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Société
Bamako, carrefour des fous : La pathologie est-elle sociale ?
 Nouvel Horizon, 10/01/2008 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

Presque partout sur les grandes artères de notre capital, les malades mentaux communément appelés des fous sont de plus en plus nombreux. Fréquemment on les rencontre à travers les ruelles, au centre-ville et un peu partout d’ailleurs. Conscient de cette réalité et dans le souci de trouver une explication aux causes réelles de cette maladie, nous avons rapproché le psychologue Ahmadou Abdoulaye Dicko, professeur à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines.

            Qu’est-ce qu’un fou ? Ce phénomène est-il naturel ou artificiel ? Cette maladie est-elle incurable ? Ce sont autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses. Cela pourrait aider dans la recherche de voies et moyens permettant d’éradiquer sinon de freiner le phénomène dans notre société, mais aussi contribuer à faciliter la prise en charge de ces malades dans le cadre d’une couverture sanitaire entreprise par les autorités.

 
QU’EST-CE QU’UN FOU ?

            Selon le professeur Dicko, le terme fou n’est pas approprié en psychopathologie, il est péjoratif et ne rend pas compte de la gravité de la situation. Communément, le terme utilisé est le malade mental.

            En effet, un malade mental est un sujet dont la structure et le fonctionnement de sa personnalité se trouvent profondément perturbés. Ainsi, il est à la recherche permanente d’un équilibre, d’une revalorisation de soi. Le Moi du sujet a souligné le professeur, connaît un sérieux clivage, “Moi Coincé”. Cette situation peut revêtir une forme névrotique ou psychotique.

 
CE PHENOMENE EST-IL NATUREL OU ARTIFICIEL ?

            Il a répondu que la maladie mentale est un long processus de désadaptation, de désintégration psychique. Selon le professeur, on ne devient pas malade mental d’un coup de baquette magique. Par ailleurs, ce sont les événements stressants qui sont la source de cette désintégration, qui nous amènent à développer un faible coping, c’est-à-dire faire face. En ce moment, le processus invalidant peut commencer.

 

            Il faut cependant reconnaître que l’aspect artificiel (de la main de l’homme) est une optique envisageable. Ainsi, les acteurs ou les comportements d’autrui envers soi peuvent être des facteurs déclencheurs de troubles psychologiques. Enfin, il y a aussi le côté simulation ou factice de la maladie mentale. Un sujet peut feindre d’être malade pour échapper à une situation (recrutement militaire, prise de responsabilité...).

 
QUELS SONT LES DIFFERENTS FACTEURS QUI ENGENDRENT CETTE MALADIE ?

            A entendre le professeur Dicko, à la base de tout trouble psychologique ou mental, il y a une contrariété, le sujet ayant été empêché d’agir, de se faire valoir. Il a ensuite ajouté la cause de l’absence de modèle d’identification positive (masculinité, féminité), une faible estime de soi, une mauvaise gestion et lecture des événements de la vie.

            Face à une catastrophe naturelle, une guerre, le sujet peut manquer cruellement de ressources pour y faire face. Ceci peut déclencher une conduite pathologique qui ira en se développant. La qualité de vie, la nature des rapports socio-culturels, les rapports homme-environnement sont tant de facteurs qui peuvent déclencher et entretenir une maladie mentale.

QUELLES SONT LES MANIFESTATIONS GLOBALES A RETENIR ?

            D’après le professeur Dicko, pour ne retenir que la psycho schizophrénie, il y a lieu de parler des trois types les plus en vue. Schizophrénie paranoïde, shizophrénie dysthymique, et schizophrénie déficitaire ou hébéphrénique. Selon ses explications, pour que l’on soit qualifié de schizophrénie, il faudrait des manifestations cliniques suivantes : présence d’hallucination, troubles du cours de la pensée et délires. Ce sont là des manifestations majeures. Le type paranoïde présente plus d’accès de colère, d’agressivété, de délire de persécution lié très souvent à un déni de la réalité.

 

            Par ailleurs, le type dysthymique présente beaucoup plus de variations de l’humeur, assez d’inhibition mais c’est aussi dangereux que le premier. Ainsi, le caractère dysthymique peut être une carapace de surface.

            Il poursuit pour dire que le troisième type est beaucoup plus lié à une cause déficiente, une carence sur le plan de la construction des schémas perceptifs, au milieu intellectuel, une pauvreté dans le langage, et dans le raisonnement logique. Ce qui est souvent observé, a indiqué le professeur Dicko.

 
LES PHENOMENES SOCIAUX ONT-ILS UN RAPPORT AVEC CETTE MALADIE ?

            La réponse est affirmative, sans équivoque d’après M. Dicko. Ce sont les événements de vie stressants, la réalité des relations sociales tissées les frustrations diverses, les contrariétés, les déficits communicationnels, tous ceux-ci en perdurant dans une famille, une communauté, peuvent engendrer des troubles fonctionnels psychotiques, des problèmes cruciaux d’identité. En effet, a-t-il démontré, la maladie mentale répond à l’hypothèse clinique d’une inadaptation sociale, d’un faible coping, d’une de soi causée par autrui.

 

            En outre, l’être humain est un être d’attaches, de référence communautaire. Si nous nous sentons donc étrangers, indique Ahmadou Dicko, il y aurait de fortes chances que la maladie mentale (à base fonctionnelle) se manifeste et crée un processus invalidant.

 
EXISTE-T-IL UN MALADE MENTAL INCURABLE ?

            La réponse est affirmative chez le professeur Dicko. Il souligne que les psychoses sont généralement très difficiles à guerrir, et le risque de récidive demeure toujours important. Comme exemple, les schizophrénies sont généralement incurables.

Hady BARRY
Nouvel Horizon, est seul responsable du contenu de cet article  
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Posté par boulbi  144,  le 18 Jan 2008 07:51:22 GMT
 
qu es qu un fou .je pense que s es plus complexe que ca mais bon il a peut etre pas voulu
rentrer dans des details plus techniques moi j aurai bien voulu qu on me parle de leur prise
en charge dans la societé maliennne ,
 
  Répondre à < boulbi >
Posté par ciswen  409,  le 11 Jan 2008 10:34:56 GMT
 
Ce professeur donne une minorité de cause à la folie, il y en bien d'autre. L'usage de
stupéfiant, l'absorption excessive d'alcool, l'inhalation régulière de produit chimique et
les liens de consanguinités sont égalements responsables de cette pathologie. En retirant
ces quatre causes, on diminura très sensiblement ce nombre de "fou"
 
  Répondre à < ciswen >
Posté par Niçois  348,  le 10 Jan 2008 12:18:24 GMT
 
Ecouté soyons serieux et donnons à Cesar ce qui l'appartient. Ce Pr Dicko ne connait même
les differentes sortes de maladies mentales il ne parle que de la Schizophrénie alors qu'il
y'a d'autres, et puis qu'est ce qu'il s'est en ce qui conserne la prise en charge. Où sont
partis nos Pr en Psychiatrie
 
  Répondre à < Niçois >

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