Début des projections des films en compétition au Fespaco 2013 : Le ministre Bruno Maïga confiant en la bonne représentation des films malien

0

Le coup d’envoi des projections des films en compétition pour la course  à l’Etalon d’Or de Yennenga 2013, distinction suprême du Fespaco, a été donné le dimanche 24 février. C’est le film ” Yéma ” de l’Algérienne Djamila Sahraoui qui a ouvert le bal. Les films maliens, ”  Les concessions ” de Ladji Diakité et les Rois de Ségou II, de Boubacar Sidibé ont suivi, le lundi 25 février dans les salles de l’Institut français et du conseil burkinabè des chargeurs à moitié pleins. Le ministre de la culture, Bruno Maïga, qui a suivi de bout en bout ces projections, s’est dit confiant de la bonne représentation des films maliens à cette grande fête du cinéma, mais reconnait que la compétition s’annonce rude.  

brunoAux heures de projection, les festivaliers accourent dans les salles pour voir les films. Et la course pour l’Etalon de Yennenga, alimente les conversations. La projection du film les Rois de Ségou II, a été faite lundi 25 février, dans la salle du conseil burkinabè des chargeurs. C’était en présence du ministre de la culture, Bruno Maïga, qui, à la fin de la projection,  a dit reconnaitre de toute évidence, que la compétition sera  rude, mais qu’il est confiant que les films maliens seront bien cotés.

Parmi les vingt films en lice pour les trois Etalons (Or, Argent et Bronze), certains ne manquent pas d’atouts. A commencer par “Toiles d’Araignée” de Ibrahim Touré, cité comme porte drapeau des films maliens et “les Concessions “ de Ladji Diakité. La force thématique de ces films et la maîtrise technique en font des candidats sérieux pour le podium.

” La pirogue “ du Sénégalais Moussa Touré, lauréat du Tanit d’Or au festival de Carthage, à Tunis (Tunisie), pose la problématique de l’immigration, à travers une périlleuse aventure, au risque de leur vie, de 30 personnes qui désirent émigrer en Espagne. Autre prétendant sérieux à l’Etalon, “ les Rois de Ségou II “ du Malien Boubacar Sidibé “, ” les Chevaux de Dieu ” du Marocain Nabi Ayouch, déjà sacré avec ” Ali Zaoua “, en 2001.

Après les péripéties des jeunes enfants de la rue, Nabi Ayouch attaque cette fois la douloureuse question du terrorisme, notamment l’endoctrinement de ces jeunes désœuvrés qui s’adonnent, aux attentats suicides, pour défendre une idéologie à laquelle, ils ne comprennent, en réalité, pas grand-chose. Il faudra aussi regarder avec un œil attentif, ” Moi Zaphira “ de la Burkinabé Apolline Traoré, qui raconte le combat d’une femme pour l’émancipation dans une société aux traditions rétrogrades où la femme est réduite aux tâches subalternes. A suivre de près également, “Yema”, de Djamila Sahraoui, prix Fipresci au récent festival international du film de Dubaï. Avec courage, cette Algérienne, qui vit en France, aborde le sujet de la famille et de l’islam radical. Porte-drapeau du cinéma sud-africain, dans cette compétition, ” How to steal 2 millions “ de Charlie Vundla , peut également se frayer un chemin sur l’estrade gagnante, surtout quand on sait la qualité technique des films faits en Afrique du sud.

Dans cette bataille de titans, ” Hamou-Beya “ de Audrey S. Diarra, (Mali). ” O Grande Kilapy ” de Zézé Gamboa (Angola), “ Tey/Aujourd’hui “ du Sénégalais Alain Gomis ou encore “ Virgem Margarida “ du Mozambicain Lucinio Azevedo, s’affichent comme des outsiders, qui pourraient créer la surprise.

Qui succédera à “Pégase” de Mohamed Mouftaki, Etalon d’Or de Yennenga en 2011 ? Réponse samedi prochain au Stade du 4 août.En attendant, que les rencontres professionnelles n’atteignent véritablement leur rythme de croisière ce mardi avec l’ouverture du Colloque international sur le thème ” Cinéma africain et politiques publiques en Afrique “, au Conseil Burkinabé des Chargeurs (CBC), on peut dire que le Fespaco, malgré quelques couacs au niveau de l’organisation, fait lentement et surement son chemin vers la réussite de la 23 ème édition.

 Clarisse NJKAM

 Depuis Ouagadougou

 

Huit nouveaux donateurs de prix spéciaux

La 23e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), a enregistré l’arrivée de 8 nouveaux donateurs de prix spéciaux. Ces organismes et institutions nationales ou internationales ont été présentés  lundi 25 février 2013 au cours d’un point de presse animé par Michel Saba, président de la commission ” Prix spéciaux “.

Pour le président de la commission ” Prix spéciaux “, l’arrivée de ces donateurs compense le départ des traditionnels donateurs. Il s’agit notamment de l’Unicef et du Système des Nations unies dont ” les appuis se réorganisent et se réorientent autrement pour des raisons institutionnelles “. Au nombre total de 24, ces structures apportent au bas mot, selon Michel Saba, plus de 100 millions de francs CFA au profit des cinéastes.

Faisant leur entrée dans le cercle des soutiens du FESPACO, les nouveaux sponsors ” entendent soutenir l’une ou l’autre initiative des réalisateurs visant à dénoncer ou à soutenir un aspect de la vie des populations “. C’est ainsi que certaines structures décernent leurs prix aux cinéastes qui dénoncent les atteintes aux droits humains ou qui prônent la protection de l’environnement. Maison de l’Afrique-Madingo, qui décerne pour la première fois un prix spécial au FESPACO, veut récompenser “les meilleures productions africaines qui promeuvent d’une part, les références africaines en matière d’excellence, de créativité et de réussite, et d’autre part les mutations positives en cours sur le continent africain”.

Les jurys de ces prix spéciaux sont constitués de cinq membres dont un est imposé par le FESPACO afin de s’assurer du respect des critères de sélection des lauréats. Et au cours d’une soirée de gala qui aura lieu le 1er mars prochain, les lauréats recevront leurs prix des structures donatrices.

Institués par le FESPACO, les prix spéciaux récompensent les productions cinématographiques et vidéographiques professionnelles d’Afrique. Ils sont attribués aux films de long et court métrage, en compétition ou non, dans la sélection officielle.                 

 Clarisse Njikam, depuis Ouagadougou

PARTAGER