11ème édition de la Biennale artistique de Dakar : L’exposition malienne forte en émotion

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 biennale-dakarC’est la villa Ovata au quartier Mermoz qui a servi de cadre à l’exposition des œuvres maliennes, une initiative de la galerie médiathèque Medina de Bamako. Les œuvres d’artistes maliens, sur la photographie des ” manuscrits de Tombouctou “, ” Mali moto ” et ” Ziiri “, se sont distinguées dans leur aspect technique et esthétique, ce qui a suscité un vif intérêt et une forte émotion, lors du vernissage, lundi 12 mai dernier.

Exposés sur le mur de la villa Ovata à Mermoz, on peut voir clairement huit tirages numériques de 40 x 50 centimètres des belles images des manuscrits de Tombouctou de Seydou Camara, ainsi que ” Mali Moto ” de Soungalo Mallet et  trois affiches, cinq photographies numériques 30 X 45  des photos ”  Ziiri ” de Fatoumata Diabaté.

Selon le commissaire de l’exposition Lassana Igo Diarra, les manuscrits de Tombouctou qui se sont déportés au Sénégal sont un héritage culturel riche et varié du Mali. Il veut à travers cette exposition, alerter le plus grand nombre de personne sur la nécessité de préserver ces manuscrits, dont une partie a disparu lors de l’invasion du nord du pays par des groupes islamistes armés. “Ce genre de projet nous permet de promouvoir ces anciens manuscrits, parce qu’on ne peut pas les laisser enterrés dans des coffres comme ça. Il faut les déterrer, que le public puisse y avoir accès“.

Le photographe Seydou Camara explique que ces manuscrits sont transmis d’une génération à l’autre au sein des familles de Tombouctou. Malheureusement la conservation ne se fait pas toujours dans de bonnes conditions s’indigne le photographe. Selon lui, on compte plus de 150 000 de ces manuscrits anciens au Mali. Parlant de “Mali Moto“, Igo Diarra estime que la “moto “, est intimement liée à la vie des maliens. Au-delà de cela,  il propose que “cette exposition mette au cœur du débat  la réflexion sur la création d’une moto made in Mali “.

Le photographe Soungalo Mallet qui a fait un travail énorme, fait une lecture d’approche à travers  des photographies de motos qui ne sont plus usinées, mais qui ont fait le bonheur des Maliens. De nos jours ces motos servent aussi de souvenir aux femmes qui ont perdu leur époux. Des femmes d’un certains âge  détentrices de ces engins, qui malgré leur non usage, les gardent affectueusement en souvenir de leurs époux. En tout cas dans toutes les photographies exposées, cette approche du photographe Soungalo Mallet, ne laissera aucun visiteur indifférent.

La troisième exposition, “Ziiri” de Fatoumata Diabaté, attire à longueur de journée les visiteurs. Les photos de cette photographe de renommée internationale, montrent des images hors du commun. On voit des photos des personnages étranges et ambigus, mi-hommes, mi-animaux, proches des génies, qu’elle suppose être des héros des contes africains.

Selon elle en Afrique noire, toute fable, voire tout conte est l’expression imagée d’une vérité morale, à la fois connaissance du monde et leçon de vie sociale. “J’ai toujours été fascinée par la valeur sociale du conte qui, depuis la nuit des temps, est un puissant vecteur de transmission du savoir des anciens aux enfants “.

En tout cas on peut dire sans se tromper que la diversité culturelle malienne est valablement représentée à la biennale des arts contemporains de Dakar.

 

Clarisse NJIKAM* Envoyée spéciale

à Dakar

 

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