Mali: l’ONU demande le retour du gouvernement lĂ©gitime et la fin des combats

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Une femme arrive de Tombouctou, le 4 avril 2012, après avoir quitté il y a deux jours Bamako © AFP

Les 15 pays membres du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies ont demandĂ© mercredi aux militaires putschistes de rĂ©tablir sans tarder le gouvernement lĂ©gitime du Mali et aux rebelles touaregs du Nord de dĂ©poser “immĂ©diatement” les armes et d’entamer des nĂ©gociations.

Dans une dĂ©claration proposĂ©e par la France et qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e par consensus, le Conseil exprime son soutien aux efforts de la CĂ©dĂ©ao (CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’ouest) pour obtenir “le retour effectif Ă  l’ordre constitutionnel” Ă  Bamako. La CĂ©dĂ©ao a dĂ©crĂ©tĂ© un embargo contre les putschistes et les menace d’intervenir militairement.

Les pays du Conseil “s’inquiètent de la prĂ©sence dans la rĂ©gion” d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi), qui pourrait selon eux “dĂ©stabiliser encore davantage” la situation.

Ils “condamnent fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire” commis par les rebelles dans le Nord et “exigent une cessation immĂ©diate des hostilitĂ©s”. Ils invitent les rebelles “Ă  cesser immĂ©diatement toute violence” et demandent Ă  “toutes les parties au Mali de rechercher une solution pacifique par un dialogue politique appopriĂ©”, dans le respect de la sĂ©curitĂ© des civils et des droits de l’homme.

Les islamistes armĂ©s semblent l’emporter sur les rebelles touareg dans le Nord du Mali, notamment Ă  Tombouctou, oĂą trois des principaux chefs d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (AQMI) ont Ă©tĂ© signalĂ©s.

Le Conseil rĂ©affirme sa condamnation du coup d’Etat et son “appel Ă  rĂ©tablir immĂ©diatement l’ordre constitutionnel et le gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu” du prĂ©sident Amadou Toumani TourĂ©, comme il l’avait dĂ©jĂ  fait Ă  deux reprises, les 22 et 26 mars.

Les 15 pays demandent une nouvelle fois “aux mutins d’assurer la sĂ©curitĂ© de tous les responsables maliens et de relâcher immĂ©diatement ceux qui sont dĂ©tenus”.

Rappelant que les mutins avaient promis d’abandonner le pouvoir au 1er avril, le Conseil “attend (d’eux) qu’ils prennent des mesures immĂ©diates pour appliquer effectivement cet engagement”.

Le Conseil se dit par ailleurs prĂ©occupĂ© par “la dĂ©gradation rapide de la situation humanitaire au Sahel”. Il “demande Ă  toutes les parties au Mali d’autoriser un accès rapide, sĂ»r et sans entraves” des secours Ă  la population et Ă  la communautĂ© internationale de se mobiliser davantage Ă  ce sujet.

L’ONU fait aussi part de sa prĂ©occupation face aux risques que font peser les combats pour le site de Tombouctou (Nord-Ouest du Mali), inscrit au patrimoine de l’humanitĂ©.

Dans un compte-rendu devant le Conseil mardi, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de l’ONU aux affaires politiques, Lynn Pascoe, avait mis l’accent sur l’aggravation rapide de la crise, les rebelles ayant pris les principales villes du Nord sans rencontrer de vĂ©ritable rĂ©sistance, et sur la crise humanitaire.

Plus de 200.000 personnes ont fui depuis janvier leur domicile au Mali et cherché refuge ailleurs dans le pays ou les pays voisins, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

L’Union europĂ©enne a appelĂ© mercredi Ă  un “cessez-le-feu immĂ©diat” dans le Nord mais n’envisage pas d’emboĂ®ter le pas aux Etats-Unis en prenant des mesures ciblĂ©es contre la junte.

La CĂ©dĂ©ao a annoncĂ© un “embargo total” Ă  l’encontre de la junte. Elle a mis en alerte quelque 2.000 hommes et doit dĂ©cider jeudi des modalitĂ©s d’activation de cette force.

L’ambassadeur malien Oumar Daou a demandĂ© au Conseil “d’aider le Mali Ă  trouver une porte de sortie”. Evoquant “un des moments les plus noirs de l’histoire” de son pays, autrefois “citĂ© en exemple”, il a critiquĂ© l’embargo. “La CĂ©dĂ©ao et l’Union africaine ne doivent pas aggraver la situation que nous vivons mais au contraire nous aider”, a-t-il dit.

Dans un communiquĂ©, l’ONG Oxfam a estimĂ© que “certaines des sanctions imposĂ©es par les pays voisins (du Mali) et soutenues par le Conseil de sĂ©curitĂ© pourraient aggraver encore une situation très dĂ©licate”.

 

AFP  Publié le 04/04/2012 à 20:53

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3 COMMENTAIRES

  1. La chose a plus importante est que l’ONU condamne les prises de territoire par les rebelles et Acqmi aussi. Oxfam trouve l’embargo de la CEDEAO inacceptable, biensur il normal de condamner tout coup d’Etat, mais l’essentiel ou plutot la prioritee etant l’integrite territorialle, les Maliens doivent esperer,s’unir d’avantage pour aider les populations du nord qui eux subissent une guerre depuis janvier 2012.Le temps est au courage, a la reflection de l’avenir du Mali, au Patriotisme sans faille,toute epreuve doit mener a une analyse certaine des erreurs a ne plus commettre pour la paix.

  2. Tiens tiens tiens, on parle de cesser le feu et de retour Ă  l’ordre constitutionnel et mĂŞme du retour de leur grand ATT, mais on ne parle pas d’integrite du territoire.
    Ca se prĂ©cise…

  3. la cedeao ,ua ue l,onu , tu es seul, sanogo comme laurent gabo contre le monde entier l,avenire du Grand mali en jeux ,mon frere quitte avant qu,il ne t,envois loin du soleil africain

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