La menace jihadiste demeure à Gao, le putschiste Sanogo réapparaît

18
Le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo (c) arrive à Koulouba pour son investiture, le 13 février 2013  © AFP
Le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo (c) arrive à Koulouba pour son investiture, le 13 février 2013
© AFP

La menace jihadiste restait bien présente jeudi dans la région de Gao (nord du Mali) au lendemain de la découverte d’un engin explosif de 600 kilos, alors qu’à Bamako, le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo, discret depuis un mois, revenait sur le devant de la scène.

Reprise aux islamistes sans combats le 26 janvier par les soldats français et maliens, Gao, à 1.200 km au nord-est de Bamako, a depuis été le théâtre des premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali et de violents combats de rue entre les deux armées et des combattants jihadistes infiltrés dans la ville.

Mercredi, trois jours après les combats de rue en centre-ville, l’armée française a désamorcé un énorme engin artisanal contenant 600 kilos d’explosifs, trouvé dans la cour d’une maison proche d’un hôtel où logeaient des journalistes étrangers.

Pendant l’occupation de la ville en 2012 par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des trois groupes islamistes qui ont mis sous leur coupe tout le nord du Mali pendant plus de neuf mois, cette maison a été habitée plusieurs semaines par “Abdulhakim”, chef de la police islamique de Gao qui y a commis de nombreuses exactions au nom de la charia (loi islamique).

Selon des sources militaires, cette maison était appelée “l’usine” par les islamistes qui y fabriquaient et y stockaient munitions et explosifs, ce qu’ont confirmé les habitants du quartier. A l’intérieur, les soldats français ont également découvert des obus et des munitions.

Et dans une maison proche, d’autres importantes quantités d’explosifs ont également été trouvées, selon des militaires français.

Les deux attentats-suicides des 8 et 9 février contre un poste de contrôle de l’armée malienne à l’entrée nord de Gao, puis les combats en centre-ville du 10, ont été suivis par de nombreuses arrestations de suspects, selon des sources sécuritaires.

“En mon for intérieur, je pense que la situation est stabilisée” à Gao, a déclaré mercredi le colonel de gendarmerie de la ville, Saliou Maïga. Mais il a laissé entendre que des opérations se préparaient autour de Gao, dans des villages dont certains habitants seraient des islamistes ou des sympathisants.

“Nettoyage”

“Nous sommes en train de nous organiser pour faire un nettoyage, rendre le périmètre de sécurité plus grand” autour de la ville, a affirmé le colonel Maïga.

Un journaliste de l’AFP s’est rendu dans un village situé à environ 10 km au sud de Gao, Kadji, où une île sur le fleuve Niger habitée par les membres d’une secte musulmane radicale sert de refuge à des jihadistes du Mujao ayant fui Gao et d’où ils peuvent mener des actions violentes dans la région, selon des habitants de Kadji.

Alors que la menace d’attentats et d’attaques de soldats maliens, français et africains demeure dans le nord du Mali, à Bamako, le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des auteurs du putsch du 22 mars 2012 contre le régime d’Amadou Toumani Touré qui avait précipité la chute du nord du Mali aux mains des jihadistes armés, a refait surface après un mois de silence.

Il a été investi mercredi en grande pompe à la tête d’un comité chargé de la réforme de l’armée malienne, divisée entre ses partisans et ceux du président renversé, en présence du chef de l’Etat par intérim, Dioncounda Traoré, du Premier ministre Diango Cissoko et de hauts responsables militaires.

“Le comité militaire n’a aucune vocation politique et ne saurait se substituer à la chaîne de commandement militaire”, a affirmé le capitaine. “Il s’attèle à sa mission de suivi des réformes prévues et cela dans une étroite collaboration avec les autres structures”, a-t-il dit.

Affirmant que le comité de réforme n’était pas “issu du coup d’Etat du 22 mars”, ni “un prolongement” de la junte qui avait gardé le pouvoir deux semaines, le président Traoré a estimé que le capitaine Sanogo “a été choisi (…) compte tenu de ses qualités personnelles”.

“C’est un formateur, c’est son travail. Il est capable de manager une équipe qui va travailler pour mettre en place une armée performante”, a-t-il ajouté.

Le retour du capitaine Sanogo sur le devant de la scène est intervenu après des pourparlers à Abidjan et Ouagadougou avec la présidence en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la médiation burkinabè dans la crise malienne, selon des sources diplomatiques et militaires.

Après ces discussions, le capitaine Sanogo a accepté de quitter son quartier général de Kati, véritable forteresse pour ses hommes et lui à 15 km de Bamako, pour venir s’installer au siège de l’état-major des armées dans la capitale où il est plus facilement contrôlable, selon ces sources.

Dans le même temps, Romano Prodi, envoyé spécial de l’ONU dans le Sahel, accompagné de Saïd Djinnit, représentant de l’Onu en Afrique de l’Ouest, a entamé mercredi à Dakar une tournée régionale qui devait le mener jeudi en Mauritanie et au Burkina Faso et vendredi au Niger.

PARTAGER

18 COMMENTAIRES

  1. je le dis je le répète tous les maliens sont pareils Dioncounda et tous les décideurs se foutent royalement de ce pays tout ce qui les intéresse c’est de garder leur fauteuil, je n’ai entendu que des éloges sur Dioncounda depuis l’intervention des français mais moi j’attends toujours qu’il pose de vrais actes pour le Mali et ce nouvel épisode malheureux va totalement à contresens, après tout au Mali il n’y a jamais eu d’idéologie ou de vision seul compte les intérêts et on ne sera jamais au bout de nos surprises, comme l’ont dit certains intervenants étrangers sur maliweb on est la honte de l’Afrique voir de l’humanité toute entière.

  2. je suis content de cette decision.sanogo est un militaire et il ne connait pas la politique et les politiciens. c’est maintenant kil vont bien le niquer: la première phase c’etait de le faire descendre de sa colline et de sa “republique imaginaire” de kati car il est intouchable.Maintenant où il sera en ville c’est sùr que la deuxième phase va commencer: les politiciens vont l’eliminer en complicité avec son propre camp; il a le dos au mur……
    Les dioucounda et autres IBK sont des vieux loups de la politique et ils finiront par avoir la tète du capi.

  3. il est bon dans l esprit ,il est patriotique sanogo le rend du capitaine n est pas important….le courage ayant encore 1 fois le sens humain nous les africains

  4. A QUOI SERVENT LE MINSTRE DE LA DEFENSE, LE CHEF D’ETAT MAJOR GENERAL DES ARMEES, LES ETATS MAJORD DES DIFFERENTS CORPS D’ARMEE, A QUOI SERVENT TOUS CES SERVICES DE LA DEFENSE, A QUOI SERT L’ETAT MAJOR PARTICULIER DU PRESIDENT si le President par interim a besoin d’un apprenti militaire?
    Ce precedent en est un malheureux. D’abord, il encourage l’idde de putsh et cree ‘un service” qui n’a pas sa place a l’Etat Major. On va donner a un Capitaine une place, un bureau, une voiture de service, un chauffeur etc… et apres la guerres, la dizaine de colonels qui se battent au Nord, vont revenir ” se balader” entre les bureau a l’Eat major sans bureau ou autres “cajoleries” faites a un putshistes? POUR MOI, C’EST COMME DIRE QUE LE MNLA EST LE SEUL INTERLOCUTEUR LEGITIME DU MALI.
    C’EST LA VERITE, L’HONNETETE, LA BRAVOURE, LE TRAVAIL BIEN FAIT QUI A CONSTRUIT LE MALI. ET C’EST LA COMPLAISANCE QUI VA LE DETRUIRE.

  5. Avant je me demandais pourquoi le reste du monde meprisait les noirs; aujourd’hui, j’ai la reponse. Sinon, comment comprendre qu’un apprentit soldat comme sanogo est nomme’ pour rendre performante l’arme’e malienne; c’est a’ mourir de rire, quant on pense que c’est ce meme sanogo qui disait qu’il ne voulait aucun soldat etranger sur le sol malien, puisque selon lui, l’arme’e malienne etait capable elle toute seule de deloger les terroristes. Aujourd’hui, on connait la reponse, car sans la France, les terroristes allaient prendre bamako et par ricochet tout le mali. C’est vraiment honteux qu’on nomme sanogo pour soit disant rendre l’arme’e malienne perfomante; nous les noirs, ont est la honte de l’humanite’; c’est pour cela’ que le reste du monde nous meprise. Avec l’apprentit soldat sanogo, l’arme’e malienne a encore des beaux jours d’amateurisme, d’incompetence, d’immobilisme et de corruption. Quelle honte.

  6. les militaires valeureux sont au front que betisse du president un poltron capitaine à cette place meme si j’ai aimé la chute du regime d’att . Dans un corps discpliné cette place revient à un haut gradé et non à un poltron capitaine . J’espire au fond du coeur qu’après les élections qu’on confie les postes de commandement à des militaires valeureux comme gamou , didier dakoué , phillipe pour la renaissance de notre armée .Je souhaiterais voir didier dakoué à la tete de l’état major après les élections de juillet .ET METTRE DEHORS LE CLAN SANOGO qu’est ce que a fait tahirou dembele et le blacoré konaré du cnrde pour mériter le grade de général et de capitaine . J’ai pleuré hier soir à chaude larme en voyant ces militaires inconcients et insouciants hier à koulouba entraine de boire comme si tout va bien au mali .

  7. “Transition apaisée”; “élection libre et transparente”; “la paix rien que la paix” tels doivent être les mots d’ordre de tous les maliens

  8. POURQUOI DONNEZ VOUS L’IMPORTANCE A CE CAPITAINE SANOGO DANS LE JOURNAL MALIWEB.NET. IL VOUS DONNE DE L’ARGENT POURQUE VOUS L’AFFICHER OU QUOI? IL ES PLUS IMPORTANT QUE QUI DANS L’ARMEE MALIENNE?

  9. 😀 😀 😀 Donc il va kiter KATI pour venir chez ns à Bko avec ou sans son baton magique ❗ ❗ ❗ Il va s’éloigner de la troupe ki a fait de lui ce qu’il est devenu pour une coquille vide:-D 😀 😀 Ca commence à venir. Il ne peut pas partir….. et il ne peut pas rester….. Non Moussa Ag est trop fort 😀

  10. Ce pays est vraiment foutu,maudit.on y voit tout.je ne sais pas ce qui nous arrive sincèrement.ce fils de pute a foutu le pays ds la merde et c’est lui qui récolte tout.Pauvre population malienne,on est mal barrée avec ses politiciens et millitaires

  11. on verra bien comment toute cette histoire va finir. Mais une fois de plus, le Mali, à travers son president,vient de donner la preuve qu’il n’est pas pret à briser la chaine de l’eternel recommencement. Les memes causes produisent toujours les meme effets. Le choix de la facilité est ce qui a conduit ce pays dans l’abime et ça continue. De la meme façon qu’il etait plus facile à Alpha Konaré d’affaiblir l’armée pour eviter les coups d’etats plutot que d’en faire une armée republiçaine, de cette meme façon il etait plus facile pour ATT de faire des deals avec les terroristres et les narcotrificants plutot de que preparer l’armée à leur faire la guerre;de cette meme façon il est plus aisé pour Dioncounda de filer un strapontin à un encombrant putchiste quitte à creer un très facheux precedent pour la republique, la democratie, les institutions (y compris l’armée).Je veux bien croire que c’est le deal pour qu’il quitte kati et vient à l’etat major. Mais c’est un mauvais deal.

    • Mon cher,

      Les africains en general sont ainsi. A chaque fois que les organisations s’impliquent dans la crise c’est pour la compliquer. Apres 9 mois de bla bla bla il a fallu que les francais interviennent pour la reconquete du nord reprenne. C’est ainsi partout ou les africains doivent resoudre les problemes. En tout cas on en est loin de la fin de cette histoire tres malheureuse. C’est vraiment honteux.

  12. comment ces grand hommes de l’armée malienne peuvent laisser cette situation perdurer?. c est l’armée qui est denigrer via ces gens il faut mettre a la retraite tout ces personnes, les yamoussa et certains qui n’arrive meme pas à lire leurs textes devant les camera comme le ministre de la defense quelle honte pour l’armée.

Comments are closed.