11ème édition du festival sur le Niger : “Le manteau du cinquantenaire” de l’Association To Bôdji au programme

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Kary B Coulibaly
Kary B Coulibaly

Une pièce qui fait le procès sans complaisance des dirigeants et des Etats africains, 50 ans après leur accession à l’indépendance.

C’est avec un regard attentif que le président de l’Association culturelle To Bödji, Kary Coulibaly, suit de très près les derniers réglages de cette répétition au Carrefour des jeunes de Bamako.

“Le manteau du cinquantenaire” est une pièce de théâtre créée lors de la célébration des festivités du Cinquantenaire du Mali par un professeur de lycée du nom de Sirafly Diango. Pour cette énième édition du festival sur le Niger, l’œuvre sera présentée en français par plusieurs  comédiens professionnels de l’Association To Bôdji. Il s’agit  de  Fily Troaré, ancien administrateur de l’Association culturelle Act-Sept, Ambaka Guindo, Salif Berthé, Abdoulaye Mangané et Aminata Diarrassouba.

Cette pièce décrit les festivités du Cinquantenaire dans un royaume  qui tourne au drame. Car le roi, imbu de sa personne, préoccupé par le folklore (ses vêtements occidentaux) gère son royaume tout en reléguant à l’arrière plan les préoccupations  de son peuple. C’est dans ce contexte que le royaume fête les cinquante ans de son indépendance.

Pour la circonstance, le roi organise une cérémonie grandiose, troque son habit traditionnel contre un costume commandé en Occident. Excité par l’événement, il se met à chanter et danser  jusqu’à   se blesser à la suite d’une chute.

C’est en ce moment que ses valets  font appel à un prédicateur qui recommande au souverain de porter l’habitat d’un homme heureux du royaume pour qu’il puisse être rétabli. Malheureusement, aucun des sujets du roi n’était heureux, car le bien-être des populations était le dernier de ses soucis. Il finira donc par succomber.

Ainsi, pour  Kary Coulibaly, cette pièce de théâtre dépeint en substance la réalité des Etats africains qui, 50 ans après les indépendances trainent de graves lacunes dans les domaines de la santé, de l’éducation, du pouvoir d’achat.

“Le seul souci de nos présidents africains, c’est leur seul confort. Cette situation doit changer, il faut que nos chefs d’Etat mettent les préoccupations des populations dans leur centre d’intérêt ” a souligné le président de la Fédération des artistes du Mali.

C’est pourquoi, il a invité à une prise de conscience des  dirigeants mais aussi des populations africaines.

Il a profité aussi de cette tribune pour inviter les autorités à accorder de l’importance qu’elle mérite à la promotion culturelle car, révélera t-il, le budget de la Culture représente 0,7%  du budget national.

Kassoum THERA

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2 COMMENTAIRES

  1. Vivement cette pièce en Europe. En tout cas en France et surtout à Marseille.
    Fils de BOGOBA, bon courage.

  2. BRAVO LES ARTISTES!
    “LE CRACAHT DU SAGE PUE MAIS IL GUERIT DES PIRES MAUX QUAND IL N´EST PAS TROP TARD”.
    HELAS EN AFRIQUE IL A TOUJOURS ETE TROP TARD

    MERCI POUR AVOIR EU LE COURAGE DE DIRE CETTE SAGESSE AFRICAINE SUR LA SCENE
    DANS UN MALI QUI HELAS NE SEMBLE TOUJOURS PAS COMPRENDRE LE DANGER IMMINENT.
    le pire ennemi des l´Afrique est d´abord l´Afrique elle même

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