Mali : un expert de l’ONU appelle les parties à tout faire pour conclure une paix durable

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Mali : un expert de l’ONU appelle les parties à tout faire pour conclure une paix durable
Un Casque bleu du Niger à Gao, au Mali. Photo MINUSMA/Marco Dormino

10 mars 2015 – Au terme de sa quatrième visite au Mali du 1er au 10 mars, l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, Suliman Baldo, a exprimé de vives préoccupations face aux violations massives des droits les plus fondamentaux dont continuent à être victimes les populations dans les zones affectées par la guerre.

Faisant allusion à la fragilité de l’accord de cessation d’hostilité signé à Alger le 19 février, M. Baldo a déclaré que « les tensions créées par la situation actuelle de ni guerre ni paix encourageaient ceux qui ne s’intéressent pas à la paix à saboter les efforts en cours ».

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les attaques terroristes récentes qui ont causé cinq morts civiles à Bamako, et les tirs contre le camp de la Missiond es Nations Unies au Mali (MINUSMA) à Kidal et dont le bilan est de deux enfants et un militaire de la MINUSMA tués et plusieurs militaires onusiens blessés. « Ces attaques contre des civils et des installations de la MINUSMA sont condamnables et les auteurs doivent être identifiés et traduits devant la justice », a affirmé Baldo.

Les parties engagées dans le conflit au nord du Mali continuent à régulièrement violer les accords de cessation d’hostilité signés à Kidal et à Alger afin de renforcer et étendre leurs zones de contrôle, et pour renforcer leurs positions dans le processus de paix d’Alger, a déclaré l’expert.

« Les groupes armés extrémistes ou terroristes, qui ne sont pas signataires de ces accords, ont un intérêt évident à saboter tout processus pouvant aboutir au retour de la paix et de la stabilité au Mali », a-t-il ajouté. « Étant donné la complexité de ce conflit dont les multiples dimensions dépassent les frontières de Mali, les acteurs nationaux, à savoir, le Gouvernement malien, des Mouvements de la Plateforme et de la Coordination devront faire preuve de bonne foi et de confiance en ce moment crucial et œuvrer ensemble pour conclure la paix durable tant attendue par les populations du Mali ».

L’Expert indépendant a de nouveau insisté sur la nécessité de placer les victimes au centre de ce processus de paix et de réconciliation et de faciliter la participation des femmes dans ce processus. « La situation sécuritaire précaire qui prévaut au Nord du Mali a un impact très négatif sur la jouissance et la protection de tous les droits humains, notamment les droits civils, politiques, sociaux, culturels et économiques », a-t-il dit.

Selon lui, « toutes les parties prenant part au conflit ont commis de sérieuses violations, y compris des atteintes au droit à la vie, des disparitions forcées, des cas de torture, de violences sexuelles, d’arrestations et de détentions arbitraires, et des atteintes au droit à la propriété. Ces derniers mois, des communautés entières ont été forcées de se déplacer afin de se protéger de châtiments collectifs imminents ».

Le retrait des autorités maliennes civiles de régions entières du Nord à la suite des événements de mai 2014 a laissé à la population un sens d’abandon quasi total. L’Expert indépendant s’est dit profondément préoccupé par le fait que la situation dans le nord du Mali s’était considérablement détériorée depuis sa dernière visite.

« En l’absence de magistrats et d’autres agents de la chaîne pénale, un climat d’impunité s’installe dans le Nord. Deux juges du Tribunal de la Commune trois de Bamako et un juge de Pôle anti-terroriste sont actuellement en charge des enquêtes sur les violations de droits de l’homme et du droit humanitaire international perpétrées depuis le début de la crise en 2012 », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le risque pour les acteurs humanitaires œuvrant dans les régions du nord est très élevé à cause de fréquentes attaques armées et des actes de banditisme dirigés contre eux. Ces attaques, et l’usage fréquent de mines et d’engins explosifs improvisés par des groupes terroristes sur les axes routiers, continuent d’aggraver la crise humanitaire et d’entraver les mouvements des civils.

L’expert a conclu sa visite, au cours de laquelle il s’est rendu dans le nord du pays, notamment à Kidal et à Gao, par un appel à la communauté internationale afin qu’elle redouble ses efforts pour aider le Mali à sortir de cette situation et renforce la coopération technique pour le développement du pays.

Mission des Nations Unies au Mali – MINUSMA

 

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