9ème édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) : Un cru 2016 qui restera dans les annales

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Le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a lancé, le samedi 5 mars 2016, la 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain (MASA), sur le thème «Réinventons les arts de la scène». Cette édition confirme, après celle de 2014, et toujours sous la direction du Pr Yacouba Konaté, le retour de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale du spectacle, avec cet évènement de grande ampleur créé il y a presque 20 ans, en 1993, sous l’égide de la Francophonie.

 

«Le MASA a bel et bien repris. Cette édition est un signal fort envoyé au monde. Elle est la marque du repositionnement de notre pays dans le concert des Nations. Elle confirme que la Côte d’Ivoire a renoué avec paix et la stabilité», a déclaré Daniel Kablan Duncan.

Pour rappel, le MASA a été officiellement créé lors de la 2ème Conférence des Ministres de la Culture des pays ayant le français en partage, à Liège, en Belgique, en 1990. L’une des conclusions des travaux préparatoires de cette Conférence était qu’il y avait une crise des arts du spectacle en Afrique.

Elle se manifestait par un coût élevé des déplacements des artistes et de leurs productions et une méconnaissance des réseaux de diffusion du Nord et du Sud. Le MASA s’est donc articulée autour de trois axes : la structuration des organisations professionnelles, la production et la formation aux métiers du spectacle et la promotion et la diffusion des spectacles produits sur notre continent et par sa diaspora.

Parmi les innovations de cette 9ème édition du MASA, outre les lectures de grands textes et les show cases au cours desquels les artistes peuvent présenter une sélection de leurs œuvres à de nombreux diffuseurs, deux grandes expositions photographique et multimédia, «Les mémoires du MASA » du photographe Ananias Dago Léki, au Palais de la Culture de Treichville et, à la Rotonde des arts contemporains de la galerie Nour Al Hayat, à Abidjan – Plateau, «Great Black Music» (Légendes de la musique noire), une immersion musicale, en vidéos et en photos interactive.

Signalons également l’exposition des œuvres des peintres Tamsir Dia et Youssouf Bath, dont le vernissage a eu lieu sous la présidence d’honneur de la Grande Chancelière des Ordres nationaux de Côte d’Ivoire, Mme Henriette Dagri Diabaté.

Le programme des festivités était riche et foisonnant, avec fin janvier, un grandiose concert de lancement avec le saxophoniste Manu Dibango et les prestations de l’invité d’honneur du MASA 2016, le musicien congolais Ray Lema..

Le Directeur général, le Pr Yacouba Konaté, a affirmé à la presse que ce sont 426 artistes, dont 66 Ivoiriens, représentant 67 compagnies, qui étaient attendus à ce festival. Au menu de la sélection, 13 troupes de théâtre, 8 de danse, 9 de contes, 10 d’humour et 27 groupes de musique. Signalons que ce sont 633 dossiers de candidature qui avaient été reçus pour la sélection officielle.

Les activités du MASA se sont déroulées tout au long des différentes journées, avec les prestations artistiques programmées essentiellement en soirée, sauf pour les manifestations dédiées à la jeunesse du mercredi et du samedi.

Le Directeur Général du MASA a également insisté sur l’important dispositif sécuritaire mis en place pour l’occasion. «Nous faisons des réunions régulièrement pour assurer efficacement la sécurité des personnes. Nous sommes dans une période de vigilance maximale et cela va s’intensifier en cas de besoin».

Toujours à en croire le patron du MASA, le budget prévisionnel était de 1,6 milliard de FCFA, majoritairement pris en charge, à plus de 70%, par l’Etat ivoirien et le District d’Abidjan. En outre, de nombreux partenaires soutiennent l’évènement.

Organisé tous les deux ans, et ayant repris effectivement en 2014 après neuf années de latence, le MASA a pour objectif de mettre en valeur toute la richesse des expressions culturelles de l’Afrique, en les «vendant» au monde, afin de faire de la culture «un levier du développement durable».

Il offre aux plus de 300 diffuseurs, professionnels et aux opérateurs culturels présents, ainsi qu’aux décideurs, qui peuvent y échanger sur de nombreuses questions liées aux politiques et projets culturels, des opportunités de collaboration en termes de programmation de spectacles, surtout d’art dramatique, de danse et surtout de musique, auxquels on pourra dorénavant ajouter la mode, les marionnettes, les arts de la rue et l’humour.

Présents au MASA 2016, des troupes et artistes venus de très nombreux pays: Afrique du Sud, Algérie, Belgique, Burkina Faso, Brésil, Cameroun, Canada, Cap-Vert, Centrafrique, Colombie Comores, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Ethiopie, France, Ghana, Guadeloupe, Guinée Equatoriale, Guinée, Guyane, Iles Maurice Madagascar, Mali, Maroc, Mozambique, Musique, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Suisse, Tchad, Togo, USA et Zimbabwe.

Au nombre des journées marquantes de la 9ème édition du MASA, celle de la journée internationale de la Femme, où notre compatriote Kandia Kouyaté a fait une prestation remarquée, le mardi 8 mars, et la soirée dédiée au jazz, où toutes les grosses pointures d’Afrique et de la diaspora se sont retrouvées pour une «jam session» d’anthologie autour de Ray Lema et de Cheick Tidiane Seck, entre autres célébrités musicales.

Le Mali était fort bien représenté au MASA 2016, avec en programmation officielle Naba TT et son groupe et la troupe Blonba, le marionnettiste Yaya Coulibaly, qui a été honoré par ses pairs du monde entier, et le dramaturge Adama Traoré, Commissaire malien du MASA avec le Président d’Arterial Network Mamou Daffé, qui a, à cette occasion, dédicacé son dernier livre.

S’y ajoutent Tribute to Ali Farka Touré, Bassékou Kouyaté, Salif Kéita, de nombreux instrumentistes et l’humoriste ATT junior. Ajoutons que Korè Productions, le volet technique du Centre Culturel Korè de Ségou, a assuré brillamment la régie son et lumière de l’emblématique scène Anoumabo, au bord de la lagune.

Nous reviendrons sur la participation malienne au MASA 2016 et sur le bilan de cette 9ème session dans notre prochaine édition.

Ramata Diaouré, depuis Abidjan

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