Situation politique et sécuritaire : Un nouvel accord de défense avec la France ce mois-ci

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Situation politique et sécuritaireSoumeylou Boubèye Maïga a fait cette annonce en explicitant les enjeux sécuritaires, militaires et politiques de la situation dans le septentrion de notre pays.

 

Pour remplir une de ses missions fondamentales qui est de contribuer au progrès des communautés en instaurant une paix durable et définitive, l’organisation locale « Bamako Elite » de la Jeune chambre internationale Mali, en partenariat avec le Collectif Français solidaires, a organisé samedi à l’hôtel Radisson, une rencontre d’information avec le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, sur « la situation au nord du Mali », « le rôle de l’Algérie dans la crise malienne » et « les accords de défense avec la France ».

 

Après l’exécution de l’Hymne national et la déclaration de principe de la JCI rappelé par le président national de la JCI Mali, Didi Kouakou Diallo, le ministre est entré dans le vif du sujet. Selon Soumeylou Boubèye Maïga, « même si les groupes terroristes ont été vaincus ou désorganisés et que le pays a été libéré de leur emprise de l’époque, leurs héritages restent assez présents dans ces régions. Et des défis restent à relever sur un certain nombre de facteurs sur lesquels ils avaient prospéré. Il s’agit notamment des questions de développement, des questions de cohésion sociale et de citoyenneté ».

 

Le nord du Mali, précise le ministre Maïga, est au cœur d’une zone qui va de la Mauritanie jusqu’aux confins de la Libye, une zone d’instabilité, de trafics de toutes sortes qui nourrissent différents combats. C’est pourquoi quand un conflit identitaire éclate dans la sous-région, nous ne sommes pas épargnés d’une manière ou d’une autre.

 

Sur le terrain, nous avons un défi militaire à relever, a jugé Soumeylou Boubèye Maïga. « Aujourd’hui nous avons nos troupes sur les théâtres Nara-Diabaly-Sévaré-Tessalit (plus de 900.000 kilomètres carrés) et il faut au moins 100.000 litres d’eau par jour pour ravitailler les hommes dans une région dépourvue d’infrastructures. Nous sommes partout : Aguel’hoc, Anefis, Tessalit Kidal », a détaillé le ministre avant de souligner que l’armée, en plus de sa mission sécuritaire, est obligée d’assurer la continuité de l’Etat en faisant fonctionner l’école, en distribuant de l’électricité à Bourem, en assurant les soins de santé à Aguel’hoc.

 

Dans le cas particulier de Kidal, le ministre de la Défense assure que des patrouilles de jour comme de nuit, sont effectuées autour et à l’intérieur de la ville Kidal avec la gendarmerie, la garde et la police.

 

Pour ce qui est du défi politique qui, lui semble le plus important, Soumeylou Boubèye Maïga préconisera : il faut « reconstruire les régions du nord dans le cadre d’une reconstruction générale du pays en terme de citoyenneté avec tous les acteurs pour que nous ayons conscience d’être dans un destin commun. Il faut revoir le partage de l’exercice du pouvoir au sein des communautés, entre les citoyens et l’Etat et la puissance publique, reconstruire et renforcer la citoyenneté des uns et des autres ».

 

 

MÊME TERROIR, MÊMES POPULATIONS. Commentant le rôle de l’Algérie, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants a noté que depuis 2012, de l’occupation de ces régions à nos jours, la région de Kidal vit entièrement et exclusivement sur ses relations avec l’Algérie. Ces régions, a-t-il précisé, sont liées par la géographie, l’Adrar et le Hoggar qui sont le même terroir avec les mêmes populations.

 

«Dans le cadre des questions de stabilité et de sécurité indivisible, nous sommes obligés de concevoir une sécurité en relation avec nos voisins, a souligné le ministre de la Défense pour qui, « dans un environnement où le fait que vous avez les mêmes communautés de part et d’autre des frontières, aucun Etat de la région ne peut concéder des évolutions institutionnelles à des communautés transnationales sans être en harmonie avec le voisin ».

 

Soumeylou Boubèye Maïga a aussi fait état des accords de défense avec la France en expliquant que cet accord militaire de coopération en matière de défense prendra en compte la formation et l’équipement  de nos forcés armées. Cet accord sera signé d’ici la fin du mois de mai, a-t-il annoncé en précisant qu’il remplacera un ancien accord de coopération existant entre les deux pays depuis 1985. Le ministre Maïga a confirmé que notre pays est lancé dans un processus de reconstruire nos forces armées dans une perspective de sécurité régionale. Et pour atteindre cet objectif, nous avons décidé d’entrer dans un ensemble de relations bilatérales avec un certains nombres d’acteurs extrarégionaux qui ont intérêt évidemment à la sécurité dans notre pays.

 

« Nous allons renouveler notre accord avec la Mauritanie, l’Algérie, le Niger et  conclure probablement un accord de coopération avec le Tchad pour avoir, au moins un cadre juridique et politique qui nous permettrait à continuer d’agir ensemble dans la perspective du retrait de la MINUSMA », a indiqué le ministre Maïga.

 

 

L’acquisition par notre pays d’un avion de défense, le budget de la défense, la dépolitisation des questions du Nord, la sécurité publique et privée ont été entre autres point abordés lors d’une conférence dont le modérateur était Abdoul Kassim Fomba, le vice-président national assigné à la zone 2 du Mali.

 

Le président du Collectif Français solidaires, Darwiche Micheal, a parlé de son regroupement crée en 2012 par Jean Louis Arajol avec pour objectifs de renforcer les liens de fraternité entre Français à l’extérieur de la France, défendre leur intérêts et livrer une réflexion sur les sujets qui préoccupent les ressortissants nationaux français à l’étranger.

S. TANGARA

 

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