L’administrateur de Brico Films, Sidibé Nana Toumagnon à propos de Clap Ivoire ! “Grâce à ce festival, le métier du cinéma est devenu très prisé dans le milieu jeune aux Mali”

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La maison de production Brico films à travers son administrateur, Sidibé Nana Kadidia Toumagnon, vient une fois de plus de signer sa participation à Clap Ivoire, le festival concours de courts métrages vidéo destiné aux jeunes techniciens et réalisateurs dans les pays de l’UEMOA et de la CEDEAO. Mme Sidibé nous parle des deux œuvres qui seront présentées du 1er au 6 septembre prochain à Abidjan ainsi que les touches de Brico Films.

 

Sidibé Nana Toumagnon
Nana Toumagnon

L’Indépendant week-end: Parlez-moi de la société Brico Films ?

Mme Sidibé : Créée en 2001, Brico Films est une société de production, de distribution et d’exploitation de films et vidéos œuvrant pour la promotion, le développement et la consolidation de la culture malienne à travers l’audiovisuel. Elle a pour objectif de communiquer une image positive du Mali et de l’Afrique, riche de valeurs humaines et complètement différente de l’image habituellement véhiculée par les médias. Ainsi, le cinéma, l’audiovisuel et les nouvelles technologies de l’information peuvent susciter et raffermir le rapprochement des peuples, et par la même occasion consolider la paix et la stabilité régionale, sans lesquelles il serait vain de vouloir réaliser un espace intégré.

 

 

Combien de réalisations pour Clap Ivoire a-t-elle à son actif ?

Depuis 7 ans Brico Films aide de jeunes réalisateurs à produire des films de fictions et des documentaires pour participer à Clap Ivoire. C’est ainsi que nous avons réalisé 7 fictions notamment ” l’Africain ” un court métrage de fiction de 13 minutes de Yoro Diakité en 2008, ” l’orphelin ” du même auteur en 2009, ” le pouvoir du gardien ” de Sadio Simaga en 2010 ” l’œuf de la trahison ” de Mariam Kamissoko en 2011, ” le feu de l’amour ” de Cheick Mohamed Lakouaf Kéita en 2012, ” Nandy, l’orpheline ” de Aminata Doumbia en 2013 et ” le blanc à la peau noire ” cette année de Konaté Yasmine.

 

Pour les documentaires, ils sont également au nombre de 7 entre autres ” les Pharmacies ambulantes ” de Fatoumata Sidibé en 2008 qui a remporté le premier prix ; ” la Scolarisation des filles ” de Hawa Sidibé en 2009, ” les Motos Jakarta ” de la même réalisatrice en 2010 ; ” les 50 ans du cinéma malien ” de Sadio Simaga en 2011, ” mariage et divorce ” de Seyba Sangaré en 2012 ; ” traumatologie ou kolo koukou ” de Goulou Keïta réalisé en 2013 et enfin ” délestage ” pour cette édition de Karim Koné.

 

Peut-on retenir d’autres productions en dehors de Clap Ivoire ?

Bien sûr, nous travaillons d’arrache-pied pour enrichir le répertoire cinématographie malien. En 2006, nous avons produit 45 épisodes de 26 mn de la série ” Dou ” afin de traiter des sujets sensibles tels que la polygamie, l’excision avec un autre regard. En 2010, nous avons produit la première saison de 21 épisodes de 26 mn sur la série ” les Rois de Ségou ” une saga sur le royaume bambara de Ségou qui a connu l’une des civilisations les plus brillantes de la savane soudanienne au 18e siècle afin de découvrir et de connaître certaines valeurs du passé et des pratiques sociétales qui manquent à notre société contemporaine. En 2012, nous avons produit la deuxième saison de 20 épisodes de 26 mn ” des Rois de Ségou “, la suite de cette saga. En 2013, nous avons également produit ” Dougouba Sigui “, une série de 26 épisodes de 26 minutes chacun parle des Maliens de manière attractive et positive par le biais d’une fiction. Ce film donne aux téléspectateurs la possibilité de découvrir et de comprendre une mosaïque de valeurs maliennes et universelles où se retrouve l’amour, la haine, la passion, la tendresse, la solidarité, la méchanceté, la bonté, etc.

 

Qu’est-ce qui fait la force de Brico films?

La force de Brico Films réside en 3 choses : la rigueur dans le travail, le sérieux et le respect des engagements avec les partenaires ainsi que la bonne collaboration avec les techniciens, les comédiens et les acteurs du monde du 7e art.

 

Depuis combien d’années, organisez-vous la sélection nationale de Clap Ivoire?

Brico Films a organisé les six dernières phases nationales de Clap Ivoire en 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013. Le 25 avril 2014, nous avons procédé au lancement de l’édition 2014 qui a été bien relayé par la presse nationale et internationale ainsi que la mise en place d’un site web : www.brico-films.com.

 

Y a t-il un engouement au niveau des dépôts de dossiers de candidature ?

Depuis bientôt 6 ans, Brico Films mobilise les journalistes, cinéastes, techniciens, le ministère de la Culture et les opérateurs économiques pour une grande implication à l’organisation de la phase nationale de Clap Ivoire au Mali. Dans notre pays, grâce à Clap Ivoire, l’engouement des jeunes pour les métiers du cinéma a augmenté. Beaucoup d’entre eux aujourd’hui, veulent devenir des cinéastes.

 

Mais, ils sont souvent confrontés à la triste réalité du manque de moyens matériels et de financement entre le projet de faire un film et sa réalisation. Nous avons informé par courrier toutes les sociétés de productions audiovisuelles, les structures de diffusion ainsi que les partenaires pour une large implication, mais nous avons fait le triste constat de n’avoir que deux films retenus.

 

Quels sont les deux films retenus pour cette année ?

L’un est intitulé ” le blanc à la peau noire” de la réalisatrice Fatoumata Yasmine Konaté et l’autre s’appelle ” Délestage ” du réalisateur Karim Koné pour la catégorie documentaire. Ces deux films représenteront le Mali à la phase finale de Clap Ivoire 2014 prévue du 1er au 6 septembre prochain à Abidjan.

 

Avec ces deux productions, comptez-vous remporter des prix ?

Insh Allah, nous ferons de notre mieux pour l’honneur du Mali.

 

Réalisé par F. Mah Thiam KONE

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