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Mali-sadio ou Mali-cajo ? Une histoire à plusieurs interprétations
 Soir de Bamako, 18/06/2008 Commentaires [ 10 ] E-mail Imprimer

Si Bafoulabé symbolise une ville où se rencontre deux affluents (le Bafing et le Bakoye), elle symbolise aussi l’histoire de l’hippopotame. Des informations recueillies à Bafoulabé, il ressort que dès sa naissance, cet animal est protégé par sa mère, contre le mâle.

 

          L’hippopotame sortait des eaux pour se balader. L’animal sera aperçu par un habitant qui remarquera que son corps est diversement coloré : son front et ses quatre pattes sont blancs. L’animal prévenait aussi tous les dangers qui pouvaient survenir. Alors, adulé et adoré par tous les habitants de la ville, il sera considéré comme un symbole de fraternité.

 

          C’est ainsi que chaque cri de l’hippopotame sera interprété par les sages de la ville. Mieux, ces cris annonçaient souvent des exécutions sommaires de personnes par les colons français, à l’époque coloniale. Selon nos sources, il n’a jamais été question de relation d’amour entre l’animal et une quelconque fille.

 

          Toujours selon les mêmes sources, l’animal s’entendait avec tout le monde (vieux, adultes, jeunes, garçons et filles), et ses cris ne sont entendus qu’à une période donnée. Seuls les sages pouvaient en expliquer le sens, et en contrepartie, des sacrifices étaient faits pour éviter d’éventuelles calamités.

 

          Des témoignages des uns et des autres, il ressort que le nom de l’animal est Mali-Cajo -un mot kassonké qui veut dire Tchatcho en bambara-,  et non Mali-Sadio comme on veut le faire croire.

 

Qui a tué Mali-Cajo?

          C’est dans ce climat de paix que Mali Cajo et la population de Bafoulabé cohabitaient. Mais brusquement, l’animal fut tué dans des conditions obscures. Pour les uns, l’hippopotame a été abattu par le colon français, Cauchon, parce que, selon les explications, ce sont les cris de l’animal qui l’embêtaient.

 

          Surtout qu’avant chaque exécution sommaire de gens jugés comme des traîtres par les colons, c’est Mali Cajo qui informait la population par ses cris, qui sont interprétés par les sages.

          Pour les autres, c’est le chef de village et non moins chasseur, Minangourou  Diallo qui aurait tué l’animal. Et c’est lui qui aurait convaincu  la population que le colon Cauchon est l’auteur de la tuerie de l’animal.

         

Mais ce qui est sûr, c’est que depuis la mort subite de Mali-Cajo, les problèmes et crises n’ont cessé de se succéder. Et cela, jusqu’à l’arrivée de El Hadji Oumar Tall pour sa campagne d’islamisation dans la localité.

Sadou BOCOUM

 

PELOTON MILITAIRE DE BAFOULABE

Un lieu transformé en résidence du CAP

          Le 1er peloton militaire occupé par le colon Cauchon garde encore la trace de ses vieilles installations. Situé sur la rive gauche du Bafing, ce lieu permettait de se positionner, face aux envahisseurs pouvant venir de Yélimané, et même de la Côte d’Ivoire.

 

          En effet, des chasseurs, dont un certain Bédié Coulibaly, poursuivaient les éléphants de la Côte d’Ivoire jusqu’à Bafoulabé. Aujourd’hui, ce lieu a été transformé en résidence du CAP de l’école de la ville. Une partie constitue un terrain de football où Cheick Sala Sacko a fait ses débuts en tant que joueur.

 

L’ILE DE BABAROTO

On y exécutait les prisonniers

          Située sur la rive droite du Bafing et de la rive gauche du Bakoye, l’île de Babaroto mérite d’être considérée comme un patrimoine culturel. Ainsi, une fondation doit y être construite, pour en faire un lieu de tourisme.

 

          En effet, c’est dans cette île que le colon français, Cauchon, exécutait les esclaves indisciplinés et les personnes suspectées d’être de connivence avec “l’ennemi”. Ce qui a donné, à l’endroit, le nom “d’école des fils d’otage”. Plusieurs personnalités africaines et d’autres nationalités y furent exécutées par le colon Cauchon qui dirigeait la ville.

 

UNE QUESTION D’ACTUALITÉ

Bafoulabé serait-elle maudite par El Haj Oumar Tall?

          Malgré sa célébrité au Mali, la ville de Bafoulabé serait maudite par El Hadj Oumar Tall. Ce qui expliquerait sa dérive actuelle. Pour les uns, le saint homme, à son arrivée dans la ville, a été accueilli uniquement par les femmes. Aussi aurait-il béni ces femmes et maudit les hommes.

 

          selon les uns, les hommes de Bafoulabé ne réussiraient qu’à condition de quitter la ville. Et seules les femmes y réussissent. Mais selon les autres, El Hadj Omar Tall n’a maudit aucun homme, même si l’on reconnaît que ce sont les femmes uniquement qui sont allées l’accueillir. Aussi, en guise de reconnaissance, il a béni toutes les femmes. Mais jusqu’à présent, c’est cette croyance qui reste de mise.

 

LA FAMILLE DE FEU ALIOUNE BLONDIN BEYE

Complètement en ruine

          Située en plein coeur de la ville, la famille appartenant à l’ancien ministre de la République et représentant de l’OUA en Angola, feu Alioune Blondin Beye, est complètement en ruines. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quelques gravats et morceaux de mur. Et seuls des arbustes et des herbes touffues y sont visibles.

         

En tout cas, ses héritiers doivent penser à reconstruire cette famille pour les générations futures. Car cet ancien fin et charismatique diplomate fut et demeure une référence de combativité et d’honnêteté. Pour cela, une fondation devait être érigée en son honneur, pour perpétuer ses idéaux et les actions qu’il a réalisées pour la nation.

 

LA PREMIERE MOSQUEE DE LA VILLE

Remisée aux oubliettes !

          La première mosquée de la  ville fut  construite par Mamadou Sacko, père de l’ancien footballeur Cheick Sala Sacko. Aujourd’hui, elle est complètement remisée aux oubliettes, faute d’entretien et de suivi.

        

  Pis, elle fonctionne à l’aide de...batteries, au moment où la ville est électrifiée, avec des antennes paraboliques installées dans certaines familles. Il est temps que les autorités municipales et administratives songent à la réhabiliter. C’est le même cas pour le premier cimetière qui a besoin d’être clôturé.

 

Soir de Bamako, est seul responsable du contenu de cet article  
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Posté par Nomonke  780,  le 19 Jun 2008 16:10:30 GMT
 
katy vous avez raison de garder nos traditions mais il faut les ecrire et les mettre dans
leur contexte historique car dans ce recit ici les dates ne correspondent pas comme l'a
souligne Flaouden (El Hadj Omar et la colonisation c'est comme du "djegue djalan ni baji")
et les noms des acteurs coloniaux aussi sont tres differents. Nous sommes d'accord avec
Seressire, mais quand on transforme Bamako en republique, voila les consequeeces, pourquoi
comme le Bresil le Mali n'introduirait pas le system de capitale tournante car ceci
permettrait de deconcenter Bamako qui est devenue une ville monstre et de developper les
autres villes du Mali.
 
  Répondre à < Nomonke >
Posté par katy  1129,  le 18 Jun 2008 21:57:49 GMT
 
laissez-nous rêver l'article sur mali-sadio est rabat-joie.Si nous contestons tout et
n'importe quoi où allons-nous. les européens eux gardent leurs légendes malgré toutes leurs
technologies (juliette et roméo, samson et dalila, etc.....
 
  Répondre à < katy >
Posté par boullanballe  66,  le 18 Jun 2008 17:45:19 GMT
 
Mr BOCOUM il me semble que ELHADJ OUMAR de sa disparition à la naissance de MALI
SADIO il ya plus de QUARANTE SEPT ANS ......et alors qui veut tu endormir? HANNN....
 
 
Réponse de < boullanballe  66 > à < greou de ponton >,  le 19 Jun 2008 17:52:01 GMT
 
mon frère fait un parallèle; ELhadj Oumar est mort en1864 donc du 19 ème siècle alors que MALI SADIO EST 20ème siècle....sans rancune.
 
  Répondre à < boullanballe >
Réponse de < greou de ponton  58 > à < boullanballe >,  le 18 Jun 2008 18:10:06 GMT
 
Quel est ta version des faits , pour pouvoir contredire un article , il faudra donner une information qui nous semble vrai contrairement a celle que le journaliste nous fait lire afin nous portons un jugement.
 
Posté par seressire  59,  le 18 Jun 2008 17:17:10 GMT
 
nos cadres une fois instaler a bamako,ils oublient completment leurs villes ou villages
d'origine,ils tapent la poitrine en disant que je suis devenu bamakois,mes amis que vous me
crois ou pas y'a une seule ville au mali(bamako)que tout le monde veut etre la-bas,si non
l'homme doit etre fiert de son origine,et envoyer ses enfants d'aller decouvrir la-bas,mais
qu'est ce qu'ils font,les envoyer au pays des blancs pour les vacances,c'est ca leur
fierter,alors que attendez vous rendez vous pout tout le monde a bamako,
 
 
Réponse de < trape  3 > à < seressire >,  le 26 Jul 2008 05:52:15 GMT
 
Je suis natif de Bafoulabé et beaucoup au courant de ce qui ce passe dans ce coin de pays du Mali. Vous savez feu Blondin Beye n'a peut etre pas fait assez mais il a fait de son mieux. N'oublions pas que c'est lui qui a fait installer le projet de developpement de Bafoulabe par les norvégiens une maniere d'aider les jeunes a trouver du travail et aider le monde rural. C'est vrai que la maison de son père est ruine mais il a au mois essayer et il a reconstruit mais en banco dans années 70 et puis Blondin a connu plus Nara que Bafoulabé. il etait obligé de suivre les reunions des ressortissants des deux villes a Bamako. Concernant les deux Sidibé, il faut savoir que c'est grace a Mandé que le Lycée de Bafoulabé est a Bafoulabé sinon les cadres de Mahina a Bamako se battaient ongle et Bec pour son implantation a Mahina. Bravo Mandé. Modibo je ne connais pas ce qu'il a fait pour Bafoulabé a par l'envoi d'un tres brillant medecin en la personne de Nazim, quand il etait ministre al
 
  Répondre à < trape >
Posté par nanafatma  323,  le 18 Jun 2008 14:00:44 GMT
 
c le colon francais qui la fait et a voulut faire porter le chapeau aux vieux tout le monde
sait combien les vieux respecte ce genre de chose
 
  Répondre à < nanafatma >
Posté par Flaoudén  148,  le 18 Jun 2008 13:28:58 GMT
 
C'est une belle page de l'histoire du Mali que tu viens de nous faire revivre.Seulement
certains passages de votre article prêtent à confusion: 1. je pense que "Mali Sadio" a été
tué par le commandant de cercle de Bafoulabé, l'administrateur SAUVAGE et non CAUCHON comme
vous le dites. 2. Je sais aussi que El Hadj Oumar est mort en 1864, bien avant la
colonisation de Bafoulabé par les français donc les crises ont certainement commencé après
la conquête coloniale (comme vous semblez dire le contraire) . COURAGE et que vive la
légende de Mali-Sadio.
 
  Répondre à < Flaoudén >
Posté par gorkomaoudo  115,  le 18 Jun 2008 11:54:38 GMT
 
Tous les recueils sur la ville affirment que c’est le commandant Sauvage qui aurait tué
l’animal mythique.Par contrele commandant Cauchon n’est pas répertorié dans les annales des
archives du Mali. Certes que je respecte vos allégations qui sont le fruit récolté sur le
terrain. Mais ce que je n’arrive pas à digérer c’est que vous n’avez pas pris la peine de
comparer avec les écrits sur la ville. Pour éclairer ma lanterne et ceux de la postérité.
 
  Répondre à < gorkomaoudo >

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