogo, au moins est moins macho que la plupart des maliens qui fuient la fumĂ©e de cuisine.Ils preferent croquer le petit mil ou des cacawets pour ne pas mourrir de faim au lieu de s’essaiyer Ă  la cuisine.
    nE VOUS FACHEZ SURTOUT PAS 😀 😀 :mrgreen:

  3. La face cachĂ©e de Sanogo: Maintenant qu’une « source sĂ»re » sur Maliweb nous a rĂ©vĂ©lĂ© que le Capi-terne avait une vĂ©ritable passion pour la gymnastique, et notamment pour les Bars fixes, ou les Bras parallĂšle, cette mĂȘme « source sĂ»re » vous donne un scoop que personne n’aurait pu soupçonner:

    Outre sa passion pour le sport susmensionnĂ©e (sa passion susmensionnĂ©e pour le sport, c’est mieux, le hĂ©ros de Kati Ă  une autre passion: LA CUISINE!

    Eh oui! A le voir, qui s’imaginerait qu’il adore se mettre au fourneau et mijoter les recettes les plus subtiles?

    PressĂ© par nos enquĂȘteurs, le Capi a fini par accepter de nous livrer la recette qu’il affectionne le plus: LE POULET AU WHISKY (SpĂ©cialitĂ© Irlandaise particuliĂšrement exquise.)

    Voici donc la recette du Poulet au Whisky, telle que le Capitaine cordon bleu Ă  finalement consenti Ă  nous livrer:

    Passer chez Azar, et acheter un poulet d ‘ environ 1,200 Kg, une bouteille de whisky, ainsi que de l ‘ huile d ‘ olive et des bardes de lard (aaaaaastafourilaye !
) 😀 😀 😀 😀 😀 😀

    Barder le poulet, le saler, le poivrer, et ajouter un filet d ‘ huile d ‘olive.

    Préchauffer le four température moyenne (220° ou thermostat 5) pendant 10 minutes.

    Pendant ce temps, se verser un grand verre de whisky et le boire.
    Mettre le poulet au four dans un plat de cuisson approprié.

    S’envoyer coup sur coup deux grands verres de whisky, histoire de lutter contre la chaleur du four que vous venez d’ouvrir. Allez! mĂȘme trois!

    Aprùs un quart beurre
 teure
 un quart d’heure 
! fourrer l ‘ ouvrir et surzeiller la fuisson du boulet.

    Vrendre la vouteille de biscuit, et s ‘ enfiler ShĂ©hĂ©razade !
 Pardon, s’en filer une bonne rasade !


    Aprùs un tardeur 

. un far t ‘ heure 
. bon, 15 minutes quoi
 dituber jusqu ‘ au vour.

    Oubrir la borte, revourner
 reburner
 enfin, mettre le noulet dans l ‘ autre sens.

    Comme votre cuisine commence stupidement à tourner lentement, s ‘ asseoir vite sur une fraise
 une chaise
 et se reverdir
 resservir
 4 ou 5 verres d’hisky.

    Laisser fuir
 suire
 eh merde !
 cuire !
 le loulet bandant un demi-beurre, voire mĂȘme 30 minutes
 en gros, le temps de s’envoyer 3 berres de fluss.

    AprĂšs quoi, se rebercer encore une bonne voulĂ©e de misky 
 de
 enfin du truc qu’est dans la bouteille


    Rabasser le loulet (ben oui, il vient de tomber bar terre ce con !), l’effuyer soyeusement, et le voutre dans un blat.

    Se bĂ©ter la gueule cause du gras sur le sol de la suizine. S’accrocher au pieds de la fable pour tenter de se relever, puis, finalement, dĂ©civer qu’on bien par derre; et lĂ , sinir la mouteille.

    Blus tard, bien plus tard, ramber jusqu’au lit et dorbir ce ssi reste de la nuit.

    Le lendemain matin, prendre 2 aspirines et 3 Alka Seltzer, manger le poulet froid avec de la mayonnaise en tube et, surtout, engueuler Fatoumata la bonne pour qu’elle nettoie d’urgence le fameux bordel que vous avez mis dans la cuisine. 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀

    • 😆 😆 😆 Sans PitiĂ© ou vas tu chercher tout çà ?? 😆 😆 😆

      • Moi ysĂ©padĂšh! Moi ylĂ©unpeucon Ă© yladore dĂ©conĂ©! ZĂ©tĂ©di!

        Elle t’a plu?

        • 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

  4. bah bon courage chers experts europĂ©ens…avec les indisciplinĂ©s ratĂ©s que sont les militaires maliens (du soldat au general, tous la racaille!), vous avez fort Ă  faire….

  5. RUBRIQUE MALIWEB CULTURE: La citation du jour

    Pierre de Coubertin (en parlant des jeux Olympiques):
    – »L’ESSENTIEL, C’EST DE PARTICIPER! »

    Capitaine Amadou Hayayaie Sanogo (En sortant du bistrot):
    – « L’ESSENTIEL, C’EST DE PARTIR PISSER! » 😆 😆 😆 😆

  6. quand les experts occidentaux auront vu la tete d’abruti du ministre malien des armĂ©es avec son beret de travers sur la tete ,ils vont vite comprendre qu’il n’y a plus rien Ă  faire pour le Mali :mrgreen: :mrgreen:

    • Tu es injuste: ComparĂ© Ă  Sanogo ou Ă  KonarĂ©, ce con aurait presque l’air d’un intellectuel 😆 😆 😆

    • toi c’est ta vie qui est inutile vieux blanc kul de babouin et ton chien sans pitiĂ©… 😈

      J+81: le nombre de jours que ta femme fatou la malienne t’a fuit avec ta fille telle que tu es minable Ă  leurs yeux!!!
      :mrgreen: 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 :mrgreen:

      • OOOOOOOOH! Je viens de remarquer que tu m’as rajoutĂ© dans ton pseudo!

        Putain, ça c’est ce qu’on appelle un titre de noblesse! Je suis en quelques sortes montĂ© en grade!

        Tu sais, le propre des gens d’un niveau intellectuel “normal” c’est d’ĂȘtre haĂŻ par les cons! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

        Si d’ici 15 jours tu as rĂ©ussi Ă  comprendre ce que je te dis (mais les français disent: A l’impossible nul n’est tenu!), tu auras droit Ă  toute mon admiration et (peut ĂȘtre) Ă  l’admiration de tous les “normaux” qui sont sur ce site, cerveau musclĂ©!

        D’ici lĂ , je te confirme que je t’emmerde (et j’ai failli dire pire) avec une assiduitĂ© que tu ne soupçonnes pas.

        Allez! mais attends une minute connard pour te prĂ©cipiter sur le Larousse pour y cher “assiduitĂ©”! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

        Pardon? Ah, t’as jamais eu de larousse?

        Je suis con, j’aurais dĂ» m’en douter 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀 😀

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