Le sacre du marocain Hichim Ayouch avec son film “fièvres”

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Abdrahamane Sissako,
Abdrahamane Sissako,

Quant Ă  l’Etalon de bronze, d’une valeur de 5 millions de FCFA, il Ă©choit Ă  SĂ©kou TraorĂ© du Burkina Faso avec son film “L’Ĺ“il du cyclone”. La cĂ©rĂ©monie de remise des rĂ©compenses a eu lieu le samedi 7 mars 2015 au Palais des sports de Ouaga 2000 en prĂ©sence du prĂ©sident du Faso, Michel Kafando et de nombreux invitĂ©s.

es regards sont dĂ©sormais tournĂ©s vers la 25ème  Ă©dition prĂ©vue du 25 fĂ©vrier au 4 mars 2017. En attendant, c’est le Marocain Hicham Ayouch avec son film “Fièvres” qui a remportĂ© le trophĂ©e le plus convoitĂ©, l’Etalon d’or du Yenenga. Il succède ainsi, au SĂ©nĂ©galais Alain Gomis, laurĂ©at du Fespaco  2013 avec “Tey“.

Dans l’ensemble des prix officiels et spĂ©ciaux, le Burkina Faso a ravi la vedette aux autres pays avec un total de huit prix (dont cinq pour SĂ©kou TraorĂ© avec son film ” l’Ĺ“il du cyclone “). Ensuite, suivent le Maroc et l’AlgĂ©rie, avec quatre prix chacun. La CĂ´te d’Ivoire et la Mauritanie ont eu chacune, deux prix.  Enfin, les pays ayant eu un prix sont le Mali, le SĂ©nĂ©gal, l’Egypte, le Ghana, l’Afrique du Sud, l’Angola, la GuinĂ©e-Conakry, la Tunisie et Madagascar. Au total 29 prix ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©s pour un montant total de 152 millions de FCFA.

133 films passés à la loupe par le jury

Selon le comitĂ© d’organisation, la semaine de la manifestation a vu passer  313 projections. Au nombre de ces films, 133 sont passĂ©s Ă  la loupe des membres du jury qui ont, par ailleurs, reçu les fĂ©licitations du prĂ©sident du Faso, Michel Kafando, lors de la cĂ©rĂ©monie de clĂ´ture.

Au total, 19 films d’une quinzaine de nationalitĂ©s ont Ă©tĂ© retenus pour la conquĂŞte de l’Etalon d’or qui rĂ©compense les longs mĂ©trages Ă  la biennale du cinĂ©ma africain.

Le jury de cette catégorie a été présidé par le Ghanéen Kwaw Paintsil Ansah.

 

Quelques questions Ă  Abdrahamane Sissako, rĂ©alisateur du film ” Timbuktu “

” D’aucuns n’ont pas vu ” Timbuktu ” mais ont des prĂ©jugĂ©s… “

Abderrahmane Sissako : "Au Mali, les Touaregs sont Ă  voir comme des victimes"
Abderrahmane Sissako à Paris, le 8 mai. © Vincent Fournier pour J.A.

Vous arrivez au Fespaco avec ” Timbuktu ” qui a fait l’objet d’Ă©normes critiques du fait de son caractère trop sensible donnant lieu Ă  une polĂ©mique sur sa sĂ©lection ou sa dĂ©programmation de la compĂ©tition. Pourquoi autant de tapage ?

Je pense qu’on ne devrait pas mettre l’accent sur un certain nombre de choses. Je prĂ©fère regarder vers l’avant, le film a Ă©tĂ© montrĂ© et c’est l’essentiel. Pour moi  il Ă©tait important que l’Afrique accueille ce film car c’est fait sur un drame africain, le drame du Mali. C’est un privilège pour  bon nombre de festivaliers de vivre  cette rĂ©alitĂ©. A partir du moment oĂą le film a eu la chance d’ĂŞtre projetĂ© dans des grands Ă©vènements cinĂ©matographiques, il Ă©tait important que le public africain n’en soit pas privĂ©.

Le même film reçoit les mentions spéciales au festival de Cannes, aux Oscars vous ne recevez aucun prix et au Cesar vous ravagez 7 prix sur 8. Est ce à dire que votre film ne touche que le public francophone ?

DĂ©jĂ , je ne fais pas des films pour attendre d’ĂŞtre primĂ©. Mais une forme d’exprimer ma passion et de passer les messages. L’important  est que le film soit vu et c’est Ă©galement l’un de mes objectifs en arrivant au Fespaco.

Certes, on ne tourne pas de film pour des prix mais ça fait toujours plaisir d’ĂŞtre sur des podiums. C’est clair que la visibilitĂ© n’est pas pareille…

Oui, vous savez Ă  partir du moment oĂą un film est sĂ©lectionnĂ©, c’est l’essentiel. A partir de ce moment, on est convaincu qu’il sera vu.

” Timbuktu ” vu par bon nombre d’observateurs maliens qui  pensent que l’aspect culturel a Ă©tĂ© un tout petit peu bafouĂ©. Notamment le personnage choisi pour le rĂ´le de l’Imam de Tombouctou ou encore Zabou la cĂ©lèbre de Gao utilisĂ©e plutĂ´t Ă  Tombouctou…

Timbuktu est un film fiction et non un documentaire qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans l’intention de dĂ©noncer les exactions commises par les djihadistes dans le nord du Mali. Certes, j’ai choisi un Français pour jouer le rĂ´le de l’imam de Tombouctou et je pense que ce qui importe c’est le message. Le  film a Ă©tĂ© fait avec en majoritĂ© les populations de Tombouctou qui racontent leur vie, leur bravoure et leur dignitĂ© quotidienne en cette pĂ©riode de l’occupation de Tombouctou.  J’ai voulu montrer ce qui s’est passĂ© rĂ©ellement en cette pĂ©riode. Quand on parle des mariages forcĂ©s, d’une vendeuse de poisson qui s’est dressĂ©e contre les djihadistes, quand on interdit aux personnes de chanter, je les fais chanter dans le film pour montrer la rĂ©sistance pacifique des chants, je pense que c’est ça que le Mali doit saluer et cĂ©lĂ©brer.

Le Mali est une grande nation avec plusieurs composantes qui font partie de ce film qui est une parenthèse de l’histoire de Tombouctou. Que les gens sachent que c’est une population qui a vĂ©cu un drame. Si d’aucuns pensent que je ne devrais pas faire de film sur la souffrance d’un peuple,  je dirai que je ne suis pas Ă  mon premier film. “Bamako ” parle Ă©galement de la dignitĂ© des gens. Je suis un artiste libre, comme tout cinĂ©aste qui a la libertĂ© de faire des films sur les personnages qu’ils inventent.

Il y a plusieurs personnes qui n’ont pas vu “Timbuktu” mais qui ont des prĂ©jugĂ©s. Moi je suis dans la construction et  non dans la destruction Je construis en faisant des films, c’est ça qui est important pour moi.

Vous arrivez au Fespaco avec des gardes du corps, contrairement aux autres réalisateurs. Avez-vous un moment eu peur ?

Je préfère ne pas répondre à cette question.

Vos impressions par rapport au lauréat du Fespaco 2015 ?

Je suis très fier pour Ayoutch qui a remportĂ© l’Etalon d’or. J’ai dit au dĂ©but du Festival que son film Ă©tait très bon. Il l’a mĂ©ritĂ© et c’est l’Afrique qui gagne.

ĂŠtes-vous déçu de n’avoir pas remportĂ© l’Ă©talon d’or tant convoitĂ© ?

Je ne suis pas du tout déçu. Bien au contraire, pour moi, la lutte continue. Le fait que mon film ” Timbuktu ” ait pu ĂŞtre projetĂ© au Fespaco 2015 après des rumeurs qui l’Ă©cartaient de la compĂ©tition est dĂ©jĂ  un succès. Je ne crache pas non plus sur les deux autres prix reçus.

Le  mot de la fin ?

Timbuktu ” sera projetĂ© en avant première au Mali le 26 mars prochain à  l’occasion de la journĂ©e des martyrs, une occasion pour moi de rendre hommage aux martyrs de l’occupation des rĂ©gions du nord.

Rassemblés par Clarisse, envoyée spéciale à Ouagadougou

 

 

Palmarès du FESPACO 2015

Section long métrage

1- Etalon d’or de Yennenga : “Fièvres” d’Hicham Ayouch (Maroc)

2- Etalon d’argent de Yennenga : “Fadhma N’Soumer” de Belkacem Hadjadj (AlgĂ©rie)

3- Etalon de bronze de Yennenga : “L’Ĺ“il du cyclone” de SĂ©kou TraorĂ© (Burkina Faso)

4- Prix de la meilleure interprĂ©tation fĂ©minine : Maimouna N’Diaye dans “L’Ĺ“il du cyclone” de SĂ©kou TraorĂ© (Burkina Faso)

5- Prix de la meilleure interprĂ©tation masculine : Fargass Assande dans “L’Ĺ“il du cyclone” de SĂ©kou TraorĂ© (Burkina Faso)

6- Prix Paul Robeson (Meilleur film de la diaspora): “Morbayassa, le serment de Koumba” de Cheik Fantamady Camara (GuinĂ©e-Conakry)

7- Prix Oumarou Ganda (meilleure première Ĺ“uvre) : “L’Ĺ“il du cyclone” de SĂ©kou TraorĂ© (Burkina Faso)

8- Prix du meilleur scĂ©nario : Marcel Beaulieu pour “Fadhma N’Soumer” de Belkacem Hadjadj (AlgĂ©rie)

9- Prix de la meilleure image : Ali Benjelloun pour “C’est eux les chiens” de Hicham Lasri (Maroc)

10- Prix du meilleur son : Phillipe Grivel et Dominique Vieillard pour “Fadhma N’Soumer” de Belkacem Hadjadj

11- Prix de la meilleure musique : Amine Bouhafa pour “Timbuktu” d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie)

12- Prix du meilleur dĂ©cor : SĂ©bastien Birchler pour “Timbuktu” d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie)

13- Prix du meilleur montage : Isabele Devinck pour “Fadhma N’Soumer” de Belkacem Hadjadj (AlgĂ©rie)

14- Prix de la meilleure affiche : “Cellule 512” de Missa HĂ©biĂ© (Burkina Faso)

 

Prix des écoles africaines de cinéma

15- Prix du meilleur film fiction : “Sagar” de Pape Abdoulaye Seck (Ecole supĂ©rieure des arts audiovisuelles, Maroc)

16- Prix du meilleur film documentaire : “Je danse, donc je suis” d’AĂŻssata Ouarma (Institut supĂ©rieur de l’image et du son, Burkina Faso)

17- Prix spĂ©cial du jury : “The Traveller” de Peter Sedufia (Nafti, Ghana)

 

Section court métrage

18- Poulain d’or : “De l’eau et du sang” d’Abdelilah Eljaouhary (Maroc)

19- Poulain d’argent : “Madame Esther” de Luck Razanajoana (Madagascar)

20- Poulain de bronze : “Zakaria” de Leyla Bouzid (Tunisie)

 

Section documentaire

21- Premier prix : “Miners Shot Down” de Rehad Desai (Afrique du Sud)

22- Deuxième prix : “Devoir de mĂ©moire” de Mahmadou CissĂ© (Mali)

23- Troisième prix : “Tango Negro, les origines africaines du tango” de Dom Pedro (Angola)

 

Section série télé

24- Prix de la meilleure sĂ©rie : “Chroniques africaines” de Marie-Christine Amon (CĂ´te d’Ivoire)

25- Prix spĂ©cial du jury : “Eh les hommes, Eh les femmes” d’Apolline TraorĂ© (Burkina Faso)

 

Prix des institutions

26- Prix spĂ©cial de l’intĂ©gration de la Communauté  Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) : “L’Ĺ“il du cyclone” de SĂ©kou TraorĂ© (Burkina Faso)

27- Prix CEDEAO de la meilleure rĂ©alisatrice ouest-africaine : “Des Ă©toiles” de Dyana Gaye

28- Prix de l’Union europĂ©enne : “Avant le printemps” d’Ahmed Atef (Egypte)

29- Prix du Conseil de l’Entente : “Run” de Philippe LacĂ´te (CĂ´te d’Ivoire).

 

 

Des laurĂ©ats s’expriment…

A l’issue de leur consĂ©cration, des laurĂ©ats n’ont pas dissimulĂ© leur Ă©motion. Ils se sont exprimĂ©s sous le feu de l’action juste après la cĂ©rĂ©monie de clĂ´ture.

La comĂ©dienne malienne Viviane Mina Sidibé ” Je suis confiante de mon avenir… “

Viviane
Viviane

Qui est viviane Sidibé ?

Je suis comĂ©dienne malienne ayant jouĂ© le rĂ´le principal dans ” Toiles d’araignĂ©es “, le film du rĂ©alisateur Ibrahima TourĂ© qui a reçu plusieurs prix Ă  la 23ème Ă©dition du Fespaco. J’arrive dans cette 24ème Ă©dition avec des rĂ´les dans presque tous les films maliens en compĂ©tition.

Parlant justement de la 23ème Ă©dition, vous avez brillĂ© par votre absence. Qu’est ce qui explique cela?

Il y’a eu une dĂ©programmation de mon invitation Ă  deux jours de l’ouverture du Fespaco et je venais juste d’accoucher. Du coup, j’ai Ă©tĂ© dĂ©saxĂ©e. Ça Ă©tĂ© dommage mais on dit souvent qu’Ă  quelque chose malheur est bon. Je suis lĂ  pour cette Ă©dition et tout se passe plutĂ´t bien.

Vous avez été choisi parmi des milliers de festivaliers comme ambassadrice du ciné Guimbi au Mali. Quelles sont vos impressions ?

Sentiment de joie et d’Ă©motion. Je suis Ă©mue comme vous pouvez le constater de savoir que la main innocente a choisi mon ticket parmi des milliers comme invitĂ©e d’honneur avec un siège Ă©quivalent Ă  200.000 Fcfa Ă  l’ouverture de cinĂ© Guimbi Ă  Bobo Dioulasso. A cet effet, je serai dĂ©sormais l’Ambassadrice de cette magnifique salle de cinĂ©ma dont l’inauguration aura lieu dans 10 mois.

Vous avez regardé sûrement pas mal de films, quelles en sont vos impressions ?

C’est impressionnant de savoir que nos rĂ©alisateurs ont vraiment de la valeur. En tant que jeune comĂ©dienne, je suis convaincue que je devrais travailler davantage car quoi qu’on dise il y a du potentiel en Afrique. C’est Ă  moi de me battre pour ĂŞtre parmi les meilleurs. Je me suis formĂ©e sur le tas et je pense que je parviens Ă  intĂ©resser les meilleurs…Je suis confiante et croyante en mon avenir.

Est-ce à dire que cette édition a été fructueuse ?

(Rires) Dieu merci, j’ai eu quelques contacts et je pense que ça peut ĂŞtre un dĂ©clic. Je me confierais Ă  chaque fois auprès de mes encadreurs qui sont les cadres du CNCM, pour demander conseil sur toute dĂ©cision Ă  prendre.

Quels sont vos projets ?

Me consacrer dĂ©sormais Ă  ce mĂ©tier qui est d’abord une passion.

Un message ?

Oui, Ă  l’endroit de nos gouvernants, de soutenir la Culture, surtout le 7ème art car l’avenir de notre continent s’y trouve.

 

Hicham Ayouch, rĂ©alisateur du film ” fièvres “, Ă©talon d’or 2015

“Je suis fier d’ĂŞtre africain…”

fespaco1“Comme vous l’avez remarquĂ©, ma peau est blanche, mais le sang qui coule dans mes veines est noir. Mon père est Marocain, ma mère est  Tunisienne, je suis Africain et fier de l’ĂŞtre. Je suis Africain et fier de l’ĂŞtre, car nous sommes un continent  beau, un continent  noble, un continent riche, nous sommes la mère de toutes les terres, nous sommes l’essence du monde.

Je suis Africain, je suis  fier l’ĂŞtre. Je n’ai pas besoin d’aide, je n’ai pas besoin de coopĂ©ration. Je n’ai pas besoin de la coopĂ©ration de personne. J’ai juste besoin qu’on cesse d’exploiter mon continent et de faire couler des rivières de sang. Je suis Africain et fier de l’ĂŞtre. Je dois apprendre Ă  m’aimer car je suis un ĂŞtre digne, beau et capable. Et si je m’aime, alors je serai capable d’aimer tous mes frères et toutes mes sĹ“urs. Je suis Africain et fier de l’ĂŞtre car ma culture est belle, puissante, poĂ©tique et nous devons tout faire pour changer les mentalitĂ©s grâce Ă  l’art, Ă  l’imaginaire et Ă  l’Ă©ducation.

Je suis Africain et fier de l’ĂŞtre. On nous a volĂ©s notre passĂ©, on a tentĂ© d’effacer notre histoire mais notre futur nous appartient. Il est temps de prendre notre destin en main. Je suis Africain, je suis fier de l’ĂŞtre et je vous aime”.

 

SĂ©kou TraorĂ©, rĂ©alisateur de “L’Ĺ“il du cyclone”

SĂ©kou Traore
SĂ©kou Traore

” Je veux aller plus loin… “

“Je suis très content de l’Etalon de bronze et des prix spĂ©ciaux remportĂ©s par mon film qui  a l’air de satisfaire beaucoup de monde. C’est un travail d’Ă©quipe et je dĂ©die ce prix Ă  toute mon Ă©quipe. C’est encourageant et la prochaine fois nous comptons aller plus loin”.

 

MaĂŻmouna N’Diaye, meilleure interprĂ©tation fĂ©minine

” Je dĂ©die mon prix aux femmes… “

“Je dĂ©die ce trophĂ©e Ă  toutes les femmes ” a dĂ©clarĂ© MaĂŻmouna N’Diaye avant d’apprĂ©cier son rĂ´le d’avocate tenace dans le film du rĂ©alisateur burkinabè, SĂ©kou TraorĂ©. Pour celle que l’on appelle affectueusement Mouna, “c’est une grande reconnaissance pour moi et pour mon travail et je dĂ©die ce trophĂ©e Ă  toutes les femmes, Ă  toutes les comĂ©diennes, en cette veille du 8-Mars”. L’actrice sĂ©nĂ©galaise a jouĂ© un rĂ´le d’avocate, forte d’esprit, dans une affaire dĂ©licate de justice. Elle a rĂ©ussi Ă  faire rejaillir la vĂ©ritĂ© dans une affaire d’enfant-soldat et de trafic de diamant dans laquelle son père y Ă©tait mĂŞlĂ©.

Rassemblés par Clarisse, envoyée spéciale à Ouagadougou

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