Opération de désarmement des policiers qui s’affrontaient au GMS : Un soldat tué, un policier blessé, seize autres arrêtés, des armes et munitions saisies

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Au cours des affrontements qui ont opposé deux factions de la police dans la cour du GMS du jeudi 4 avril, le premier ministre,  Django Cissoko, a instruit au ministre de la défense et des anciens combattants et à son homologue de la sécurité intérieure et de la protection civile de prendre toutes les dispositions pour rétablir l’ordre.  C’est ainsi que le samedi 6 avril, un détachement des forces armées et de sécurité, a débarqué aux environs de trois heures du matin au GMS. Objectif : désarmer les policiers.

Un BRDM stationné dans la cour du GMS
Un BRDM stationné dans la cour du GMS

Au cours de cette opération de désarmement, certains policiers ont refusé de déposer les armes affichant une résistance aux forces armées. C’est dans cette confusion, qu’un policier allait se cacher derrière une porte et tirer à bout portant un coup de feu sur un soldat qui rendit l’âme. Il s’en est suivi une fusillade où un soldat a été tué et un policier blessé. Au cours de l’opération, seize policiers ont été arrêtés les armes à la main, des armes et munitions saisies. Le gouvernement a ouvert une enquête pour situer les responsabilités.

L’opération de désarmement a commencé tôt le samedi 6 avril aux environs de trois  heures au GMS. Une force mixte, composée de gendarmes et de militaires, a pénétré  au Groupement mobile de sécurité (GMS), contrôlé par des policiers armés qui seraient des partisans de l’ex-junte. L’objectif de cette équipe était de désarmer les policiers retranchés dans ce camp.  Pendant que les unités mixtes procédaient au désarmement et aux interpellations, certains policiers ont essayé de fuir.

     Il a fallu près de deux heures de temps à la force mixte pour maîtriser les policiers récalcitrants. Au moment où tout semblait terminer, sans que le moindre coup de feu n’ait été tiré, qu’une balle tirée à travers une porte allait atteindre mortellement un jeune soldat. Après rapide enquête, il s’est révélé que l’auteur du tir qui a tué le jeune soldat n’est autre qu’un élève -commissaire faisant partie des bénéficiaires des nominations spéciales de septembre 2012. Après s’être caché à son domicile, il sera arrêté par les forces de l’ordre. Le bilan communiqué par le gouvernement fait état d’un militaire tué, un policier blessé, 16 autres policiers interpellés, des armes et des munitions saisies.

Parmi les interpellés figurent les responsables de la Section syndicale de la police nationale (SPN), notamment Yaya Niambélé, Drissa Samaké dit Roger et Sirima Fané. Les policiers interpellés ont tous été confiés à la gendarmerie nationale pour situer les responsabilités. A notre passage, hier, au GMS, la situation était sous contrôle au GMS où sont visibles, à l’intérieur et tout autour, des militaires, des gendarmes et un Brdm positionné dans la cour.

Les faits qui ont conduit à cette opération

Il faut rappeler que les fonctionnaires de la police ne parlent plus le même langage depuis le 26 septembre 2012. Date à laquelle un décret présidentiel et un arrêté ministériel ont attribué des promotions à titre exceptionnel aux éléments de la police qui ont participé aux événements du 22 mars et du 30 avril au 1er  mai 2012. Le retrait de cet arrêté et du décret a été demandé par le syndicat des commissaires. Mais avant cela, il y avait eu des affrontements avec coups de feu au GMS entre les bénéficiaires et les mécontents le 26 septembre 2012. Cette situation a conduit les plus hautes autorités  à annuler les différentes décisions jugées inopportunes par le SYNACOMPOL.

Une annulation qui sera mal perçue par les éléments pro-juntes de la police nationale. Courant novembre 2012, ils vont séquestrer six commissaires de police au Groupement mobile de sécurité accusés par leurs ravisseurs d’être à l’origine du retrait de la promotion exceptionnelle.

Cette promotion avortée est à l’origine de la division au sein du SPN. Les militants de ce syndicat  reprochent à leurs responsables syndicaux de privilégier leurs intérêts particuliers au détriment de ceux de la majorité. Conséquence : certains jeunes policiers  vont rentrer dans la dissidence en mettant en place un mouvement dénommé  ” Mouvement du renouveau du SPN “. C’est ce mouvement qui s’est réuni au GMS le jeudi 4 avril en début de soirée pour faire l’état de la mise en place des commissions au niveau des commissariats du District et des régions. Au cours de cette rencontre, des incidents ont éclaté dans le camp faisant  quatre blessés légers.

La marche de protestation des  jeunes du quartier

Ces incidents qui ont été émaillés de tirs ont révolté les jeunes de N’Tomikorobougou où sont situés le GMS et l’Ecole nationale de police. C’est ainsi qu’au cours d’une marche spontanée dans la nuit du 4 avril, les jeunes ont levé et incendié les barrages installés par les policiers et libérer les routes qui avaient été bloquées.

Le lendemain, ils ont encore exprimé leur mécontentement à travers une marche de protestation «contre les tirs des policiers» devant le GMS et l’Ecole nationale de police. Après ces deux manifestations dont nous avons été des témoins oculaires, certains responsables de la marche nous ont confié avoir finalement eu gain de cause. C’est-à-dire que leur message est passé auprès de la hiérarchie qui, jusque-là, semblait dépassée par ce comportement de la troupe. Avant cet assaut des forces armées, aucune autorité ne pouvait s’aventurer au GMS qui était devenu comme un Etat dans l’Etat. C’est dire que la récréation est terminée. Nous osons croire.

  Mamadou Fofana  et  Moussa Sidibé

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1 commentaire

  1. Que l’âme de Sada SY repose en paix. Koulouchi tigui ka siya nka tièw man siya dè (nombreux sont les porteurs de pantalons mais rares sont les hommes qui en sont dignes). Peut -on se demander pourquoi un arsenal autant fourni à la Police après sa démilitarisation? C’est quand on ne connait pas l’arme qu’on y observe peu de mesures de sécurité. L’usage est tellement strictement balisé que les professionnels savent que les policiers qui ont la gâchette facile ne sont que de farfelu. Il faut que je vous le dise: lorsque les policiers et les gendarmes se mettent en tête qu’ils ont auteurs de coup d’état, c’est que la république et la nation sont en péril. Un policier ou un gendarme qui ne le sait pas n’a pas sa place dans la république CAR CE SONT EUX LES GARANTS DES INSTITUTIONS. Depuis qu’on a supprimé l’appellation de “gardien de paix” certains policiers se soucient peu de la tranquillité publique. Finalement je dirai que FLIC = Fédération Locale des Imbéciles Casqués.

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