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Depuis janvier, Kébé et Kalifa Cissé sont devenus les deux porte-drapeaux du football malien en Premier league.
Quand on parle de championnat d'Angleterre, la plupart de nos compatriotes pensent systématiquement à trois joueurs : Mohamed Lamine Sissoko "Momo", Djimi Traoré (tous deux anciens sociétaires de Liverpool) et Mamadi Sidibé qui évolue à Stoke City (D2) depuis plusieurs années. Peu de gens vous parleront de Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé qui ont traversé la Manche cette année pour poser leur valise à Reading, une équipe qui évolue pourtant en Premier league, tout comme Manchester United, Arsenal, Chelsea, Liverpool, Tottenham etc...
The Royals, comme on appelle les joueurs de Reading en Angleterre occupent actuellement la 18è place du championnat avec 22 points contre 64 pour le leader, Arsenal. Fondé depuis 1871, Reading a dû attendre plus d'un siècle (135 ans pour être précis) avant de devenir champion d'Angleterre de D2 en 2006 et décrocher son billet pour la Premier league.
Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé qui sont aujourd'hui les seuls Maliens à jouer dans l'élite anglaise après les départs de Momo Sissoko et Djimi Traoré, respectivement à la Juventus et à Rennes, ont en commun d'avoir porté chacun le maillot des sélections de catégorie d'âge du Mali. Le premier a participé à la coupe du monde junior en 2003 aux Émirats arabes unis avec les Aiglons, tandis que le second a été quart de finaliste des J.O. d'Athènes avec les Aigles "B".
Joueur polyvalent, Kalifa Cissé, 27 ans (il est né le 1er septembre 1981 à Dreux en Fance), a commencé sa carrière à Toulouse en 2003 avant de passer du côté du Portugal où il évoluera successivement avec Estoril (D1, 2004-2005) et Boavista (D1, 2005-2007). Contacté l'année dernière par Reading, le Franco-Malien quitte alors le Portugal et signe un contrat de trois ans avec les Royals où évolue au poste de milieu de terrain.
La veille de la publication de la liste des 23 joueurs retenus pour la CAN 2008, nombre de nos confrères avaient plaidé pour Kalifa Cissé à l'époque très en vue avec Reading. Peine perdue car le sélectionneur national, Jean-François Jodar avait déjà décidé de ne pas intégrer de nouveaux éléments notamment les joueurs qui n'avaient pas participé aux éliminatoires et aux rencontres de préparation.
Le coéquipier de Kalifa Cissé, Jimmy Boubou Kébé sera également victime de la politique "d'exclusion" ou plutôt du manque de confiance du technicien français à l'égard de la jeune génération. Le cas de Jimmy Boubou Kébé est d'autant plus regrettable que le milieu de terrain international avait été l'une des grandes révélations des J.O. 2004 et qu'il était en grande forme au moment de son transfert en janvier dernier à Reading. En atteste ce bras de fer avec les dirigeants de Châteauroux qui ont tout fait pour l'empêcher de quitter la France, mais en vain.
À l'instar de Kalifa Cissé, Jimmy Boubou Kébé est né en France, précisément à Vitry-Sur-Seine un 19 janvier 1984. Kébé, comme l'appellent familièrement les supporters fréquentera le centre de formation de la Gaillette (France) avant de signer son premier contrat avec Lens en 2006. La même année, le milieu de terrain offensif sera prêté à Châteauroux puis à l'US Boulogne où il inscrira 5 buts en 16 matches. Comme il fallait s'y attendre, les clubs huppés n'ont pas tardé à se manifester, à commencer par Reading qui fera des propositions à Châteauroux lors du mercato d'hiver.
Le club français tentera de s'opposer au départ de Jimmy Boubou Kébé, mais après quelques semaines de bras de fer, notre compatriote traverse la Manche et rejoint Kalifa Cissé chez les Royals. Le transfert du milieu de terrain des Aigles "B" coïncidera avec le départ de Mohamed Lamine Sissoko à la Juventus et le retour en France de son ancien coéquipier de Liverpool, Djimi Traoré qui s'engagera avec Rennes après un bref passage à Portsmouth.
Depuis janvier donc, Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé sont devenus les deux porte-drapeaux du football malien en Premier league, un championnat qui fait rêver tous les grands noms de la planète foot avec ses stades ultra-modernes, la bonne santé financière des clubs et un public qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
S. B. TOUNKARA
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