Mme Cissé Kaïdama Sidibé : «Essakane 2013 est déjà dans nos agendas»

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Venue apporter son soutien aux organisateurs du Festival d’Essakane 2012, le Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, a galvanisé le public en faisant cette annonce: «le rendez-vous d’Essakane 2013 est déjà pris et inscrit en bonne place sur nos agendas culturels. Et, pour cela, je puis vous assurer que la prochaine édition bénéficiera, comme celle de cette année, de l’accompagnement de l’Etat».


Pendant trois jours, a noté le PM, en compagnie des amis du Mali, venus de tous les coins d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et même d’Australie, «nous avons savouré les sonorités, les pas de danses, mais aussi admiré les objets d’art de ce festival. Un festival à ciel ouvert, unique en son genre, ayant comme seuls tribunes et gradins les immenses dunes de sable, qui, parfois, comme des écrans géants, projettent au loin nos ombres et nos silhouettes, dans la splendeur du clair de lune. Ici, le charme de la nature est irrésistible et insondable, autant que ce vaste Sahara». Elle n’a pas oublié «la belle étoile et les plats et les spécialités de la cuisine locale». L’attrait et le charme de ce festival, selon le Chef du gouvernement, se trouvent aussi dans la thématique développée par nos musiciens, autour du triptyque: «Paix – Unité – Développement». Ce sont là, dira-t-elle, «les axes prioritaires de la politique du gouvernement malien, sous la haute autorité de son Excellence Amadou Toumani Touré, Président de la République». Pour preuve, a-t-elle ajouté, les immenses efforts déployés ces derniers mois, après la crise libyenne, pour davantage sécuriser nos laborieuses populations, préserver l’intégrité territoriale, maintenir la paix et endiguer les conflits.Paraphrasant Amadou Hampaté Ba, elle a clos son discours sur ces mots: «A notre époque, si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent, non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre sont toujours plus enrichissantes, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue… Chacun doit se dégager un peu de sa vérité pour faire un pas vers l’autre».

Paul Mben, envoyé spécial

 

ESSAKANE 2012

La contribution de taille du PSPSDN

En marge du Festival au Désert, le Programme Spécial pour la Paix, la Sécurité et le Développement au Nord du Mali (PSPSDN) a organisé une conférence pour mieux expliquer aux populations les tenants et les aboutissants du programme.

Pour ce faire, le PSPSDN a fait appel au Directeur du Programme Intégré de Développement Rural de la Région de Kidal (PIDRK), Daouda Maïga. Il avait à ses côtés le Commandant Abdoulaye Macalou, chargé du volet communication au PSPDN.

Dans un exposé complet, le Directeur du PIDRK a abordé le thème de la sécurité et du développement. Selon lui, la problématique revêt une importance capitale pour notre pays et les régions du Nord, en particulier. Car les notions de Sécurité et de Développement sont intimement liées et la corruption de l’une ou de l’autre met en péril la stabilité en général. Dans un bref aperçu de l’état des lieux, Daouda Maïga a souligné que «la Sécurité dans les régions Nord du Mali, à l’instar de la sous-région, est aujourd’hui une préoccupation et un enjeu à l’échelle planétaire».  Les manifestations, selon le conférencier, en sont les différents trafics (stupéfiants, cigarettes, armes de guerre, êtres humains…), les rébellions liées à des crises sociales aux origines complexes et nombreuses et, plus récemment, à des groupuscules sectaires, qui arpentent une partie du Nord Mali et pratiquement toute la bande sahélo-saharienne.

Il a surtout soutenu que, malgré un bond notoire des actions de développement dans le Nord Mali en général, le constat est que beaucoup reste à faire, notamment en matière de désenclavement (routes, aéroports), d’infrastructures productives et sociales (hydraulique, exploitation des ressources naturelles, santé, éducation) et d’une meilleure gouvernance (administration adaptée, société apaisée, règne de l’ordre). Il ne faut guère occulter l’enrichissement notoire d’une certaine frange de la population et la constante progression d’une certaine intelligentsia, dont les revenus ne sont que très peu liés au système de production agro-pastoral et pastoral. Le Directeur du PIDRK a clos son exposé par un certain nombre de questionnements à toutes les couches socioprofessionnelles du Mali (élus, chefs coutumiers, chefs militaires et chefs de guerre, femmes, jeunes…).

Pour sa part, le Commandant Abdoulaye Macalou dira à l’auditoire «le PSPSDN n’impose pas les choix d’investissement à faire sur le terrain» et «tout était fait à partir des demandes formulées par les populations, à travers leurs élus». Par ailleurs, il a affirmé «les chantiers avancent bien, malgré certaines difficultés enregistrées ici et là».

Invité à la table des conférenciers, le Coordinateur du PSPSDN, Mohamed Ag Erlaf, a tenu à lever les doutes que certaines personnes entretiennent. Tout d’abord, en ce qui concerne la répartition du budget alloué au programme, Ag Erlaf a expliqué que «sur les 32 milliards, environ 20 reviennent à la région de Tombouctou». Concernant le financement des volets, 35% reviennent à la sécurité, 45% au développement, 15% à la gouvernance et environ 7% à la communication.

Pour ceux qui estiment que le PSPSDN se base trop sur la sécurité, son Coordinateur a répondu: «les casernes sont construites selon les besoins, car il faut sécuriser nos populations, il faut sécuriser nos hôtes». Pour les Maliens revenus de Libye, il a révélé qu’un accent particulier sera mis pour que «nos compatriotes puissent se réinsérer dans la société malienne». D’autres sujets, comme l’exploitation de la zone lacustre, ont animé les débats. Pour Ag Erlaf, «la bataille contre l’ensablement des canaux d’irrigation ne peut être gagnée en un seul jour. Mais il faut aussi que les jeunes acceptent de courber l’échine pour y travailler et non aller chercher la solution de leurs problèmes à l’étranger».          

 Paul Mben, envoyé spécial

 

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