Mali : Amadou Haya Sanogo, capitaine Fracasse

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Le capitaine Amadou Haya Sanogo

Il lui a suffi d’une pichenette pour faire tomber le Premier ministre mailien, Cheick Modibo Diarra, et se replacer au centre du vrai pouvoir. Amadou Haya Sanogo ne cache plus ses ambitions.

 

Peu importe s’il fait plus penser à Dadis Camara qu’à Charles de Gaulle ou au commandant Massoud – personnages auxquels il ne lui déplaît pas de se comparer – et s’il lui faut pour l’instant se contenter d’être le « président du comité militaire de suivi des réformes » d’une armée malienne en capilotade : le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo, 40 ans, a une fois de plus réussi son coup.

Au cas où certains, et notamment la communauté internationale, l’auraient oublié, l’ancien petit prof d’anglais en béret vert vient de démontrer qu’il n’était pas seulement le roi de Kati, mais aussi le maître du jeu à Bamako. Il lui a suffi de quelques minutes dans la nuit du 10 au 11 décembre pour convaincre le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, convoqué manu militari dans son bureau, de remettre sa démission. Avec quels arguments ? « Il n’y a eu ni pression ni violence, soutient le capitaine. On ne l’a pas contraint, on lui a juste facilité la tâche. » À l’écouter commenter son dernier fait d’armes à la télévision, le lendemain soir, il est permis d’en douter tant la liste des reproches égrenés par Sanogo à l’intention de Diarra ressemble aux attendus d’un jugement en cour martiale.

Ce Premier ministre que « nous avons désigné », explique-t-il, ne montrait « aucun égard pour le peuple » et ne « rendait de comptes à personne », surtout pas au chef de l’État, Dioncounda Traoré, dont « il ne reconnaissait pas l’autorité ». Comment continuer de faire confiance à un homme « en train d’étrangler le pays par des ambitions personnelles démesurées », s’exclame Sanogo, qui fustige au passage le comportement de « voyageur permanent » et le goût pour « les hôtels de luxe » à l’étranger, véritables « insultes pour le peuple malien », de l’ancien ingénieur de la Nasa. Pis encore aux yeux de celui qui se veut l’âme de la future reconquête du Nord, Diarra n’aurait en huit mois d’exercice du pouvoir « jamais donné un seul équipement aux forces armées » tout en s’employant à « payer des officiers » pour se constituer une garde prétorienne.

Chute prévisible

La charge, on le voit, est violente, et l’on comprend mieux la mine visiblement effrayée de l’ex-Premier ministre lorsqu’il est apparu sur les écrans le 11 décembre vers 4 heures du matin pour annoncer la fin de sa mission, un pistolet invisible braqué sur sa tempe. En réalité, le capitaine Sanogo n’a pris aucun risque tant la chute de celui que Jeune Afrique qualifiait en juillet dernier de « grand bluff » et d’« erreur de casting » était prévisible. En atterrissant à la primature, Cheick Modibo Diarra s’était visiblement trompé de planète, multipliant les bourdes, donnant chaque jour des gages d’incompétence et creusant avec application son déficit de fiabilité. Au point que ses sponsors initiaux – Blaise Compaoré, mais aussi Paris et Washington – avaient fini par ne plus supporter ce professeur Nimbus sans ancrage populaire.

Diarra s’est accroché jusqu’au bout à son poste, allant jusqu’à caresser des rêves d’homme providentiel.

Le problème, bien sûr, est que l’intéressé, qui n’a pas de sa personne une petite opinion, aura été le dernier à s’en rendre compte. Lâché par tous y compris par Sanogo lui-même, avec qui il entretenait pourtant au début d’excellentes relations, en froid glacial avec le président Traoré, Diarra s’est accroché jusqu’au bout à son poste, allant jusqu’à caresser des rêves d’homme providentiel et à ébaucher dans ce but un réseau de militaires anti-Sanogo acquis à sa cause. C’est manifestement parce qu’il a senti venir le danger d’être marginalisé que le capitaine s’est décidé à accrocher à son tableau de chasse la tête du « Martien » Diarra, à côté de celle d’Amadou Toumani Touré. Ce faisant, il jouait sur du velours. Personne n’est descendu dans les rues de Bamako pour réclamer le retour du sortant, et la communauté internationale, passé le rappel des grands principes, n’a pas versé une seule larme, fût-elle de crocodile, sur le sort qui est désormais le sien : celui de résident surveillé.

Élections générales

Amadou Sanogo, qui a au minimum donné son aval (s’il ne l’a pas choisi lui-même) au successeur de Diarra, Diango Cissoko, s’est replacé au centre du vrai pouvoir, quitte à décrédibiliser encore un peu plus les institutions de la transition et la pâle figure d’un président qu’il n’a d’ailleurs pas pris la peine d’informer à l’avance de son miniputsch d’opérette. Du coup, l’hypothèse de l’organisation d’élections générales destinées à installer à Bamako un exécutif enfin incontestable et respecté est relancée.

Une telle consultation interviendrait avant le déclenchement d’une opération militaire étrangère, vis-à-vis de laquelle le capitaine et ses hommes se sont toujours montrés réticents, car elle leur ferait perdre la main sur le processus de libération du Nord. Il n’est un secret pour personne en effet que l’enfant de Ségou, qui n’a été chef de l’État que pendant vingt jours, aimerait rempiler. Bardé de ses fétiches de chasseur dozo et de son inébranlable confiance en lui-même, il a tenu à le rappeler à ses compatriotes, le 11 décembre au soir à la télévision : « Si le peuple malien décide que je joue un autre rôle [que celui de président du comité militaire de suivi des réformes, NDLR], je suis prêt à l’assurer [sic]. »

 

20/12/2012 à 08h:30 Par François Soudan / Jeune Afrique

12 Réactions à Mali : Amadou Haya Sanogo, capitaine Fracasse

  1. m@gmail.com

    SANOGO n’est pas le seule qui prend de l’alcool au Mali. Si vous êtes sincère, vous pouvez nous dire combien de cadre dans l’administration malienne prennent de l’alcool ? Il y a un deputé qui se promene avec son frigo d’alcool et vous jugez cela normal. Le valereux solda SANOGO nous a fais debarasser du president incapable au lié de se rejouir on est là à dire des calomenis sur lui. Ceux qui disent du n’importe quoi à SANOGO doivent être des gens qui mangeaient dans la MAIN DE ATT.
    Aucune caserne n’a été attaqué par les rebelles si ce n’est le temps de ATT, il a vendu le Mali et son armé nous allons jamias le pardonné.
    VIVE SANOGO, VIVE DIOUGOUDA, VIVE LE MALI

  2. C’est dans la faiblesse du President, du 1er Ministre et des officiers superieurs que Sanogo tire sa force.
    C’est dans la naivete des maliesn que Sanogo Boli tire sa confiance.
    C’est parce que (et pour etre vendu) que les journaux parlent de Sanogo, sinon Boli va mourrir dans l’indiference totale, au mileu de ses bouteilles de bieres, le ventre balonne du froufrou de Mme Boli.

  3. yayyyyy

    mes chere ces racailles n iront meme pas a mopti en forte raison au grand nord .depuis q j ai vu un bakari marigo comme porte parole de ces racailles j ai su q c pays partait droit au mir durant toute sa vie ici en france il n etait qu un pauvre agent de securite qui vivait au smic et au aide de l etat francais .parcequ il a 5 enfant et il logeait dans un hlm vers creil .vous savez pouquoi on fait au tant d efant en france c est pour avoir beaucoups d aide d l etat donc il est dja habitue au vol ,et il est allé au royaume des voleur mali .il li les commentaire s il y a un mensonge dans c q j ai dit ,qu il ecrit l contraire ,là j serai oblige d vous donnez l adresse d son ex maison car il a demenager au mali avec sa famille il y a 4 mois et le nom de lma boite dans la quelle, il tafait .cmd on est avec vous de tout nos coeur

  4. tienimango

    le poltron bavard de kati tu es la par la seule volonte des aemes si non tu es vomis par tout les maliens sale meq………………

  5. blanche neige

    Sanogo c’est pas le capitaine Fracasse , c’est un ivrogne francassé :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

    • celui qui se tape blanche merde et sa coco 100 armes

      toi ta mère est une ivrogne fracassée, sans doute elle a été baisée par la generale de gole ta gueule, la petite fiote qui a fuit à londre alros que les maliens se battaient pour libérer son pi..

      :mrgreen: :lol: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :twisted: :lol: :mrgreen:

  6. robert koné

    Laissez ce poltron de capitaine là bientôt sa fin.

  7. fakolyhakika1

    « Toutes les doctrines, toutes les écoles, toutes les révoltes, n’ont qu’un temps. »
    de Charles de Gaulle

  8. james10

    Le Capitaine fracasse se fracassera très bientôt, avec ses complices Dion et Djan!

  9. Le peuple maliens vous demande d’aller LIBERER le nord , c’est tout .Retrancher votre guelle de la politique , c’est assez maintenant .

  10. Kassin

    Les cadeaux et le chaos

    Frappé par une crise violente et multiforme, le Mali peine depuis 9 mois à trouver une solution pour sortir la tête de l’eau.

    Le nord est occupé et la gouvernance du pays est erratique, instable, douteuse et inefficace.

    Le pays est suspendu aux désidératas de la communauté internationale, de ses voisins encombrants ou inquiets, des hors la loi qui ont élu domicile au nord et des querelles de chiffonniers qui rendent sa gouvernance chaotique.

    Pour vous situer dans l’échelle de l’avancement dans la résolution de cette crise malienne , imaginez un vaste chantier d’un bâtiment à dix étages, après neuf mois de travaux nous, sommes toujours au niveau des travaux de fondation.

    Pourquoi un tel enlisement, pourquoi tant de retard, pourquoi tant d’hésitations, pourquoi tant de questionnements pour délivrer une population prise au piège de l’obscurantisme au nord et de l’irresponsabilité au sud?

    Qui est le facteur de déblocage?

    Qui bloque quoi pour que le Mali ne recouvre pas sa souveraineté et son intégrité territoriale?

    La mobilisation de la communauté internationale est telle contre productive pour le Mali ou c’est le Mali lui même qui porte en lui le germe de son autodestruction programmée?

    Pour répondre à ces questions à apparence simples mais qui peuvent s’avérer compliquées à répondre, nous devrons poser les postulats de base des relations internationales, des relations humaines, pour identifier les mécanismes qui sous-tendent le fonctionnement d’un état africain comme le Mali, la mentalité de ses habitants, la qualité de sa gouvernance et sa coopération avec le reste du monde.

    La compréhension de ces phénomènes nous permettra de comprendre pourquoi le pays est vulnérable face aux chocs externes et internes et pourquoi il peine à se défaire de cette crise.

    Rassurez vous mes amis j’essaierai d’être bref sinon un développement normal de ces sujets pourrait remplir des volumes et dépasserait largement le cadre d’un article de presse.

    Les relations internationales sont régies par un jeu complexe d’intérêts qui s’apparente au Poker.

    Dans leurs relations les nations agissent par intérêt plutôt que par amitié.

    Mais il y a plusieurs sortes d’intérêt (financier, stratégique, culturel, moraux…)

    Cela dit la communauté internationale agit par intérêt mais celui ci n’est pas forcément financier et il faut analyser cas par cas pour identifier la nature des intérêts en jeu dans chaque agissement à telle ou telle partie du globe.

    Les relations humaines se fondent aussi sur des jeux d’intérêt mais puisent leurs caractéristiques essentielles dans le rapport de forces.

    L’homme depuis la nuit des temps a tendance à s’imposer sur plus faible que lui pour exister ou pour mieux exister.

    Ça ne date pas d’aujourd’hui et ce n’est pas prêt de terminer maintenant.

    Au Mali les mentalités, les pratiques et les comportements dans la société ont contribué durant les 40 dernières années à produire plus de gens faibles que de gens forts (absence de scolarisation, pauvreté, chômage massif, condition de travail rudimentaires et très peu génératrices de revenus, santé précaire, espoirs brisés…)

    Nous vivons dans une société qui ne permet pas très bien la mobilité sociale (le fils de pauvre a 80% de chance de rester pauvre alors que le fils de « riche » a 80% de chance de rester « riche »).

    [excusez moi les guillemets car pour moi il n'y a pas de riche au Mali, conviction personnelle qui n'engage que moi].

    Dans ces conditions, le facteur clé du succès pour un individu au Mali actuellement, c’est de s’approprier illégalement les biens publics au détriment de la morale, de la dignité, de la probité et des toutes les valeurs connues dans la société.

    Et bien entendu tout le monde ne peut pas accéder aux biens publics dans un pays pauvre avec une forte croissance d’une population majoritairement jeune.

    Donc forcément un océan de désolation se dresse devant les autorités du pays et les urgences sociales sont multipliées par cent par rapport à la normale.

    Dans cette situation il n’y a pas, malheureusement, une gouvernance efficace, juste et responsable pour répondre au aspirations des peuples.
    Trop de bruits circulent, Moussa, Alpha, ATT, Dioncounda…

    Mais, la réalité est que le Mali jamais eu une gouvernance responsable mis à part le régime de Modibo Keita qui savait ce qu’il faisait, tous les autres naviguent ou ont navigué à vue si jamais ils ne dormaient pas dans le bateau.

    Dans cette gouvernance du sommeil profond et insouciant, les actifs et le patrimoine du pays n’ont jamais été sauvegardés contre les chocs externes et internes au pays, les forces néfastes et les mauvaises pratiques.

    La coopération avec les pays voisins et même la coopération tout court, a été inscrite dans un registre d’état faible qui cherche de manière permanente et systématique des faveurs et de l’assistance sans jamais mettre en avant les indispensables intérêts du Mali.

    On se pose même la question, a t-on jamais cherché à identifier et à atteindre nos intérêts?

    Donc les vraies solutions aux crises du nord ont été occultées, ignorées dans une aimable négligence par une politique permanente de fuite en avant et de cadeaux gratuits aux chefs rebelles sans jamais prendre en compte les conditions et les préoccupations des populations vivant dans l’extrême pauvreté.
    Iyad Ag Ghali, Bilal Ag Chérif et tous leurs semblables sont depuis trop longtemps dans une recherche éhontée et facilitée de leur gain et gloire personnel et clanique plutôt qu’une quelconque solution aux multiples problèmes quotidiens des populations, touareg, arabes, sonraï, peuls, Belah qui désolent dans le nord du Mali.

    La technique de la fuite en avant soulage à court terme ces Al Capone et ces Dalton du désert malien (par des négociations et accords bidons), mais elle ne résout jamais une crise profonde de la morale qui s’est versée sur la société malienne comme l’encre d’un écolier brouillon se verse sur son cahier.

    Et on a beau être un athlète aguerri des marathons, à un moment donné il faut s’arrêter de courir sinon le cœur lâche car il est conçu comme cela.

    Mais au Mali, croyez moi nos athlètes de la gouvernance chaotique ne s’arrêtent jamais, d’ailleurs être nommé ministre est perçu d’abord comme un bonheur et un accomplissement personnel, une jouissance familiale qui marque l’avènement d’un clan, donc un cadeau inespéré pour prendre sa revanche sur la société et non pas comme une charge de travail engageant une nation ou une lourde responsabilité devant l’histoire et le peuple.

    C’est pour cela qu’il y a tant de batailles et de déchirements pour rentrer dans un gouvernement, et tant de tractations pour ne pas y être éjecté.

    Et l’Ortm est très fière de montrer le luxe clinquant et insolent de la salle de réunion du conseil des ministres à Koulouba, plutôt que de montrer la détresse des enfants maliens dans les camps des réfugiés maliens en Mauritanie, au Niger, au Burkina, en Algérie et au Mali.

    « Passion du service public » oblige!

    La soldatesque de la garnison de Kati a bien compris la même attirance inutile pour le luxe en s’occupant d’abord au « siège » du Cnrdre à Kati plutôt que de songer à doter Diabali et Sevaré en orgues de Staline.

    Il y a un décalage révoltant entre ce que font les dirigeants du pays et les conditions réelles des populations qu’ils prétendent défendre.

    Alors que les défis sont déjà énormes par rapport aux capacités de l’état (finance et ressources humaines), il faut soit réduire de manière drastique le train de vie de l’état soit tendre la main à la communauté internationale.

    Celle-ci a des intérêts moraux surtout en matière de droits de l’homme, de bonne gouvernance et de démocratie, toute chose égale par ailleurs.

    Le jour où le maliens comprendront cela, la soldatesque de Kati, s’écartera du pouvoir, les élections seront organisées, le pays recouvrera son intégrité territoriale, les cadeaux aux bandits du nord et aux ministres insouciants prendront fin en même temps que le chaos que vous connaissez dans le pays.