Souleymane Traoré, dit Neba Solo à propos du festival tringle balafon

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Fils du terroir, l’artiste  de Nebadougou, Souleymane Traoré, communément appelé Neba Solo est le pur produit du festival balafon de Sikasso. Présent  à la 8ème édition de l’évènement international,  il a bien voulu répondre à nos questions. 

« C’est un facteur de rapprochement et un espace de brassage des peuples de la sous-région »

Le Pouce : Comment êtes-vous venu dans la musique ?

 Souleymane  Traoré : « Depuis mon enfance, j’ai commencé à jouer au balafon. J’ai d’abord commencé  à apprendre avec mon grand-frère qui jouait le balafon et apprendre  à fabriquer cet instrument fabriqué par mon père. Ensuite j’ai commencé à chanter, car ma maman était une chanteuse.  Après quelques temps, j’ai décidé de valoriser le balafon. J’ai fait ma propre création. C’était en fin 1986, début 1987. Quand, j’ai fait cette création, les gens ont commencé à parler de Solo qui vient de Nebadougou. Mon village est Nebadougou. Voilà que c’est cet instrument qui m’amène partout dans le monde ».

Le Pouce : Qu’est-ce que le balafon représente pour vous en tant que, artiste ?

Souleymane  Traoré : «  Le balafon est un instrument qui signifie la paix. Cet instrument est aussi le symbole du travail. On utilisait le balafon pour encourager les cultivateurs et les travailleurs. Rien ne marche sans le manger. Quand tu fais mal, on te critique avec le balafon. En jouant le balafon, une seule lame ne peut rien donner. Le balafon, c’est deux, trois, quatre, cinq, six, jusqu’à vingt lames. Pour faire la musique, il en faut beaucoup de lames. Un seul doigt ne peut pas prendre les cailloux.  C’est pour dire aux gens que nous devons nous regrouper pour faire la paix. Aidons-nous pour faire du bien et de bonnes choses ».

Le Pouce : Que pensez-vous de ce festival qui est célébré depuis plusieurs années maintenant à Sikasso?

Souleymane Traoré : «  Si, je ne me trompe, c’est la 13ème édition du festival triangle du balafon. J’ai été le premier lauréat de ce festival. Depuis, je suis resté comme le djatigui. Ce festival m’a apporté beaucoup de bonheur. Quand je vois, les enfants, les femmes et les jeunes utiliser le balafon, c’est comme si, mon rêve a été réalisé.  C’était mon ambition dans la vie. Ce festival n’est plus un festival du triangle seulement, mais c’est devenu, un festival international. Mais le mot triangle est tellement important dans notre milieu. Les trois pieds de la cuisine forment le triangle. C’est pour vous dire que le festival est une sorte de creuset  où tout le monde peut se trouver dedans, pour valoriser le balafon et favoriser l’intégration de la sous-région.  C’est un facteur de rapprochement et un espace de brassage des peuples de la sous-région qui se regroupent ici. Voici l’importance. En tant pays voisins, ce festival nous permet de discuter sur nos préoccupations et inquiétudes communes ».

Entretien réalisé à Sikasso par JEAN GOITA

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