Forum de Kayes : La crise du nord domine les débats, les acteurs réagissent

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L’assemblée nationale en collaboration avec le haut conseil des collectivités locales a organisé un forum sur les conflits fonciers, la paix et la sécurité à Kayes du 1er au 2 février 2012. Cette rencontre  s’est tenue à un moment où il y a eu des escalades, atrocités commises par les rebelles appuyés par les éléments d’Aqmi sur les forces de sécurité malienne et les populations dans certaines casernes au nord. Certains  acteurs du forum de Kayes venus de la sous région, de toutes les régions du mali ont bien voulu se prononcer sur la question. C’est le cas ici du président du conseil régional de Kidal, Homéni Belco Maïga.

Le républicain : quelles sont vos impressions sur se forum mais aussi vos appréciations sur le problème actuel du nord ?

Homéni Belco Maïga, président du conseil régional de Kayes.

Ce forum est venu à point nommé. J’ai quitté Kidal comme d’autres pour venir discuter avec d’autres frères du nord et du  sud sur la paix. J’ai choisi la république, je suis contre la division de notre pays. Pour moi, le Mali est un et indivisible. Nous  ne devons pas céder à la provocation et à ces atrocités. Tous les fils de ce pays ont les mêmes droits. Ceux qui revendiquent la partition sont minoritaires. Ils ne représentent rien parmi la population Touareg à plus forte raison la population du Nord. C’est un petit groupe que l’Etat ne doit permettre quoi ça soit. Je pense qu’il faut mater ces gens qui aujourd’hui mettent tous  nos projets de développement en retard. Je suis Im rad, nos parents sont venus aussi de la Lybie très armés. Mais eux, ils ont choisi la république du Mali, vivre la paix, rien que la paix.

Avez- vous des appréhensions, des sujétions, inquiétudes et aussi des propositions ?

Belco Maïga. Ces gens qui sont en train de commettre ces tueries veulent se projeter dans une dynamique d’obtenir quelque chose de l’Etat pour assouvir leurs ambitions. Iyad Ag Ahly par exemple après Ibrahim Bahanga  est dans cette dynamique. Si l’Etat fait cela se sera une grosse erreur. Nous ne sommes pas d’accord avec les négociations qui se font actuellement. Et, l’Etat doit radier tous ces déserteurs de l’armée qui sont allés avec les bandits. Aujourd’hui, les médecins, l’administration, les élèves, toutes les familles ont quitté Kidal pour aller au Burkina. Mais nous, nous sommes obligés de rester parce que c’est notre mère patrie, le Mali. J’ai été à Aguel Hok pendant ces événements. J’ai risqué ma vie. J’ai même perdu deux de mes frères que ces bandits ont tués. Je sais moi ce qui s’est passé à Aguel Hok est horrible.  Je suggère aux autorités d’incorporer dans l’armée nos parents qui sont venus de la Lybie et qui ont choisi le Mali. Ceux-ci n’attendent que cela pour lutter contre ces bandits. Ils sont plus armés que ces gens mais n’attendent que  les autorités de Bamako. Mes inquiétudes sont que certains Maliens font l’amalgame. Je dis bien l’amalgame, parce que certains pensent que tous les peaux rouges sont des rebelles. Tous les peaux rouges ne sont pas des rebelles et je dis et redis, ces gens qui ont pris les armes ne représentent qu’eux-mêmes, ils  ne sont pas avec les populations qui sont d’ailleurs terrorisées. L’autre inquiétude c’est que la presse fait trop l’écho de ces gens là qui réclament un Etat Azaouad. Je pense qu’aujourd’hui nous devons tous nous donner la main, encourager et appuyer notre force armée pour anéantir ces ennemis de la nation, ces ennemis d’une paix totale. Je remercie, et félicite l’assemblée nationale pour son courage. Les députés s’étaient  rendus à Kidal, ceci a  rassuré les populations qu’elles ne sont pas abandonnées à elles-mêmes.

Fakara FAINKE, envoyé spécial.

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