1ère édition de Bamako fashion week : Un outil pour améliorer l’image de notre pays à l’extérieur

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maria-bocoumJe ne peux que dire Alhamdoulilah pour avoir permis que, jusque là, tout ce passe bien. Cet événement, nous l’avons organisé en l’honneur du Mali. Bamako fashion week, c’est tout simplement la promotion du Mali à travers la mode. Alors le programme s’annonce vraiment alléchant avec le concours de Christ Seydou qui primera le plus jeune créateur.

La nuit du vendredi est dédiée à la mode malienne ” Made in Mali “. Un évènement qui sera suivi d’un défilé de l’émergence et le samedi sera la boucle avec le grand défilé sous la présidence de la première dame.

Je profite de vos colonnes pour remercier les partenaires techniques et financiers qui ont cru en nous et ont accepté de nous accompagner bien que nous soyons à la première édition. Nous osons croire que c’est le début d’un partenariat fécond.

Ce festival, nous l’avons organisé pour l’honneur du Mali et nous espérons que ceux qui n’ont pas cru en nous, nous rejoindrons dès la prochaine édition.

 

Martial Tapolo, styliste d’origine camerounaise, résidant à Paris

” Je découvre un pays de paix, contrairement à la description sombre vulgarisée par les médias occidentaux…

martilalC’est ma première fois d’arriver au Mali et je trouve vraiment que c’est une terre d’accueil comme on nous l’a toujours dit. Je découvre un pays de paix, contrairement à la description sombre vulgarisée par les médias occidentaux. Depuis notre arrivée nous restons entre amis jusqu’à une certaine heure de la nuit, sans être inquiétés de quoi que ce soit. Je trouve magnifique qu’un événement d’une telle envergure ait lieu dans ce pays. Cela donne une visibilité énorme contrairement à ce que nous pouvons croire. Le samedi lors du grand défilé, je présenterai une collection pour inciter nos peuples à la paix, car ce qui se passe aujourd’hui au Cameroun, Nigeria, Tchad et Niger est inacceptable. C’est pourquoi j’inciterai pour la paix dans ce pays de paix. Il faut célébrer la fraternité plutôt que de s’éterniser dans les futilités, des crimes scandaleux qui ne font que nous ramener en arrière. Je finirai par lancer un message à nos autorités de soutenir le secteur de la mode qui est pourvoyeur d’emplois. Nous avons notre coton ici en Afrique qui ne nous profite pas. Les Occidentaux viennent l’exploiter puis le ramènent pour nous le vendre en tenue beaucoup plus cher ! Pourquoi en tant que pays pauvre nous nous positionnons comme consommateur ? Non, nous devons être des producteurs, car nous sommes des pays émergents et parfois pauvres très endettés. Il faut que nos dirigeants développent l’industrie du textile comme en Europe. On peut sortir de chez soi sans manger, mais impossible de sortir sans être habillé.

Mame Faguèye Bâ, styliste et costumière sénégalaise, résidant à Dakar

” J’exhorte les femmes maliennes à rester toujours débout, d’être vigilantes et d’aider ce pays à se relever…

fagueyeC’est un sentiment de satisfaction d’être là sur invitation de braves dames qui ont eu le courage d’organiser un tel évènement en cette période pas facile dans nos pays. Je suis présente à cette première édition pour qu’ensemble nous tissions ce projet qui est un véritable outil de valorisation et de promotion du textile local. Le Mali tout comme d’autres pays d’Afrique en a besoin, car nous devons nous mettre en réflexion avec nos décideurs bien sûr, afin de trouver des voies et moyens pour exploiter nos produits. Nous devons être producteurs de nos produits et non des consommateurs. Pour le grand défilé de samedi, je présenterai une belle collection mixte dans laquelle tout un chacun se retrouvera. Je suis la présidente du collectif ” l’enfant a la parole ” et à travers cette association nous disons par exemple non à l’exploitation des enfants, car c’est inadmissible de voir des enfants travailler dans les ateliers de couture. C’est un cas parmi tant d’autres. J’en profite pour lancer un message aux femmes, de rester toujours debout, d’être vigilantes et d’aider ce pays à se relever, car généralement c’est à travers les femmes que tout se développe.

Adama Paris, fondatrice de Dakar Fashion Week et Black fashion week

adama-Paris“La mode ce n’est pas venir voir les jolies filles se trémousser, mais une industrie qui peut remporter énormément… “

Je suis très honorée d’être parmi les invités de cette première édition de Bamako fashion week. J’arrive dans un pays qui est reconnu pour son accueil et c’est émouvant à chaque fois d’être là et surtout de constater que les gens vaquent à leurs occupations sans aucune crainte contrairement à ce qui se dit par rapport à la crise sécuritaire. Certes, organiser un évènement de cette envergure dans nos pays n’est pas du tout évident, or c’est clair que pour la globalisation et la mondialisation, notre continent passera nécessairement par la culture et par le développement de l’industrie textile. Il faut que nos décideurs sachent que la mode n’est pas un hobbie encore moins un passe-temps ou encore un espace pour venir  voir les jolies filles se trémousser. C’est une industrie qui rapporte énormément d’argent à l’économie d’un pays. C’est aussi un secteur pourvoyeur d’emplois.

Par ailleurs, lors du grand défilé de samedi, je rendrai un hommage à la femme noire à travers une collection immaculée du noir et du blanc, car se sont deux couleurs complémentaires.

reporter

Osi, photographe-Reporter international, basé à Paris

” C’est rare de voir un événement de mode mobiliser autant de professionnels juste à la 1ère édition… “

C’est un réel plaisir pour moi de revenir au Mali, cette fois sur invitation de l’ACCM qui organise Bamako fashion week. Tout se passe bien jusqu’ici et j’attends impatiemment le jour J. Les organisateurs, tout comme les invités sont hyper motivés et c’est un très bon signe.

Tout laisse maintenant à présager que le public aussi répondra présent… C’est impressionnant de savoir qu’un groupe de personnes puisse se mettre ensemble et décider de valoriser leur pays à travers un événement. Je n’ai pas hésité à venir malgré tout ce qui se dit par rapport à la situation sécuritaire. Je suis africain et je n’hésiterai en aucun moment à aller là où le besoin sera exprimé. En tant qu’observateur, je dirai que Bamako fashion week a marché sans avoir rampé, vu l’état d’avancement des préparatifs. Rarement, vous verrez des évènements qui à la première édition mobilisent autant de professionnels du domaine. C’est pourquoi je profite de vos colonnes pour lancer un message aux décideurs et autres partenaires techniques et financiers d’accompagner cet événement qui peut être une vitrine entre le Mali et l’extérieur. La mode est un domaine qui souffre parfois de certains préjugés liés aux futiles. Ce n’est pas vrai de penser ainsi, car il y a énormément de ramifications possibles. C’est un secteur qui contribue à l’identité culturelle d’un pays. Grâce à la mode, on peut véhiculer des messages à travers le monde. Pour moi, la mode est beaucoup plus signifiante que la musique.

Clarisse NJIKAM

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