Libérée par les militaires francais et maliens : Diabaly toujours sous le choc de l’occupation djihadiste

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Les populations de la commune de Diabaly qui ont vécu le cauchemar sous l’occupation des djihadistes du 14  au 18 janvier 2013, essaient de retrouver une vie normale depuis la libération par les armées française et malienne. Une équipe de reporters de L’ Indépendant et de la chaine chinoise CCTV  s’est rendue dans cette localité du jeudi 31 janvier au vendredi 1er février pour s’enquérir de la nouvelle vie après occupation.

Une vue de 3 véhicules lourdement armés des djihadistes détruit par les raids aériens français

Le cortège qui a quitté la ville de Ségou très tôt le matin est arrivé dans la commune de Diabaly vers 8h. Après avoir été accueilli par le maire de Diabaly, Oumar Diakité, celui-ci nous a accordé une interview dans laquelle il nous a expliqué comment s’est déroulée la guerre de Diabaly, depuis sa prise par les islamistes armés le 14 janvier et sa libération par l’armée françaises quatre jours plus tard, suite à des bombardements.

Située à 170 km de Ségou, elle-même située à 240 km de Bamako, Diabaly est une petite ville de 20 000 habitants qui sert à la fois de frontière entre la Mauritanie et le Mali. Elle représente un grand enjeu économique car elle renferme une bonne partie des programmes de développement de l’Office Riz Ségou financés par la Banque mondiale, Care-Mali, l’UEMOA et MCA-Mali.

Le maire de la commune de Diabaly, Oumar Diakité

Diabaly est une commune du Mali située au centre du cercle de Niono. Le territoire de la commune s’étend principalement sur la rive droite d’un défluent du fleuve Niger, la Fala de Molodo. La localité de Diabaly est le centre névralgique de la commune. Elle se situe le long de l’axe hydrologique principal composé du Fala de Molodo et du canal du Sahel qui desservent une large surface rizicole tout autour de la ville grâce à l’irrigation.

Le 14 janvier, très tôt vers 5 heures du matin, des témoins ont entendu des tirs à l’arme lourde dans la commune voisine d’Alatona située à 8km de Diabaly. Après une heure, d’échange avec une faible résistance de l’armée malienne qui a du se replier vers Diabaly, les islamistes, toujours aussi bien organisés et bien armés vont rentrer dans la ville de Diabaly par l’entrée principale et par le Fala en pirogue pour prendre par surprise l’armée en attaquant la base militaire.

Accueillie par une armée en déroute et affaiblie, de légers affrontements qui auront fait au total une dizaine de morts des deux côtés, donneront raison aux rebelles qui ont assiégé la ville. Tandis que l’armée mailienne, se repliait plus loin dans les villes de Sakala et Dioura.

Selon des sources bien informées, les rebelles ont pris la commune de Diabaly à cause du commandant Ousmane Haïdara, qui, muté à Tombouctou, a surement intégré le mouvement. Devenu colonel, il a dirigé les opérations de Diabaly qu’il connait comme sa poche avec deux de ses enfants. Aujourd’hui, on ne sait pas où il se trouve.

Une fois dans la ville, les islamistes qui se regroupaient pour mieux se protéger ont été dès le lendemain menacés par un avion de reconnaissance qui a pris leurs différentes positions. Ces données ont permis à l’aviation française de mener des raids avec la plus grande précision, sans atteindre la population, détruisant ainsi bon nombres de véhicules rebelles. Ces attaques ont eu lieu vers l’entrée de la ville, à côté d’une école fondamentale privée et dans la base militaire. Elles auraient fait des victimes dont le nombre reste indéfini. Chose que les autorités locales et la population ont salué.

Grâce aux bombardements aériens menés par l’aviation française, pendant trois jours, les djihadistes qui ont essuyé de lourdes pertes matérielles et humaines n’ont eu d’autre alternative que de fuir avant l’arrivée des forces terrestres de la coalition. C’était le 18 janvier. Le lendemain, une avant-garde de l’armée malienne pénètre dans la ville et le 21 janvier, des centaines de militaires français et maliens à bord d’une colonne d’une trentaine de véhicules blindés investissent totalement la ville qui a été définitivement libérée.

Les islamistes durant leur séjour ont tué un civil d’une balle dans la tête alors que ce dernier tentait de prendre la fuite après avoir été suivi par deux bandits. Selon les proches de la victime, ce dernier se rendait dans leur second domicile pour amener à manger. C’est là qu’il a croisé les deux islamistes qui l’on interpellé avant de le suivre. Pris de panique, il a décidé de prendre ses jambes à son cou pour les semer. Malheureusement sa course prendra fin devant la porte de son meilleur ami. Hamidou dit Cheickné Gandako était un commerçant âgé de 45 ans, époux de deux femmes et père de trois enfants.

Aujourd’hui, les militaires français ne sont plus à Diabaly qui est entièrement sécurisée par l’armée malienne. A chaque ruelle et sur les principaux axes de la ville, on rencontre des militaires qui patrouillent le jour comme la nuit. Des hommes lourdement armés surveillent rigoureusement l’entrée et la sortie de la ville en procédant à des contrôles intensifs de pièce d’identité et à des fouilles corporelles et des véhicules.

Entre temps, la population toujours sous le choc, à cause de la barbarie et de la sauvagerie de ces sinistres individus, qu’elle qualifie de drogués et de tueurs impitoyables, tente de cicatriser sa blessure. Les gens circulent de nouveau dans les rues, les maitres et les élèves ont repris les cours tout en combattant le stress, les commerces rouvrent leurs portes et, enfin, les dizaines de familles, martyrisées et terrorisées, qui avaient pris la fuite rentrent au bercail petit à petit.

Moulaye H HAIDARA

Envoyé Spécial à Diabaly

 
SOURCE:  du   5 fév 2013.    

Une Réaction à » Libérée par les militaires francais et maliens : Diabaly toujours sous le choc de l’occupation djihadiste

  1. Merci Dieu