Le chef d’état major des opérations à Sévaré : «Il nous faut changer beaucoup de choses pour l’avenir…», a dit le Colonel Abdoulaye Coulibaly

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Dans le cadre de la mise en œuvre du projet «Une rédaction à Sévaré» de la Maison de la Presse du Mali, une équipe de journalistes de la presse écrite et de la radio s’est rendue dans la ville de Sévaré pour couvrir le quotidien des hommes et des femmes sur les théâtres des opérations militaires que notre pays s’est engagé.

contingent xDirigée par le doyen M. Abdoul Karim Dramé, coordinateur du dit projet à Mopti, cette mission, troisième du genre, s’est rendue au Poste de Commandement Opérationnel pour la guerre qui oppose le Mali et ses amis aux différents groupes islamistes qui ont occupé pendant de longs mois le septentrion de notre pays.

Exceptionnelle et exclusive furent cette rencontre qui ont permis aux membres de la délégation des journalistes de discuter à bâton rompu avec la première personnalité de cette opération militaire d’importance capitale pour le retour de la paix dans notre pays et dans la sous-région d’une manière générale.

C’est dans un bureau très simple, sans climatiseur ni autre condition extravagante que le Colonel Abdoulaye Coulibaly, Chef d’État Major du Poste de Commandement pour l’opération «Baden ko» de l’armée malienne et ses alliés, et non moins adjoint au Chef d’état major de l’armée de terre basé à Sévaré, nous a reçu. C’était le Jeudi dernier dans l’après midi.

En effet, après une introduction bien faite par l’officier chargé de la communication et des relations publiques des armées, Le Capitaine Farintogoma Keita, le dialogue a tout de suite commencé par une entrée très rapide en la matière par le Colonel Coulibaly sans détour. Et c’est dans une franchise sans pareille que le premier responsable des hommes et des matériels militaires maliens engagés dans cette guerre s’est exprimé pour crier et décrier certaines situations qui ont permis à enfoncer le Mali, notre pays dans cette crise que nous traversons aujourd’hui.

D’emblée, le Colonel Coulibaly s’est insurgé contre certaines pratiques de la presse nationale dans le traitement des informations sur la guerre qui a opposé et qui continue d’opposer notre pays aux groupes islamistes qui ont occupé pendant de longs moments les régions Nord du Mali.

Sous les yeux satisfaits du responsable du service de la communication et des relations publiques des armées, le Colonel Coulibaly a dit ceci : «Souvent en lisant certains articles en ligne ou dans les journaux, je me demande si réellement les auteurs de ces écrits sont des maliens. Ils soutiennent les groupes islamistes et rebelles dans leurs propagandes contre les forces militaires et cela pendant que les soldats sont entrain de se battre et de mourir pour récupérer les zones occupées et libérer le pays.

Souvent, ce sont mêmes des personnalités de la république ou des chefs militaires qui s’en donnent à certains commentaires sur des choses qu’ils ne maitrisent aucunement. Cela blesse énormément les combattants rien que de se voir vilipender dans les medias de surcroit, des medias nationaux et encore pour des choses qui ne sont pas vraies. Et pire, le jour ou un organe d’état a officiellement annoncé la prise de Douatzan par le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), j’avais vraiment eu mal ce jour, par ce que l’armée avait quitté cette ville sans combat plus de trois mois avant pour des raisons stratégiques. Un chef militaire m’a appelé pour me qu’il aurait entendu que Sévaré est tombé, cela m’a fait énormément mal ce jour encore… car je me demande si réellement ces gens veulent que nous arrivions à bout de ces islamistes.

Des soldats venaient voir Didier et moi et nous disaient : ’’chefs nous sommes ici par ce que vous y êtes, si vous partez, nous allons partir aussi’’. Aujourd’hui, tous les français soutiennent l’engagement et la décision prise par le Président Hollande pour son intervention, mais c’est par ce que tous les Français sont d’accord sur ce point.

Après ils vont continuer à s’opposer et se dire les vérités sur des questions d’importances nationales. Nous devons comprendre que soyons journalistes, militaires, hommes politiques ou commerçants que nous sommes tous et avant tout, des maliens d’abord. Et si nous n’avons plus de Mali, on ne pourra aller nulle part. En tout cas, il est important que ces erreurs du passé ne se répètent plus. Nous avons l’obligation de changer de fusil d’épaules et surtout de révolutionner certains manquements dans notre dispositif depuis la base.»

Tels sont les propos du premier responsable des opérations militaires au niveau du Poste de Commandement à Sévaré, le Colonel Abdoulaye Coulibaly. Ce fut le début d’un dialogue franc et sincère entre les deux groupes, car si les journalistes ont reconnu certains manques de tact de la part de certains confrères nationaux et internationaux, ils ont par ailleurs dénoncé certaines pratiques de la Direction des Informations et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) par rapport à la non mise à disposition des journalistes des informations capitales et surtout à temps. Selon eux, les journalistes aussi cherchent de gauche et à droite pour obtenir de sources souvent peu crédibles des détails sur la même information.

Avant de finir, le Colonel Abdoulaye Coulibaly s’est dit très confiant quant à l’issue de cette guerre imposée à notre pays, car selon lui, le soutien des amis du Mali qui font un travail extraordinaire sur le terrain avec l’engagement et le courage des troupes maliennes dont le moral n’a jamais été aussi bon, sont des facteurs qui ne laisseront aucune chance aux groupes islamistes et leurs alliés.

Moussa KONDO, envoyé spécial à Sévaré

 

 

Contingents sénégalais et togolais à Sévaré :

Des professionnels de la MISMA pour sécuriser Mopti

contingent xAprès le départ des troupes françaises vers les régions de Gao, Tombouctou et Kidal pour traquer les islamistes et les autres groupes armés, la sécurisation de la région de Mopti est revenue aux troupes Togolaises et Sénégalaises dans le cadre de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA). Cette marque de confiance à ces deux troupes s’explique par certains facteurs pratiques, car cette mission est d’une extrême importance et représente le socle même de l’intervention étrangère au Mali.

En effet, c’est de la région de Mopti que tout est parti le 10 janvier dernier lorsque les islamistes soutenus par les rebelles Touaregs ont voulu avancer vers les régions plus au Sud de notre pays après la prise et l’occupation de plusieurs régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal) pendant plusieurs mois. C’est à partir de cette date que les Français ont lancé les premières offensives contres les islamistes après la prise par ceux-ci de la ville de Konna dans la région de Mopti.

Depuis, la région de Mopti qui fait frontière avec celles prises et occupées par les islamistes représentait la limite des territoires libres et la ville de Mopti regorge le seul et unique Aéroport international pour  accueillir les hommes et les matériels des troupes devant intervenir  dans notre pays. Mopti avait donc cette position stratégique et capitale pour la réussite de la mission étrangère dans notre pays.

Après donc le départ des Français de Mopti une troupe expérimentée et digne de confiance devait les remplacer pour protéger les arrières dans leur avancée vers les régions plus au Nord. Et dans le cadre de la MISMA, l’honneur est revenu aux troupes Togolaises et Sénégalaises.

Pour en savoir davantage sur leur mission au Mali d’une manière générale et particulièrement dans la région de Mopti, nous avons rencontré les premiers responsables de ces deux bataillons à Sevaré où ils sont installés.

D’abord, c’est le Colonel Ngurane N’Diaye, commandant du contingent Sénégalais qui a sous son commandement les troupes Béninoises et celle de la Guinée qui nous a reçus.

Basée dans le local du programme d’appui pour le développement agricole de Sevaré, le Colonel N’Diaye, sûr de l’engagement des 502 hommes sous sa responsabilité s’est dit très fier de servir au Mali dans le cadre d’une mission de sortie de crise et de l’imposition de la paix.

«Pour avoir la paix il y’a deux choses importantes : soit il faut la négocier ou l’imposer. Aujourd’hui, à l’état actuel des choses, nous ne sommes pas dans la logique de négocier la paix, nous sommes entrain de l’imposer, alors pour cela, nous sommes prêts à aller partout au Mali où la mission jugera nécessaire.

C’est une fierté légitime pour moi de conduire une mission de paix au Mali, cela pour plusieurs raisons, car le Mali et le Sénégal sont plus que deux pays frères, mais deux peuples unis par plusieurs facteurs historiques. J’ai sous ma responsabilité les troupes Béninoises et Guinéennes basées entre Sevaré et San, nous formons une troupe à réaction rapide qui peut se rendre dans tous les théâtres d’opérations sur toute l’étendue du territoire Malien

Pour le Lieutenant- colonel Gnamkou Lambagassim, commandant en chef de la troupe Togolaise au Mali : «Cette mission est une marque de confiance pour le Togo. C’est entouré de plusieurs officiers de sa mission que Lieutenant- colonel Lambagassim nous a reçu autour d’un rafraichissement venu directement du Togo et bien partagé par les frères Maliens de la presse qui se sont déplacés ce jour pour rencontrer et échanger avec eux. C’est toujours une fierté et un honneur quand on vous choisit de venir diriger une telle mission.

Je suis ici avec moi des hommes aguerris prêts à aller partout où le besoin se fera sentir pour soutenir les autres forces en actions au Mali. En plus des combattants, le Togo est présent ici dans cette opération avec une équipe très expérimentée de Médecins militaires dirigés le Lieutenant- colonel Karka qui est accompagné de plusieurs autres médecins militaires très expérimentés et qui ont prouvés leurs compétences à travers les opérations dans le continent

Pour le Lieutenant- colonel Acolatse, officier chargé de la communication du contingent Togolais à Sevaré : «Cette présence au Mali représente beaucoup de chose pour le Togo et c’est une fierté pour nous d’être ici de servir notre pays et de servir la mission africaine pour imposer la paix au Mali qui est un pays frère. Certes, le Mali et le Togo n’ont pas de frontières communes, mais quand la case de ton voisin brûle, il faut lui apporter assistance sinon, après sa case, viendra certainement votre tour. Ces Djihadistes avaient crié sur tous les toits qu’après le Mali, ils allaient continuer leur combat à travers tous les pays de la zone Afrique de l’ouest», a-t-il dit.

Présent avec plus de 700 hommes, les Togolais sont installés sur quatre (4) sites dans la région de Mopti qui sont entre autres Sevaré, Bandiagara, Bangass et Koro. Et chaque jour des patrouilles en collaborations avec les forces armées et de sécurités maliennes sont coordonnées et menées sous les directives des officiers Togolais pour sécuriser et rassurer les populations civiles à travers toute la région.

Les deux responsables de commandement des troupes Sénégalaises et Togolaises présents à Sevaré s’accordent à demander aux populations de les aider, car leur présence est effectivement en majeure partie consacrée à protéger les populations civiles et leurs biens en cette période de crise.

Selon les deux officiers N’Diaye du contingent Sénégalais et du Lambagassim du contingent Togolais, seules les informations crédibles données à temps peuvent les aider à continuer leur traque contre les islamistes et autres individus complices des islamistes qui ont voulu faire du Mali un sanctuaire de crime organisé.

Afin, ils ont lancé tous les deux un appel de paix et de fraternité à toutes les populations pour une sortie rapide de crise et le retour total de la paix au mali pour que revienne la quiétude dans la sous-région ouest africaine.

Moussa KONDO, envoyé spécial à Sevaré

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3 COMMENTAIRES

  1. LES MALIENS SONT MONTE A GAO

    SEVARE C EST L ARRIERE DU FRONT IMBECILE DE MOISES

  2. MOISES

    SI TU PEUX PAS AIDER FERME LA TA GRANDE GUEULE

    OK ?

    SINON JE VAIS TE LA CASSER

  3. Les militaires maliens cachés à sevaré pour faire la grande geule, tantisque les français et Tchadiens luttent dans les enfers des ifoghas.Ils savent (militaires maliens)bien geuler mais ne savent pas lutter! Quelle honte.

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