Prix sp√©ciaux au FESPACO 2015 : Douze donateurs pour quinze prix pour d’une valeur de 84 millions

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FESPACOSelon le conférencier  Michel Saba, cette 24ème édition de la biennale cinématographique africaine a enregistré 12 donateurs pour 15.

Des prix  aussi prestigieux que consistants ainsi répartis:

– L’Union europ√©enne avec le prix europ√©en d’une valeur de 7 millions de FCFA;

– La CEDEAO avec deux prix sp√©ciaux comprenant, comme d’ordinaire, le prix de l’int√©gration pour le meilleur film ouest- africain dont la valeur est pass√©e √† 15 millions de nos francs et le prix de la meilleure r√©alisatrice f√©minine dot√© de 10 millions de FCFA;

-L’UEMOA avec trois prix sp√©ciaux √† savoir celui de l’int√©gration dans les cat√©gories ” long m√©trage “, ” court m√©trage ” et ” documentaire “, dont les valeurs sont √©chelonn√©es respectivement √† 5 millions, 4 millions et 3 millions de FCFA;

-Le conseil de l’Entente, nouveau partenaire du festival, avec un prix sp√©cial d√©nomm√© prix Houphou√ęt Boigny dot√© de 10 millions de nos frans;

-L’UNICEF, partenaire de retour apr√®s avoir manqu√© une √©dition, avec le prix UNICEF pour les droits de l’enfant d’une valeur de 7 millions;

-La Fondation Ecobank avec le prix Semb√®ne Ousmane d’une valeur de 5 millions;

-La ville de Ouagadougou avec son prix d’une valeur de 2 millions;

– Royal Air Maroc avec le prix du m√™me nom, prix en nature d’un s√©jour √† Ouarzazate d’une valeur estim√©e √† environ 6 millions;

– La Guilde africaine des r√©alisateurs et des producteurs avec le prix Thomas Sankara d’une valeur de 3 millions;

– L’interafricaine de la pr√©vention des risques professionnels (IPRF) avec le prix de la sant√© et de la s√©curit√© au travail d’une valeur de 3 millions;

– L’association catholique mondiale de la presse avec le prix Signis d’une valeur de 2 millions;

– La loterie nationale burkinab√® (LONAB) avec le prix de la chance d’une valeur de 2 millions.

Soit un pontant cumulé de 84 millions pour les prix spéciaux.

Un prix sp√©cial a beaucoup anim√© les d√©bats lors de la conf√©rence de presse. Il s’agit du prix “Thomas Sankara”. Selon¬† le Congolais Bakupa- Kanyinda de la Guilde Africaine des r√©alisateurs et producteurs, initiateur de ce prix, “ce n’est pas un fait du hasard dans¬† car √ßa fait 27 ans que nous on y pense. 27 longues ann√©es d’attente puisque le contexte n’√©tait pas favorable. Et le r√©gime hostile. parti, les initiateurs se r√©jouissent enfin de pouvoir ” p√©renniser la m√©moire de cet illustre africain”. Les cin√©astes n’ont jamais donn√© un prix au Fespaco, fait remarquer l’initiateur. Une premi√®re donc avec ce prix. ” Ce prix est d√©j√† par lui- m√™me invit√© dans une vingtaine de festivals au monde. Celui qui sera prim√© est d√©j√† achet√© par plusieurs t√©l√©visions dans le monde.

Il faut rappeler que¬† les prix sp√©ciaux accompagnent toujours l’Etalon d’or qui passe cette ann√©e de 10 √† 20 000 000 FCFA. Ils sont attribu√©s selon les crit√®res du donateur aux Ňďuvres en lice pour la comp√©tition officielle. Ces prix seront remis cette ann√©e le vendredi 06 mars prochain,¬† √† l’issu d’un gala, avant la d√©signation de l’Etalon d’or.

Rapt à Bamako parmi les films populaires

D√®s 7 heures, la salle du cin√© Burkina √©tait pleine √† craquer¬† le mardi 3 mars dernier √† l’occasion de la premi√®re projection du film ” Rapt √† Bamako “, le long m√©trage du r√©alisateur Cheick Oumar Sissoko, en comp√©tition pour l’√©talon d’or de Yennenga.Chacun avait la curiosit√© de regarder ce film, qui, l√®ve le voile des entraves au d√©veloppement en Afrique,¬† les enl√®vements humains pour des sacrifices rituels‚Ķ

Bref en synopsis le film est une histoire qui se d√©roule dans l’entre deux tours d’une √©lection pr√©sidentielle opposant Moustapha Traor√© √† Kali Fofana. C’est alors que le second re√ßoit le soutien de fr√®res et sŇďurs venus d’un peu partout. Bien malheureusement, une observatrice fran√ßaise des √©lections venue lui rendre visite une nuit est enlev√©e. Chaque camp soup√ßonne l’autre.

La campagne prend alors une autre tournure. Commence alors le choc des cultures √† forte dose de conflit de g√©n√©rations. La m√®re de Malick, m√®re √† l’affection maladive qui prend mal que son beau fr√®re ait gifl√© son fils “insolent “, au point d’en pleurer ; Moustapha, candidat aux √©lections dont l’obsession pour le pouvoir efface toute autre chose.

Le tissu familial s’effrite davantage lorsque Malick, tr√®s affect√© par l’enl√®vement de la fran√ßaise Dominique fait une fugue et se met √† sa recherche. Il sera d’un tr√®s grand apport pour le commissaire de Police Franky dont l’√©quipe √©tait charg√©e de l’enqu√™te.

A d√©faut de l’albinos, on fait avec la blanche

Les jours s’encha√ģnent, l’inqui√©tude grandit au fil du temps et l’espoir de retrouver l’otage se r√©duit comme peau de chagrin‚Ķ Jusqu’au jour o√Ļ, par une fili√®re de mendiants qu’il avait fini par int√©grer, Malick d√©couvre la v√©rit√©. Une information invraisemblable, ont pens√© certains d’un premier abord, mais une r√©alit√© plus vraie que vrai. Et pour cause, les proches du candidat Moustapha d√©couvrent sans √©quivoque que leur fr√®re n’est pas √©tranger √† l’enl√®vement de la ” blanche “.

Le rapt visait plut√īt sa ni√®ce albinos Rokia venue du S√©n√©gal avec sa maman pour les √©lections, mais la fran√ßaise ayant √©t√© au mauvais endroit au mauvais moment, c’est plut√īt elle qui est tomb√©e dans le filet.

A d√©faut de l’albinos on fait avec la blanche “. C’est elle qui devait donc passer sur l’autel, et n’a d√Ľ son salut qu’au caract√®re bien tremp√© de Malick, en tr√®s beau et constant tandem avec sa cousine Sara.

14 ans pour le premier, 11 pour la seconde, ils auront tout le long des 1h50 minutes que dure le film bouscul√© certaines habitudes. Malgr√© leur jeune √Ęge, ils ont pu tenir leur partition dans tout le filet d’intrigues de ce film. Plus d’une fois, ils ont mis hors de leurs gongs ces adultes dont ils se sont interrog√©s sur le syst√®me de valeurs. Des adultes qui, pendant qu’ils ont perdu les traces d’un √™tre humain parlent toujours d’√©lections. Les fr√®res du candidat ont beau finir par l’inviter √† se retirer de l’√©lection sous peine de d√©nonciation, les enfants eux ont tir√© leurs conclusion : ” Ils sont fous, ces adultes “.

Cheick Oumar Sissoko, Etalon d’or 1995 avec son film Guimba, exhortera tout un chacun de lui dire si apr√®s 15 ans pass√©es sans r√©aliser de film, il devrait continuer ou arr√™ter, avant¬† de parler de sa motivation. ” Je pense beaucoup au probl√®me d’enl√®vement des otages, d’enl√®vement des enfants, mais surtout des sacrifices rituels parce que m√™me l’environnement des otages c’est un sacrifice rituel des terroristes bien entendu ! Plus ou moins c’est des entraves √† nos soci√©t√©s, et c’est cela qui m’am√®ne √† faire des films. Parce que moi c’est la libert√©, les droits humains et le progr√®s social. C’est pour √ßa que je me bats “. il a enfin pr√©sent√© et remerci√© toute son √©quipe de tournage.

Clarisse NJIKAM

 

Les coulisses

 

La ville de Ouagadougou immortalise le comédien Sotigui Kouyaté

Le com√©dien Sotigui Kouyat√© est entr√© au panth√©on de l’histoire du cin√©ma africain avec le bapt√™me de la rue 15 989 de l’arrondissement 12 de Ouagadougou en Avenue Sotigui Kouyat√©. Ainsi Sotigui Kouyat√© a √©t√© immortalis√© par les autorit√©s de la ville de Ouagadougou, le 1er mars, dans la droite ligne des habitudes du Festival panafricain de cin√©ma et de la t√©l√©vision de Ouagadougou (Fespaco).

Selon le pr√©sident de la d√©l√©gation sp√©ciale de Ouagadougou, Damien Gamin, il s’agit de rendre hommage √† l’illustre disparu, d√©c√©d√© le 17 avril 2010. “ C’est un acte que nous posons pour la post√©rit√© afin que les g√©n√©rations futures puissent trouver des rep√®res √† travers cet homme “, a-t-il d√©clar√©.

La veuve de Sotigui, Moussognoma Kouyat√©, fondatrice du centre Wamd√©, quant √† elle s’est dite r√©jouie de cette reconnaissance et a exprim√© son √©motion √† l’endroit des autorit√©s de la ville de Ouagadougou.

Le MICA prisé par les jeunes

C’est dans une ambiance festive que la 17√®me √©dition du March√© international du cin√©ma africain (MICA), cadre d’√©changes entre les acteurs du cin√©ma, a √©t√© officiellement lanc√© √† Ouagadougou, en marge de la 24√®me √©dition du Fespaco.

Le march√© international du cin√©ma africain, instaur√© depuis 1983, est un cadre d’√©changes et de rencontres entre producteurs, distributeurs et diffuseurs, qui accompagnent le Fespaco, dont le clap d’ouverture a √©t√© donn√© samedi.

Cette √©dition du MICA “se veut exigeant au gr√© des avanc√©es technologiques du moment. Nous sommes d√©j√† de plain-pied dans l’√®re du num√©rique et le march√© du film a une autre alternative que de suivre le rythme du moment au risque de se voir d√©passer par le temps”, a pr√©venu la d√©l√©gu√©e artistique du MICA, Suzanne Kourouma.

Durant six jours, dans l’enceinte du si√®ge du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), les festivaliers auront √† leur disposition des cabines de visionnage individuel afin de d√©couvrir les “merveilles” du cin√©ma africain.

Pour le ministre en charge du Commerce du Burkina Faso, Hyppolyte Dah, il appartient aux producteurs africains de mettre sur le march√© des Ňďuvres de “tr√®s belles factures” pour r√©pondre aux exigences du moment.

Il a par ailleurs indiqu√© que son d√©partement “voudrait encourager les (autres) institutions √©tatiques africaines √† accorder de moyens cons√©quents aux acteurs du cin√©ma africain”.

Les vŇďux de la Francophonie pour le cin√©ma africain

L’organisation internationale de la Francophonie (OIF), fid√®le √† sa tradition, a anim√© le mardi 3 mars dernier, une conf√©rence de presse afin de pr√©senter les vŇďux de la francophonie au cin√©ma africain. C’√©tait sous la pr√©sidence de Mme Youma Fall, directrice de la diversit√© et du d√©veloppement culturels. Elle avait √† ses c√īt√©s Souad Houssein, charg√© du cin√©ma et des projets, Toussaint Tiendrebeogo, charg√© des politiques et industries culturelles et Pierre Barrot, charg√© de la t√©l√©vision.

Mme Youma dans son intervention a exprim√© sa confiance dans l’avenir du cin√©ma africain et a d√©velopp√© les axes de l’action de l’OIF, d√©termin√©e √† mettre l’accent sur les jeunes talents. “ D’une fa√ßon g√©n√©rale, nous avons d√©cid√© d’√™tre plus attentifs aux jeunes, √† la d√©tection et √† l’√©closion des talents, √† la formation et au renforcement des comp√©tences.

Certains nous diront : attention, il ne faut pas susciter de faux espoirs, il ne faut pas aider des jeunes s’ils risquent ensuite de se retrouver sur le carreau. Si l’on raisonne comme cela, on n’avancera pas. Pour aller de l’avant, il ne faut pas se mettre dans la t√™te qu’on est soumis √† une fatalit√©. Il faut partir du principe que les salles de cin√©ma vont r√©appara√ģtre en Afrique et l’exemple de l’Ile Maurice montre que c’est possible ; il faut consid√©rer que les films africains peuvent s’exporter et l’exemple magnifique de Timbuktu est l√† pour le d√©montrer. Il faut se dire que le cin√©ma africain a un bel avenir devant lui‚Ķ ” a-t-elle indiqu√©.

R√©pondant √† la question du r√īle de la Francophonie pour qu’il y ait des films, pour que l’Afrique produise des images et les fasse circuler ? Youma a √©t√© on ne peut plus clair : ” Je vais d’abord vous parler d’argent. L’argent ne fait pas le bonheur des cin√©astes mais il y contribue. Le fonds d’aide de la Francophonie f√™te cette ann√©e ses 25 ans d’existence. Il a √©t√© cr√©√© en 1988 mais c’est √† partir de 1990 qu’il a fonctionn√© de fa√ßon r√©guli√®re, avec plusieurs commissions par an. √Ä l’occasion de ce vingt-cinqui√®me anniversaire, nous avons d√©cid√© de rebaptiser ce Fonds.

Il s’appellera d√©sormais Fonds Images de la Francophonie.¬† Le principe reste le m√™me : une commission par an pour le cin√©ma, deux pour la t√©l√©vision. Je ne vous cache pas que le fonds a moins d’argent. Nous √©tions √† 2 millions d’euros par an il y a dix ans. Nous en sommes √† 900 000 aujourd’hui. C’est pourquoi ce fonds ne peut plus fonctionner comme avant. √áa ne peut plus √™tre un guichet qui va apporter le tiers ou le quart du budget d’un film. Cela ne veut pas dire que la Francophonie va devenir pour les cin√©astes un partenaire n√©gligeable, un partenaire qui n’est pas √† la hauteur des enjeux “. Les questions des journalistes aussi pertinentes les unes que les autres ont √©t√© r√©pondus avec bravoure par le pr√©sidium. La c√©r√©monie a pris fin par un co

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