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C'est parti depuis le 4 septembre pour l'édition 2007 du festival concours de courts métrages vidéo "Clap Ivoire International" destiné aux jeunes techniciens et réalisateurs des pays de l'UEMOA. Cette année, deux films maliens sont en compétition. Il s'agit de "Destin hypothétique" de Kadiatou Konaté, un documentaire et de "La mosquée et l'église" du jeune Bouna Chérif Fofana dans la section fiction.
La cérémonie de lancement a été présidée par la Directrice de cabinet du ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d'Ivoire, Mme Appia Kouassi Sophie en présence d'éminentes personnalités.
Ce festival-concours de courts métrages dénommé est organisé par la Direction du Centre national des arts et de la culture de la Côte d'Ivoire en vue d'encourager les jeunes techniciens et réalisateurs des pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
Cet événement culturel qui a commencé dans la capitale ivoirienne le mardi 4 septembre, est devenu un véritable outil d'intégration sous-régionale. Mme Appia Kouassi Sophie a officiellement lancé l'édition 2007 de Clap Ivoire au Foyer II de l'hôtel Ivoire en présence de plusieurs invités de marque, dont les représentants de l'Organisation Internationale de la Francophonie, Paul Charlemagne Coffi et de l'UEMOA, Alhassane Ag Mohamed.
Les candidats qui participent à la phase finale de Clap Ivoire ont été d'abord sélectionnés au niveau de leur pays, à travers un concours national en documentaire et en fiction. L'édition 2007 de Clap Ivoire met donc en compétition les candidats de façon distincte sur deux genres de films, à savoir la fiction et le documentaire.
Sur les 16 candidats venant des huit pays de l'UEMOA, seuls les candidats de la Guinée Bissau ne sont pas présents à ce rendez-vous du 7è art africain. Le Mali est représenté par Kadiatou Konaté avec son film "Destin hypothétique", un documentaire et Bouna Chérif Fofana avec "La mosquée et l'église" dans la catégorie fiction.
Si le jeune réalisateur est présent à Abidjan, Kadiatou Konaté n'a pas malheureusement fait le déplacement pour cause d'une autre invitation en Europe.
Mais les directeurs des centres cinématographies des pays invités sont là. Le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) est représenté par le réalisateur Alou Koné, responsable du nouveau studio école de la structure.
"Destin hypothétique" de Kadiatou Konaté est un documentaire de 6 minutes sur un accident du travail. Il raconte l’histoire d'Oumar, un ouvrier âgé de 27 ans, qui travaille dans une usine d'égrainage de coton du Mali. Il se fait hacher les deux avant-bras par une machine. Oumar n'avait malheureusement pris les précautions nécessaires. Sa vie sera sauvée, mais il va perdre ses deux bras. Ne pouvant plus accomplir les gestes les plus élémentaires et les plus intimes, c'est sa jeune femme qui devra désormais s'occuper de lui.

La fiction de Bouna Chérif Fofana "La mosquée et l'église" longue de 6 minutes également parle de religion. Il s'agit d'un jeune fonctionnaire, du nom de Moustapha Gakou, réputé être un fervent musulman et de sa femme, Joséphine Coulibaly, très attachée à sa religion chrétienne. Tous les deux sont les heureux d'un petit garçon de 5 ans. Pour l'éducation religieuse de l'enfant, une polémique éclate entre les époux, chacun voulant l’élever dans sa propre religion.
Ce sont ces deux films sur lesquels le Mali compte, pour la première fois dans Clap Ivoire, pour décrocher un prix. Car le Mali n'a jamais enlevé de prix depuis la création de ce concours de courts métrages. En tout cas, le jury aura cette année une lourde tâche pour départager les candidats tant le niveau des oeuvres est relevé.
Le Coordinateur général de Clap Ivoire, Yao Norbert Etranny, qui est aussi le Directeur du Centre national des arts et de la culture de Côte d'Ivoire, a déclaré lors du lancement que le décor était planté pour faire de Clap Ivoire 2007 une sympathique fête du 7è art, qui n'attend plus sur son gâteau que la cerise de la qualité des films en compétition.
Le représentant de l'OIF, Paul Charlemagne Coffie s'est déclaré honoré d'être parmi les invités à cette cérémonie. En effet, c'est la troisième année consécutive que l'OIF apporte son soutien financier et technique à ce festival de courts métrages. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en matière de l'audiovisuel, l'OIF se place dans la perspective du développement durable et de la consolidation d'une "filière image".
"Les actions visent à améliorer l'organisation de la production audiovisuelle afin de doter les professionnels des capacités à se poser en interlocuteur crédibles auprès des pouvoirs publics, financiers ou techniques, à accroître le volume de la production, à en améliorer la promotion et la mise en marché et à en développer l'exploitation" a-t-il déclaré. Avant d'ajouter que "l'OIF intervient à tous les stades de la vie des productions audiovisuelles du Sud. Cette politique rend justice au potentiel de développement et au rôle central en matière de diversité culturelle".
La Francophonie débloque chaque année plus d'un milliard de FCFA pour la production audiovisuelle car force est de reconnaître que de nombreux pays africains, en particulier, sont devenus aujourd'hui totalement dépendants des images extérieures, avec surtout les risques de perte d'identité que cela implique.
C'est pour cette raison, dira le représentant de l'OIF, que la Francophonie a institué depuis 1988, un fonds de soutien à la production audiovisuelle Sud. Qui est géré conjointement avec le Conseil international des radios et télévisions d'expression française, à hauteur de 2 millions d'euros par an, soit plus d'un milliard de FCFA.
Le représentant de la Commission de l'UEMOA, Alhassane Ag Mohamed a adressé les sincères salutations de son président, Soumaïla Cissé, qui aurait bien voulu participer à cette cérémonie d'ouverture. Selon lui, la culture constitue un vecteur essentiel d'intégration.
Raison pour laquelle l'UEMOA a entrepris d'importantes actions afin de concrétiser une politique communautaire des arts et de la culture. Ainsi, l'UEMOA est devenue aujourd'hui un partenaire privilégié de Clap Ivoire, à travers l'attribution de prix pour récompenser et encourager la production cinématographique au sein de l'espace UEMOA.
"Le 7è art peut, en tant que véhicule culturel, défendre la paix, promouvoir la solidarité et stimuler l'intégration, pour une véritable complémentarité entre les peuples. Les jeunes talents de l'espace UEMOA ont déjà prouvé qu'ils sont à la hauteur de cette noble ambition : c'est notre fierté et notre consolation" dira Alhassane Ag Mohamed.
envoyé spécial Alou B. Haïdara
Bouna Chérif Fofana, jeune réalisateur malien : «Je souhaite faire honneur au Mali»
Jeune réalisateur malien, Bouna Chérif Fofana participe pour la première fois au concours de courts métrages destiné aux jeunes réalisateurs des pays de l'UEMOA. Son film "La mosquée et l'église" est en compétition dans la catégorie fiction. Bouna souhaite ardemment remporter le Grand prix cette année, pour faire honneur à notre pays qui n'a jusqu'à présent rien gané à Clap Ivoire international. C'est ce qui ressort de l'entretien qu'il nous a accordé, à la faveur de ce festival, à Abidjan.
Bamako Hebdo: Pourquoi êtes-vous présent au festival "Clap Ivoire International 2007"?
Bouna Chérif Fofana : Effectivement, je suis parmi les candidats de ce concours de courts métrages destiné aux jeunes réalisateurs des pays de l'UEMOA. Je présenté un film intitulé "La Mosquée et l'église", qui a été retenu par le Centre national de la cinématographie du Mali pour représenter notre pays dans la catégorie fiction. En tournant ce film de 6 minutes, j'ai essayé de parler des relations entre un Musulman et sa femme chrétienne. Y aura-t-il des polémiques au niveau du foyer, surtout pour l'éducation de leurs enfants? Je pense que cela ne doit pas poser de problèmes s’ils s'aiment. Ma motivation pour Clap Ivoire, c'est que c'est un festival qui regroupe les jeunes réalisateurs de l'UEMOA et que c’est donc un événement dont il faut surtout profiter pour se faire connaître. Nous allons découvrir beaucoup de choses à travers ces rencontres. Il faut que nous les jeunes, nous nous battions pour redonner au cinéma africain ses lettres de noblesse. Nous allons faire de notre mieux.
Vous êtes à votre première participation à ce festival?
Oui, c'est ma première participation à Clap Ivoire. Je suis vraiment heureux d’être aujourd'hui parmi les jeunes réalisateurs des pays de l'UEMOA. Je pense que c'est cela la véritable intégration africaine. Je me sens très bien avec eux.
Etes-vous convaincu qu'avec votre film, Musulmans et Chrétiens pourront se donner la main et que les mariages interreligieux pourront évoluer sans problèmes?
Je pense que oui. Vous savez, au Mali, Musulmans et Chrétiens peuvent se marier sans problème. Mais, après le mariage, certaines familles commencent à montrer leur vrai visage. Je pense que ce n'est pas bon. Les deux religions cohabitent chez nous, il ne faut pas les opposer. Donnons nous la main, cela est important.
Avez-vous rencontré des difficultés pour faire ce film?
Effectivement, j'ai rencontré beaucoup de difficultés en faisant ce film. Comme vous le savez, je suis étudiant. C'est avec ma bourse que j'ai réalisé "La Mosquée et l'église" avec l'aide de certaines bonnes volontés. L'équipe technique est composée de quatre personnes et les comédiens sont au nombre de cinq. Nous avons fait ce film sous forme de sitcom, pour montrer aux autres qu'on peut faire quelque chose avec peu. Le Centre national de la cinématographie du Mali a trouvé que ce film était intéressant et m’a aidé pour le montage.
Etes-vous optimiste quant à l’issue de Clap Ivoire pour le Mali?
Bien sûr. Je suis optimiste. Je souhaite remporter le Grand prix cette année pour honorer mon pays. Vous savez, le Mali n'a jamais remporté un prix depuis que le festival a vu le jour. Je souhaiterais ardemment être le premier.
Propos recueillis par Alou B HAIDARA
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