8ème édition du Festival sur le Niger de Ségou : L’évènement est désormais devenu une institution

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Ce sont les plasticiens et les opérateurs économiques, locaux et internationaux, qui ont inauguré les nombreuses activités qui sont au menu du Festival sur le Niger 2012, juste avant une somptueuse cérémonie officielle d’ouverture nocturne, le 15 février sur les berges du fleuve à Ségou. En huit ans, le Festival est passé du statut de manifestation locale innovante au rang d’institution culturelle, artisanale et artistique de classe mondiale. C’est tout à l’honneur de ses initiateurs.

 

C’est le lancement dela Foireinternationale, le mardi 14 février dans la matinée, qui a servi de point de départ du Festival sur le Niger 2012, en présence de nombreuses personnalités, dont le Secrétaire Général du ministère de l’Artisanat et du Tourisme, Almamy Koureïchi, le Gouverneur dela IVème Région, Boureima Seiba, le Maire dela Communeurbaine de Ségou, Ousmane Karamoko Simaga, le Directeur et Président de la fondation du Festival, Mamou Daffé, et le Parrain historique de l’évènement, le Dr Mamadou Fanta Simaga, ancien Député Maire de Ségou.

Organisée par le Conseil pour la promotion de l’économie locale (CPEL) de Ségou lors du Festival,la Foireinternationale s’est imposée comme la manifestation du lien très concret entre culture, artisanat et économie, en permettant à des opérateurs économiques publics, privés et aussi internationaux, de présenter leurs produits ou domaines d’activités et de vendre leur savoir-faire.

Les Ségoviens sont, bien sûr, bien présents dans les stands, en particulier les femmes, souvent transformatrices de produits locaux, dans l’agro-alimentaire, le cuir ou le textile. Pour le Secrétaire général du CPEL, Mohamadou Habib Coulibaly, le Festival sur le Niger est «un évènement fédérateur, un catalyseur pour la promotion de l’économie locale de Ségou et de sa région». Selon lui,la Foireinternationale a pour qualité principale le fait qu’elle «ouvre des horizons pour dépasser les préjugés».

Almamy Kouréichi, Ségal du ministère de l’Artisanat et du Tourisme, dans son allocution de lancement officiel, après avoir congratulé les forces armées et de sécurité pour le dispositif efficace mis en place et remercié les touristes, venus nombreux à Ségou, malgré des mises en garde pas toujours argumentées, fera un bref retour en arrière, en rappelant «il y a huit ans, beaucoup étaient sceptiques, pourtant, aujourd’hui, le Festival sur le Niger est devenu une institution». Il ajoutera que cette vitrine de Ségou et du Mali est aussi un facteur important de développement local et de promotion de l’emploi, comme en témoigne l’institutionnalisation dela Foire.

Au nombre des invités de marque qui ont répondu à l’invitation du Festival et des élus de Ségou, outre les Amis de Richmond en Virginie (USA) et ceux d’Angoulême, villes jumelées avec Ségou, signalons la présence d’une députée à l’Assemblée Nationale française et de son accompagnatrice.

Tout ce beau monde a participé, dans l’après-midi du 14 février, à l’inauguration des expositions de cette édition 2012. La première étape fut le Centre culturel Korè, à Sébougou, où les officiels, rejoints par Cheick Oumar Sissoko, ancien ministre dela Cultureet fidèle du Festival sur le Niger ont coupé le ruban de l’installation «Costumes et parures de la danse et de la musique du Bélédougou», qui regroupe des éléments significatifs et symboliques du patrimoine culturel et cultuel de cette aire bambara, sous la forme d’objets collectés par le socio-anthropologue du Musée du Centre Korè et de photographies les montrant en situation, lors de cérémonies ou dans la vie courante.

Ce fut ensuite l’étape du site dela Fondationdu Festival, à l’ex CMDT, pour voir Le Mur d’enceinte, décoré par un groupe de jeunes plasticiens de tous horizons, avec la participation active de Ségoviens qui y ont peint leur signature, et les galeries et collectifs d’artistes maliens qui présentent leurs fonds d’œuvre aux éventuels acheteurs amateurs d’art. Enfin, dans la galerie Korè du Quai des Arts, accompagnés de deux œuvres textiles réalisées par Abdoulaye Konaté, les sculpteurs Ki Siriki du Burkina Faso, Ludovic Faidaro du Bénin et Amahiguéré Dolo, du Mali et, surtout de Ségou, offrent aux regards de tous les œuvres qu’ils ont réalisées au terme d’une session de brainstorming commune sur le thème du «Changement». Toujours pour le plaisir des yeux et le souvenir, une série de photos présente quelques amis du festival, qui en compte beaucoup.

Au chapitre musical, le Niaka du Festival, concert regroupant les stars et les jeunes artistes de Ségou a permis aux festivaliers de la première heure de terminer la journée musicalement, comme ils l’avaient commencée avec les Korè Dugaw et la célèbre diva de Kirango, Mamou Thiéro. Le mercredi 15, l’ouverture officielle du Festival 2012 fut aussi de haute volée, grâce au spectacle sur le fleuve dirigé par Kardjigué Laico Traoré «L’entrée triomphale du Roi de Ségou», avec un accompagnement musical signé, excusez du peu, du Super Biton! Ce fut une très belle mise en bouche pour la suite de cette 8ème édition du rendez-vous ségovien devenu désormais incontournable dans l’agenda du mois de février de nombreux «Ségouphiles», si l’on veut bien me permettre ce néologisme!

Ramata Diaouré

Depuis Ségou

 

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