Cinéma : « Correspondance » au cinéma Babemba / Mieux que les discours, un film expose les difficultés de la femme malienne

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« Décidément quel que soit là où elle se trouve et quel que soit son niveau d’instruction, les difficultés sont le lot quotidien de la femme malienne. Mais courageuse et pleine d’abnégation avec un stoïcisme, elle s’accroche à la vie avec une envie gloutonne de renverser l’ordre des choses. Ah qu’elle est courageuse, la femme malienne ». Cette réflexion s’est imposée à nous à la sortie de la salle de Cinéma Babemba où nous venions de suivre pendant 58 mn le film « Correspondance », réalisé par Laurence Petit-Jouvet.
Pour apporter sa petite pierre à la célébration du 8 mars 2012, journée internationale de la femme, « Be Ka Films », structure dirigée par la jeune réalisatrice malienne Awa Traoré, a décidé de projeter le films « Correspondance », réalisé par la française Laurence Petit-Jouvet. Pour la circonstance, le jeudi 8 mars 2012, Madame Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, Premier ministre du Mali, accompagnée de Hamane Niang, ministre de la culture, a assisté à la projection de « Correspondance » au Cinéma Babemba.
En plus des femmes, la plupart des grands amateurs du cinéma au Mali ont fait le déplacement. Réalisé dans le genre d’un film documentaire, « Correspondance » comme son nom l’indique, montre des femmes de la diaspora malienne vivant à Montreuil en Seine-Saint-Denis qui s’adressent dans une lettre filmée à une personne de leur choix, réelle ou imaginaire. Cette expérience de nos compatriotes du côté de Paris fait des émules à Bamako et à Kayes. Cela donne naissance à une lettre filmée. Il faut dire que souvent des parties de cette lettre filmée sont très pathétiques avec des histoires à vous faire verser des larmes. Que de frustrations, que de passions et que de résistances de femmes face  à un rouleau compresseur, la vie, qui écrase toutes celles qui n’ont pas eu la chance de s’accrocher à un nénuphar éphémère comme un naufragé qui ne sait pas nager. Mais, que faire, comme le dirait l’autre : c’est ça la réalité de la vie d’une femme originaire d’un pays du tiers monde, comme le Mali.
Et, choisir le 8 mars pour montrer le film « Correspondance » sur les bords du fleuve Djoliba est un acte politique d’une très grande importance. Et quand cette action a été soutenue par Madame le Premier ministre du Gouvernement du Mali, l’on devrait sans risque de se tromper dire que l’heure du changement pour la condition féminine au Mali a sonné. Mais face à ce changement annoncé, mais qui n’arrive pas, la femme malienne a décidé de prendre son avenir à deux mains, pour bouter le hasard dans la direction de tout ce qu’elle entend désormais faire. Et, personne ne le dira mieux que Madina, cette promotrice d’une école privée à Kati qui rappelle une expression chère de son défunt père : « Le premier mari d’une femme, c’est son travail». A bon entendeur salut, chères sœurs !
Assane Koné

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