Ressusciter les valeurs morales

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Tiken Jah Fakoly, promoteur du festival
Tiken Jah Fakoly, promoteur du festival

Organisé du 22 au 24 octobre 2015, le festival historique manding tenu à Siby a regroupé un beau monde venu de la Côte d’Ivoire, du Burkina-Faso et du Mali. Avec un important dispositif sécuritaire de chasseurs dôssô et de l’armée nationale (Fama), cet événement a enregistré la présence de diverses personnalités. Voici les commentaires de certaines d’entre elles.

Kanimba Camara, maire de Siby

Siby est une localité située au cœur de l’histoire du Mandé pour avoir disposé du symbole de l’histoire de Camara (l’arche de Kamadjan). Cet homme fédérateur est à la base des assises de Kurukanfuga qui ont posé les bases de la démocratie dans le Mandé. Le Mandé, en général, est une terre d’hospitalité et un temple sacré de l’histoire. Selon Djibril Tam-Sir Niang, c’est à Siby que Soundiata a préparé la bataille de Kirina pour affronter Soumaoro Kanté, à travers le sacrifice de cent taureaux blancs, de cent béliers blancs et de cent coqs blancs. Quittant les lieux de ces sacrifices, Soundiata rentra à Siby, rencontra sa sœur Nana Kliba et son griot Bala Fa Séké qui s’étaient échappés de la cour royale de Sosso. C’est pourquoi Frank Camara, guerrier de Siby, Kamadjan Camara, roi de Siby et Munafran de Tabou ont largement contribué à la victoire de Soundiata sur le roi sorcier de l’empire du Sosso. Au-delà de Soundiata, d’autres figures historiques du Mandé ont séjourné à Siby parmi lesquelles on peut citer : Kankou Moussa, Samory Touré, El Hadji Oumar Tall. Le choix de Siby pour organiser le festival est donc amplement mérité.

Amadou Oumar Hass Diallo, ministres des Affaires religieuses et du Culte

Au nom de Mme la ministre de la Culture, de  l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, dont j’assume l’intérim, je dis merci aux initiateurs et à la population du Mandé. Aujourd’hui, à travers ce festival, nous donnons la preuve que la culture peut être un moteur d’unité, de développement et surtout de paix. Le département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme n’a ménagé aucun effort. J’ai moi-même participé à l’une de ses réunions entre le Grand forum et Mme la ministre. C’est juste pour vous dire que le département a été impliqué et reste aux côtés de la culture dans toute son expression, pour que désormais nous sortions de la culture simple du folklore pour la culture de ce que nous avons comme valeurs immatérielles, celle qui fait l’homme.

Tiken Jah Fakoly, promoteur du festival

Nous sommes très heureux de voir que toute la population de Siby adhère à cette initiative. Toute chose qui nous encourage. Le ministre l’a dit, notre intention est de pérenniser ce festival et chaque année, nous souhaitons nous retrouver à Siby pour que les anciens nous racontent l’histoire manding. Comme nous le savons, un peuple sans histoire est comme un arbre sans racines.

Kabey Konaté, artiste reggaeman burkinabè

Le festival est à sa première édition et je pense que ça va grandir petit à petit avec le temps. C’est vraiment salutaire, ce que Tiken et son équipe font. On ne peut que leur tirer chapeau. On espère qu’à la deuxième édition, on sera programmé avec tout notre groupe. Dans ma prestation, que vous avez certainement suivie, le message est ce qui se passe chez nous au Faso. Nous avons certes eu des problèmes avec un président qui ne voulait pas quitter le pouvoir. Le peuple l’a dégagé, suivi de ce revirement de la situation avec le RSP, que le peuple a encore une fois remis à sa place. C’était aussi pour dire à la nouvelle génération qui se laisse embobiner par les mille francs et les T-shirts que ce n’est pas comme ça que viendra le changement. On a besoin d’un bon programme de campagne, de quelqu’un qui est digne de confiance pour gérer les affaires du pays.

Sévérine Laurent, Secrétaire générale à l’organisation du festival

Cela fait une vingtaine d’années que je travaille dans le secteur de la communication et de l’audiovisuel en Afrique et le Mali m’a adoptée, il y a de cela une dizaine d’années. Pourtant, jusqu’aujourd’hui, chaque fois je prends un avion pour venir au Mali, toute ma famille est inquiète. Elle s’inquiète de la guerre, des jihadistes, mais je lui ai répondu que non ! Quand Tiken est venu me voir l’année dernière pour qu’on explique au monde que l’Afrique n’est pas seulement que de l’esclavage et de la colonisation. C’est également tout un tas de merveilles culturelles, d’épopées magnifiques, de grands noms qui se sont inscrits dans l’histoire. Ce sont les hommes noirs qui ont parlé pour la première fois de paix dans le monde à travers Martin Luther King, Nelson Mandela…J’ai vraiment envie de montrer à ma famille de France que le Mali n’est pas ce qu’on montre à travers les médias internationaux.

Au regard de toutes ces réaction, force est de reconnaître que le festival du Mandé contribuera à ressusciter les valeurs morales de cette localité et partant, celles du Mali.

Gabriel Tiénou/Stagiaire

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2 COMMENTAIRES

  1. Quelle honte ce doudouni doumbia poulet jabo dit tiken jah doumbia. Faux cul et traitre clown Ă  la cause africaine, qui soutient son semblable de fĂ©lon ouattara en CĂ´te d’Ivoire. Je le dĂ©teste depuis son positionnement françafricain nĂ©ocolonial lors de la crise ivoirienne qui a vu l’installation au pouvoir en Cote d’Ivoire de tous ces vendus pro-ouattara Ă  l’impĂ©rialisme occidentalo-français.
    C’est malheureux que l’analphabĂ©tisme politique en Afrique pousse encore des âmes naĂŻves Ă  applaudir ce traitre Ă  la cause de l’indĂ©pendance africaine dont dĂ©pendent toutes nos valeurs.

  2. …………Grand merci TIKEN Jah DOUMBIA . Toute l’Afrique est fier de vous et pas seulement le MandĂ© car,Ă  travers des initiatives de ce genre,c’est tout un continent qui est Ă  l’honneur. Nous voulons toujours chercher plus loin,en Occident alors que nous avons des bases sur les quelles ,nous pouvons nous rĂ©fĂ©rer et travailler dessus. Nous devons d’abord chercher Ă  nous connaĂ®tre,Ă  connaĂ®tre notre histoire au lieu de nous comporter comme des bĂŞtes Ă©garĂ©es dans la nature qui ne savent plus oĂą aller et qui ont oubliĂ© d’oĂą elles sont parties. Vous ĂŞtes sans doute l’Africain qui lie la parole auX actes loin et très loin des hommes politiques. Que Dieu vous protège !

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