Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) 2014 : La «légende vivante» Super Biton enflamme la lagune

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masa_2014
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Une «légende vivante», qui a derrière elle 50 ans de musique. C’est ainsi que le Maître de Cérémonie a présenté au public abidjanais le Super Biton National de Ségou, qui a offert sa première prestation dans le cadre du 8ème MASA dans la soirée du 4 mars 2014.

C’est dire si les doyens ségoviens étaient attendus et, sans chauvinisme aucun, ils n’ont pas déçu. Toute la palette de leur talent y est passée, des mélodies traditionnelles de Ségou aux morceaux choisis de l’épopée mandingue, en passant par la salsa et quelques chansons coquines.

 

 

C’est dire que ce MASA 2014, celui de la renaissance et de la réconciliation en Côte d’Ivoire, est un franc succès, et même un tour de l’Afrique à lui tout seul. Rien que lors des trois premières soirées musicales à l’Espace lagunaire du Palais de la Culture d’Abidjan, sis à Treichville, on a voyagé, au fil des notes, de l’Ethiopie au Cameroun et du Maroc au Burundi, du Burkina Faso au Mozambique et du Sénégal à l’Ouganda, avec des escales en Côte d’Ivoire, au Nigéria, en Guinée et au Mali.

 

 

Car le MASA, dans sa version In, c’est-à-dire officielle, ce sont 23 groupes de musique, 20 troupes de danseurs, 14 compagnies théâtrales, 2 humoristes, dont notre Guimba National qui se produira ce jeudi, et 3 conteurs. Tous sélectionnés, s’il vous plaît, par un Comité Artistique International, composé d’éminents spécialistes, qui ont ainsi permis à 486 artistes de se faire soit connaître soit redécouvrir.

 

 

Au MASA, le festival est aussi Off, et tout autant festif. Divers plateaux vont offrir plus de 200 spectacles, toutes disciplines confondues, à Abidjan, Bouaké et Bassam, avec des artistes de renom mais aussi de jeunes talents. Vont s’ajouter à  ce beau monde des invités surprise, comme Koffi Olomidé, annoncé un peu partout en ville. Des soirées à thème vont aussi se dérouler, comme Afriky Musow, en prélude à la Journée internationale des Femmes ou celle, plus rétro, nommée Nostalgie.

 

 

Tous les goûts musicaux seront comblés, avec des sites dédiés au Jazz, aux musiques urbaines comme le Hip Hop, au Reggae, au Ziglibiti et au Zouglou et, bien sûr, au mondialement connu Coupé Décalé! Mais bien s’amuser n’empêche aucunement de réfléchir et d’échanger des expériences. C’est pourquoi se déroulent aussi à Abidjan, durant ce grand marché où nos artistes trouvent producteurs, arrangeurs, partenaires et tourneurs, des rencontres professionnelles.

Elles porteront essentiellement sur le thème choisi cette année «Les arts de la scène face au défi du numérique», sur une Bourse des projets qui permettra aux Directeurs de Festivals africains de se parler et sur un Colloque organisé par l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris III et l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, sur le sujet «Théâtres d’Afrique au féminin». Nous en parlerons bientôt.

Ramata Diaouré, Envoyée spéciale à Abidjan

 

 

Les brèves du MASA 2014

Abidjan est «doux»

Cela vous saute aux yeux dès que vous arrivez à l’Aéroport Houphouet Boigny, être Malien n’est plus synonyme de tracasseries policières ou douanières à Abidjan. Ce n’est pas comme durant les récentes «années de braise», lorsque vous pouviez facilement perdre une heure et demie entre votre sortie de l’avion et le passage de la porte Exit vers le trottoir. Manifestement, les temps ont changé, et notre participation commune aux Espaces CEDEAO et UEMOA, avec ce que cela entraîne comme facilités de voyage, est connue, reconnue et respecté. Heureusement, car, dans le temps, il m’est arrivé de me faire «aboyer» dessus par un porteur d’uniforme parce que je lui présentais une carte d’identité malienne (parfaitement en règle, rassurez-vous) et non un passeport. Maintenant, «on s’en fout, Abidjan est doux».

 

Une ville sans Djakartas, quel plaisir!

Un autre fait qui étonne dans un premier temps le piéton malien qui séjourne à Abidjan, l’absence totale de Djakartas, voire l’absence quasi-totale de motos, tellement elles sont rares. Ces engins tueurs sont inexistants à Abidjan, et on se surprend même à scruter l’horizon, comme prise de nostalgie de ces prédateurs, pour en repérer un. Autre constat fort agréable, ici, il y a des trottoirs, et ils ne sont pas, ô miracle, envahis par des vendeurs multiples et variés, mais tous hors la loi, comme chacun le sait. Conséquence agréable, malgré la chaleur humide qui fait réellement suer les Sahéliens que nous sommes, on prend un réel plaisir à déambuler et même à lécher les vitrines. A quand la même chose à Bamako?

RD

 

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