Festival sur le Niger : Une foire internationale pour la promotion des produits locaux

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En prélude au lancement de la 8ème édition du Festival sur le Niger, Almamy Koureishi, secrétaire général du ministère de l’artisanat et du tourisme, accompagné du gouverneur de la région de Ségou et du Maire de la cité des 4444 balanzans, a procédé le 14 février 2012, à l’inauguration de la Foire internationale de Ségou.

Venus de toutes les régions du Mali et de certaines villes des pays limitrophes, les commerçants, les transformateurs des produits agricoles, des petites unités de production en tous genres et des prestataires de services, dès la matinée du 14 février 2012, ont pris d’assaut l’espace aménagé au Quai des Arts de Ségou pour accueillir la foire internationale. Espace de promotion du génie et du savoir faire des artisans. La foire internationale est la concrétisation d’un des objectifs essentiels du Festival sur le Niger : le développement de l’économie locale. Mahamadou Lamine Coulibaly, secrétaire général du Conseil pour la promotion de l’économie locale (CPEL), le rappellera : « Le CPEL, fort de sa mission de créer les bases d’une économie locale compétitive et durable, a institutionnalisé cette foire comme vitrine exceptionnelle pour les artisans et opérateurs économiques. Mais aussi un haut lieu de la promotion des produits locaux ». Pour joindre l’utile à l’agréable, les organisateurs avaient pris toutes les dispositions pour donner une allure de fête à la cérémonie. Le groupe de flutistes Samogo du IIIème quartier de Ségou, Mamou Thierro, la diva de Kirango et les « Kôrêdouga » de Ségou ont été mis à contribution. En sa qualité de représentant du ministre de l’artisanat et du tourisme, Almamy Koureishi a salué l’initiative de cette foire qui donne une note particulière au Festival sur le Niger. « Le festival sur le Niger n’est pas seulement que réjouissance. Mais, aussi un espace de promotion du savoir faire des artisans du Mali et d’une bonne partie de l’Afrique de l’ouest », a-t-il déclaré. Avant de saluer la présence des nombreux occidentaux qui ont fait le choix de venir visiter le Mali malgré les interdictions de leurs chancelleries. Il les a rassurés que l’Etat du Mali mettra tout en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue de son territoire, afin de leur donner l’opportunité d’apprécier le « Diatiguiya », un pan de la très riche culture malienne.                                                                                           Assane Koné

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Quand le « gnaga » annonce la fête

Ce fut une belle initiative de programmer une soirée « gnaga » des artistes maliens originaires de Ségou. Jamais la population de Ségou ne s’est autant mobilisée pour une manifestation dans la cité des 4444 balanzans. La soirée fut belle.

Quand artistes et spectateurs, en grande partie composés de femmes, sont sur le même diapason, le spectacle ne peut être que merveilleux. Ce fut le cas dans la nuit du 14 février 2012, au siège de la Fondation du Festival sur le Niger, dans les locaux de l’Ex-CMDT de Ségou. A la faveur du « gnaga » de Ségou, des artistes maliens partis de la 4ème région pour la conquête du monde, souvent avec seulement un instrument ou une voix, ont répondu présents à l’invitation des organisateur du Festival sur le Niger. « Quand la Direction du Festival sur le Niger m’a demandé de venir jouer dans le cadre de ce gnaga, ce fut pour moi un grand honneur et cela m’a ému », a déclaré Paye Camara, entre deux prestations. Et, à l’image de la cantatrice Paye Camara, tous les artistes qui ont fait le déplacement dans le cadre de ce « gnaga », ont tenu à partager leur émotion avec leurs frères et sœurs de Ségou et les milliers de festivaliers qui ont commencé à converger vers l’ancienne capitale du royaume bambara de Ségou.

De Paye Camara très en verve et dansant à tout bout de champ à Nafi Diabaté, en passant par  Ya Kouyaté, un peu taquine sur les bords par des insinuations faites aux hommes, Madjaré Dramé et Bassékou Kouyaté, le maître  incontesté du Ngoni, Ségou et ses invités sont allés à la rencontre d’un pan de sa culture. Et, à la fin du spectacle, nombreux sont les spectateurs qui ont apprécié l’initiative et salué les artistes qui ont bien voulu venir rendre à Ségou un peu de ce qu’ils ont appris dans les ruelles de l’ancienne ville royale.             

Assane Koné

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Les « Kôrêdouga », un festival particulier dans le festival

Chaque année,  ils sont au début et à la fin du Festival sur le Niger. Cette année pour la 8ème édition, ils sont fidèles au poste. Avec leurs parures en fève, leurs habits faits de haillons et leurs chevaux en bois, les « Kôrêdouga » de Ségou, sous la houlette de leur chef « Tchêtémalo », sont une véritable attraction. Communément appelés les bouffons, les « Kôrêdouga », récemment classés sur la liste du patrimoine de l’UNESCO, sont une institution. Et, cela est très perceptible dans tous les espaces du Festival sur le Niger. Un peu de danse par-ci,  un peu d’humour pour-là, ils tournent la vie en dérision, comme pour dire la vie n’est rien. Mais, quelle philosophie ? Cette vie à laquelle nous tenons tant, grâce à la sagesse des « Kôrêdougouga », nous revient comme quelque chose de banal à ne pas trop prendre au sérieux, parce qu’éphémère. Ils sont à Ségou et invitent les festivaliers à les découvrir, en même temps que leur sagesse.

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Coup de cœur / Et, ces flutistes Samogo du 3ème  quartier de Ségou ?

S’ils sont d’habitude au nombre de douze, le 14 février 2012, à l’inauguration de la Foire internationale ils n’étaient  que sept. Mais détrompez-vous, la réduction de leur nombre n’a aucune  influence sur la qualité de leur prestation. Les flutistes Samogo du 3ème quartier de Ségou, est un groupe de musiciens particuliers. Accompagné d’un  djembé et d’un tam-tam, 7 à 12 flutistes talentueux, dans un mouvement circulaire envoûtant, ils parviennent à faire danser, même ceux qui ne sont pas de la même aire culturelle qu’eux.

 Des flutes de différentes tailles, avec des sons particuliers et une orchestration merveilleuse, les flutistes Samogo du 3ème quartier de Ségou sont un patrimoine à valoriser. « Nous avons hérité ces flutes-là de nos grands parents. Il y a plus de 60 ans que ces instruments ont été introduits à Ségou en provenance du Burkina Faso », nous a indiqué Issa Touré, un as de la flûte Samogo. Avant d’ajouter que le groupe, à force de travail, est parvenu à faire jouer des rythmes que les ancêtres n’avaient jamais imaginés. « Nous avons aujourd’hui la capacité de jouer plusieurs rythmes avec les flûtes », a-t-il indiqué. Pour le plaisir des festivaliers, les flûtistes Samogo ont déjà donné le ton et seront à toutes les manifestations populaires durant la 8ème édition de la messe de la culture.                     

Assane Koné

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