Conférence inaugurale de la rentrée culturelle 2016 : N’Diaye Ramatoulaye Diallo dévoile les ambitions de son département

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N’Diaye Ramatoulaye Diallo
N’Diaye Ramatoulaye Diallo

Du 18 au 20 février 2016 se sont déroulées les activités de la Rentrée culturelle organisée à Bamako à cause de la crise que connaît notre pays. Cette manifestation ouvre la voie, durant trois jours, à plusieurs activités du département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Cette année, dès l’ouverture de la rencontre, c’est Mme le ministre N’Diaye Ramatoulaye Diallo qui a animé la conférence inaugurale. Une manière pour elle de planter le décor ; de mieux présenter les différentes articulations de son département avec à la clé, la renaissance culturelle.
Selon N’Diaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, «la violence de l’onde de choc de la crise a eu des effets collatéraux sur les secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme au Mali. Ces secteurs ne sont pris en compte suffisamment dans les politiques de développement». D’où, selon elle, la nécessité  de recourir à nos valeurs et à nos traditions ancestrales perçues durant la crise. Le Mali, poursuit-elle, ne doit pas être en marge de la dynamique de l’agenda de développement post 2015.

«Le concept de la renaissance n’est pas une spécificité malienne.  L’historien René Raimond dit qu’une  renaissance se caractérise par l’apparition de nouveaux modes de diffusion de l’information ; la lecture scientifique des textes fondamentaux ; la remise à l’honneur de la culture ‘’antique’’ ; le renouveau des échanges commerciaux ; les changements de représentation du monde», a expliqué Mme Rama.

Pour la patronne du département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, la renaissance culturelle, artisanale et touristique est un concept-projet qui a l’ambition de fédérer l’ensemble des dynamiques de développement de ces trois secteurs. Elle se concrétisera par la renaissance par l’action en 2016. Qui sera basée sur le retour et la consolidation des grandes manifestations culturelles. Elle a cité la Biennale artistique et culturelle, la Rencontre des chasseurs de l’Afrique de l’Ouest, le Triangle du balafon à Sikasso et le spectacle des Contes de la paix, sans oublier la benjamine des activités cultuelle au Mali, le Marché des arts plastiques.

Selon Rama, la renaissance ne concernera pas que les grandes activités ou les manifestations, il y aura aussi de la  réflexion. Ce qui permettra à la renaissance d’impulser une réflexion forte sur notre compréhension du monde. C’est dans ce sens que la Pyramide du souvenir donnera le ton, le 26 mars prochain, avec une table-ronde sur notre compréhension de la démocratie. Puis, la Tour de l’Afrique apprendra l’Afrique à nos enfants. «La Concertation nationale sur le tourisme donnera les nouvelles orientations pour mon développement. Les Journées culturelles du patrimoine permettront de saisir le rôle de cette richesse dans l’évolution de notre pays», soutient Mme le ministre.

La patronne N°1 de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme au Mali n’a rien oublié lors de son exposé, et en perspective, elle voit le patrimoine culturel comme un véritable levier de renaissance des capacités de résilience et de résistance des communautés, comme un grand espoir pour la reconstitution du patrimoine culturel et pour la renaissance culturelle. C’est aussi une opportunité pour les communautés et tous les acteurs du développement culturel et touristique pour promouvoir les ressources culturelles qui sont aussi celles du tourisme.
La ministre a classé les perspectives en deux catégories. La deuxième concerne le domaine de l’artisanat et de la renaissance, avec l’entrée en vigueur au Mali du Code communautaire artisanat de l’Uemoa qui appelle à des réformes à l’échelle nationale. Sans oublier l’incitation au «consommer malien» et à la définition de mécanismes performants de financement du secteur.

«Des projets structurants à impact rapide pour les régions du Nord ; tourisme et renaissance pour faire de la renaissance culturelle, un nouvel argument d’attrait touristique ; booster la mobilité touristique des Maliens dans les limites géographiques du pays ; développer le marché du tourisme domestique, d’affaires et d’événementiel ; accroître les potentialités du tourisme scolaire et universitaire», tels sont les grands axes sur lesquels Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo compte bien travailler ardemment. Pour elle,  la renaissance n’est pas un concept qui se construit et se met en œuvre en une année. Mais en cette année 2016, il s’agira de créer les bases d’un ancrage culturel, artisanal et touristique dans les réflexes de développement. Au cours de cette même année, il s’agira aussi de recourir à toutes les expertises nationales pour mettre en œuvre les stratégies nationales de développement des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme. Mais surtout de nouer les partenariats utiles pour palier le problème de financement des différents secteurs. «En 2016, enfin, il s’agira pour nous de maintenir la flamme de l’espoir et cela n’est pas possible sans vous tous ici réunis. Allah ka san hèrèw tchaya» a-t-elle conclu.

Comme on le voit, c’est là un véritable projet pour une vraie renaissance. Reste maintenant le financement de ces activités. Déjà, Orange-Mali a donné le ton. Espérons que les autres sociétés et entreprises lui emboîteront le pas, pour le bonheur de nos artistes, artisans et autres opérateurs touristiques qui souffrent depuis le début de la crise en 2012.
Kassim TRAORE

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