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Aucun aspect de la vie socio-économique et du fonctionnement administratif n’a finalement échappé au feu roulant des états généraux sur la corruption.
Deux thèmes ont particulière passionné les participants. Le premier était relatif à la corruption dans le système judiciaire et le second a traité de la corruption dans la Fonction publique.
La corruption dans le système judiciaire a été décortiquée par Abraham Bengaly, professeur à la faculté de droit de l’université de Bamako et secrétaire général adjoint de l’AMDH. Le phénomène, explique-t-il, se manifeste chez nous sous forme d'influence inappropriée sur l'impartialité du processus judiciaire et des décisions de justice et peut s'entendre au fait de soudoyer un juge pour obtenir une décision favorable, ou une absence de décision.
Le mal englobe également l'abus des fonds affectés à la justice ou le pouvoir attaché à la fonction judiciaire. Il peut aussi se traduire par un système biaisé d'attribution des dossiers ou survenir dans le cadre des procédures antérieures au procès, c'est le cas notamment d'un agent soudoyé qui en vient à "égarer" certains dossiers ou certaines pièces à conviction.
Pour lutter contre la corruption dans le système judiciaire, le conférencier a rappelé que le ministère en charge de la Justice a pris des mesures importantes qui ont besoin d’être redynamisées.
Elles consistent par exemple à moraliser les recrutements et les nominations en raison du fait que la réputation et la moralité de ceux qui ont la fonction de dire le droit, ou de contribuer à rendre la justice, tiennent une place importante dans l'opinion publique. "Actuellement le manque de considération à l'égard de nombreux juges, auxiliaires de justice et agents du service public de la justice tient à leur moralité", a ainsi souligné Abraham Bengaly.
D'autres mesures sont relatives à l'établissement et à l'application des plans de carrière, à la formation des acteurs judiciaires, au respect des règles éthiques et déontologiques. Le renforcement du pouvoir du Conseil supérieur de la magistrature, l'instauration de la transparence et l'obligation de rendre des comptes, le renforcement de l'indépendance et de la responsabilité du juge et la restauration de la valeur de la justice figurent au nombre des remèdes préconisés par le conférencier.
Au regard de toutes ces mesures, celui-ci estime que la lutte contre la corruption au sein de l'appareil judiciaire est un combat de longue haleine qui exige une approche systématique basée sur l'intégrité. "Il faut attaquer le mal à la racine sous peine de le voir réapparaître constamment sous une autre forme", a-t-il jugé.
La corruption dans la fonction publique se manifesterait, entre autres, par le favoritisme et le népotisme, l'abus d'autorité et de pouvoir, l'inconscience professionnelle, l'attachement au subjectivisme.
Les propositions formulées sur le sujet concernent l'amélioration des relations entre l'administration et les usagers, la mise en œuvre des codes de déontologie dans l'administration, l'institution du Service national des jeunes. Il faut aussi améliorer les procédures de recrutement et le contrôle dans les services publics, valoriser les ressources humaines, mieux gérer le contentieux administratif.
M.K.
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