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La Situation politique et sécuritaire au Nord
Crise au Nord du Mali : Quand Fagaga bluffe l’armée malienne
 L'indicateur Renouveau, 09/01/2009 Commentaires [ 5 ] E-mail Imprimer

On croyait que le terroriste Hassan Fagaga allait cette fois-ci tenir parole quand il a distillé l’information selon laquelle, lui et trois cent autres bandits armés allaient revenir sur terre, en réintégrant les rangs de l’armée nationale. Erreur pour tout le monde, et même Kadhafi, car, jusque là, l’homme sans foi ni loi, campe toujours sur sa position portant atteinte à la souveraineté nationale, comme par exemple la mise à sa disposition d’une caserne spéciale, le contrôle de l’aéroport de la ville de Kidal…

En encerclant les hommes de Bahanga dans les grottes de Teghargar le 1er janvier dernier, l’armée voulait en finir une bonne fois pour toutes avec cette situation qui n’a que trop duré. Sous la conduite du chef de commandement des opérations militaires de Kidal, le colonel El Hadji Gamou, la troupe loyaliste s’apprêtait à mettre la main sur Bahanga, quand toujours le même message révoltant lui est parvenu, l’invitant à ne pas passer à l’acte.

De qui vient donc ce message problématique qui indigne nos soldats qui pâtissent sous le soleil de plomb de l’Adrar des Ifoghas ? Le mystère persiste à ce niveau, car, comme nous l’avons souligné dans une de nos parutions, il y a un de malaise présentement au sein de la Grande muette sur la manière dont les ordres sont parfois donnés. Ils sont nombreux les militaires, et même des populations, qui soutiennent que la persistance de cette rébellion est en partie liée à la gestion qui en est faite.

Pendant que les bandits armés sont en train de faire des carnages sur leur passage, les soldats loyalistes sont obligés d’attendre le feu vert de Bamako, au moment où l’opportunité leur est donnée d’en finir avec la situation. Tel a été encore le cas en ce jour de 1er janvier 2009, quand les hommes de Gamou ont pour la énième fois encerclé les bandits armés, et s’apprêtaient à les mettre hors d’état de nuire, quand ils ont reçu un message leur interdisant de ne passer à l’acte. Par ce fait, ce qui allait être la grande démonstration pour nos forces armées s’est soldée que par un simple accrochage, au cours duquel, il est important de le souligner, les bandits armés ont subi de lourdes pertes.

Beaucoup d’assaillants ont trouvé la mort, sans que l’armée ne soit satisfaite, car, son objectif était de neutraliser le terroriste Bahanga en personne, et son acolyte Hassan Fagaga. De cette opération, notre armée s’est en sortie avec quelques blessés légers, mais a réussi à récupérer beaucoup de véhicules enlevés au cours des différentes attaques.

Des sources bien introduites nous rapportent que c’est à partir de cette démonstration des potentialités de frappe, dont ont fait preuve les éléments de Gamou, qui a amené Hassan Fagaga et 300 autres assaillants rescapés à exprimer leur volonté de regagner le bercail, car convaincus que le jour où on donnera le feu vert, ils seront tous massacrés. Ces assaillants repentis avaient informé le Guide de la révolution de la grande Jamahiriya arabe libyenne, Mouammar Kadhafi, qui pour a fait dans des circonstances un peu confuses une visite inopinée dans nos murs le week-end dernier, où dès son arrivée à l’aéroport, il s’est empressé d’évoquer le sujet comme s’il était venu informer les Maliens à cet effet.

« Vaut mieux planter des arbres que de poser des mines », avait-il dit, avant d’ajouter que 300 assaillants ont décidé de rejoindre la patrie. La nouvelle a été accueillie côté malien avec scepticisme car, ils sont nombreux ceux qui ne veulent même plus entendre parler de ces narcotrafiquants, qui ont tué tant de Maliens. Mais nos autorités qui courent désespérément derrière une paix du reste impossible ont vite cru à cette déclaration aux allures d’impuissance de ces assaillants, et ont donc envoyé à Kidal une forte délégation conduite par le ministre signataire des accords d’Alger et général de son état, Kafougouna Koné, pour la cérémonie d’accueil qui se voulait grandiose.

Mais c’est une fois dans la Capitale des Ifoghas, que la délégation va se rendre compte du coup de bluff des assaillants. En effet, accompagnée de l’ambassadeur de l’Algérie au Mali, en sa qualité de médiateur, Abdelkrim Gherab, la délégation officielle, une fois sur place a été vite mise au courant des conditions que les assaillants ont encore posées à leur retour dans la ville de Kidal pour l’opération de désarmement, de cantonnement. Ces conditions ont pour noms la mise à leur disposition de l’aéroport de Kidal où ils veulent installer leur base rien que pour la promotion de leur trafic de drogue et d’armes ; de certaines voies d’accès à la ville de Kidal comme du côté de Ten-Essako ; de leur laisser avec leurs armes et l’octroi d’une caserne uniquement à eux seuls ; le renvoi des hommes de Gamou dans les casernes ; l’octroi d’un magasin d’armes et d’un BRDM, etc.

Dans un premier temps ces exigences compromettantes auraient été acceptées par la partie gouvernementale, avant que le chef d’état-major général, le général Gabriel Poudiougou et le colonel Gamou s’y opposent fermement. De sources bien introduites indiquent que ce dernier aurait menacé d’entrer lui aussi en rébellion si l’Etat venait à accepter les caprices des bandits armés, en perte de repères et de crédibilité auprès du médiateur algérien.

L’ambassadeur de l’Algérie au Mali, Abdelkrim Gherab, a souffert le martyre quand il a été commis d’aller porter ce niet de notre Etat aux bandits campés à quelques 15 kilomètres de Kidal. Et puisque le niet catégorique de nos autorités ne peut rien arranger à la situation, il va sans dire que le blocage est toujours là.

A la place d’un dialogue pour la paix, c’est un dialogue de sourd qui prévaut encore à Kidal, au grand dam de ceux qui ont horreur de cette situation interminable. En tout état de cause, on peut constater que dans leurs nouvelles exigences, les Fagaga et consorts ne font que nous renvoyer à la case départ, c’est-à-dire leur laisser les couloirs libres pour le trafic de drogue, armes et autres produits de contrebande. 

Abdoulaye Diakité et Markatié Daou

 Retour conditionnel des bandits armés au bercail :
Des exigences de trop 

L’on ne peut pas comprendre les effets de soulagement que la nouvelle du désarmement de quelque trois cent éléments de « l’Alliance du 23 mai pour le changement », et la réalité du terrain à Kidal. En effet, après avoir semé l’espoir de la paix dans l’esprit du peuple malien, les rebelles, qui comptent réintégrer les rangs de l’armée nationale, ont encore posé de conditions à ce projet pour lequel le Général Kafougouna Koné, à la tête d’une forte délégation, séjourne depuis avant-hier dans l’Adrar des Ifoghas.

 En foulant le sol malien le samedi 03 janvier 2008, de façon inopinée, le Guide de la Révolution de la Grande Jamahiria Arabe Libyenne, Mouammar Kadhafi, qui s’était montré plus renseigné sur le Mali que certains Maliens, enseignait à l’aéroport international Bamako-Sénou, que « mieux vaut planter des arbres que de poser des mines ». Une manière pour lui de se montrer très soulagé par la décision, hautement importante, d’une frange considérable des assaillants qui règnent au septentrion, de rallier le camp de l’armée loyaliste. L’on pouvait donc croire que tous les détails étaient à présent réglés pour laisser la place à une cérémonie d’accueil des 300 ex-bandits désirant revenir à la raison. En tout cas, telle était la pensée des autorités maliennes, lesquelles, pour toute l’importance qu’elles accordent à la paix, à la quiétude et à l’unité nationale, s’est fait représenter à un haut niveau à travers le ministre de l’Administration Territoriale et de Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné. C’est vrai que c’est ce dernier, depuis le début de la crise en 2006 jusqu’à nos jours, a été l’interlocuteur des bandits armés au compte du gouvernement, mais n’eut été la culture de paix que prône le pouvoir actuel, l’Etat se serait fait représenter à un niveau inférieur comme par exemple le chef du comité de suivi des accords d’Alger, le général Mamadou Diagouraga ! Au Niger voisin, pour accueillir la dissidence du MNJ qui a récemment fait amende honorable pour rejoindre l’armée nationale, c’est un gouverneur qui a représenté l’Etat à la cérémonie organisée à cet effet. Au Mali, c’est un ministre qu’on fait déplacer pour l’accueil de ces citoyens peu dignes de la patrie. Mais là n’est pas le hic, car, rien ne sera de trop pour la réconciliation nationale. Seulement, tout le monde pensait que tout était fin prêt et qu’avec le déplacement de si hauts dirigeants, il ne resterait plus qu’à remplir les formalités d’usage à travers une cérémonie d’accueil, suivie des opérations de désarmement et de cantonnement. En effet, ces ex-bandits armés (au nombre de 300) qui sont sous la coupe du colonel déserteur Hassane Fagaga, devraient se rendre avec les armes volées au cours des attaques successives. Mais contre toute attente, il n’en fut rien. La cause avancée pour l’échec de l’évènement a surpris plus d’un Malien. Rassurés par les propos de Mouammar Kadhafi, qui enseignait comme un maître à ses élèves que des éléments de l’alliance ont décidé de déposer les armes et de revenir à la maison, les Maliens ont été déçus d’apprendre que les bandits armés ont encore fait monter les enchères à l’arrivée à Kidal  de la délégation de Kafougouna. Ils refusent de se dessaisir de leurs armes et de restituer les véhicules volés à l’Etat. Ils vont encore plus  loin en exigeant le contrôle par eux-mêmes des points d’accès à la ville de Kidal, notamment du coté de Tin-Essako. Voilà le comportement des « parents et amis de Kadhafi », lequel annonçait leur retour au bercail comme un motif de satisfaction. Mais c’était sans compter avec la culture de la volte-face qu’incarnent ces « autres Maliens » malades de réputation, qui n’ont ni foi ni loi. Comment osent-ils parler de retour au bercail, sachant qu’ils ne sont pas disposés à rendre les armes ? Comment peuvent-ils vouloir revenir à la patrie, mais en lui réclamant une partie de sa souveraineté ? Qu’ont-ils à faire de ces points  d’accès à Kidal que l’Etat malien n’a pas le droit de savoir ? Décidément, le trafic de drogue doit être le mobile le important de ces gens. Il est le fait d’un grand réseau mondial, dont, malheureusement, le chemin passe par le Mali. Si l’on peut interpréter certains propos du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, c’est sans nul doute que c’est ce réseau mondial qui alimente en armes ces enfants égarés de la patrie pour les dresser contre leurs propres frères. Donc, le Mali ne se bat pas contre des bandits armés soutenus par un pays, mais contre le réseau mondial du trafic de la drogue, qui couvre pratiquement les cinq continents. Et il y a de quoi de faire des soucis.

En tout cas, jusqu’à une heure tardive de la journée d’hier, les pourparlers étaient toujours en cours entre la délégation étatique et les représentants des bandits armés autour d’un terrain d’entente, car, les premières exigences de Fagaga qui compromettent l’intégrité territoriale et l’unité nationale, ont été purement et simplement rejetées par la partie gouvernementale. Quoiqu’elle continue de négocier, la partie gouvernementale que nous avons jointe hier s’est dite déterminée à ne rien accepter de la part de ces ex-assaillants qui sorte de l’esprit de l’accord d’Alger.

Abdoulaye Diakité

L'indicateur Renouveau, est seul responsable du contenu de cet article  
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Posté par azerty01  331,  le 09 Jan 2009 16:54:55 GMT
 
UN ETAT DOIT ETRE FORT ET RESPECTABLE ET RESPECTE ET CRAINT AUSSI.L'ETAT DOIT LES LANCER UN
ULTIMATUM DE DEPOSER LES ARMES ET DE RENTRER A KIDAL FAUTE DE QUOI LE RESTE EST CONNU DE
TOUT CEUX QUI SAVENT DE QUOI JE PARLE. MERCI
 
  Répondre à < azerty01 >
Posté par missiles  57,  le 09 Jan 2009 14:31:55 GMT
 
même si fagaga demande toute la région de kidal le général de paix en centre afrique va lui
accordé! domage !mais heureusement qu'il ya les POUDIOUGOU ET LES ELHAGE GAMOUS
 
  Répondre à < missiles >
Posté par SERMO  348,  le 09 Jan 2009 12:04:04 GMT
 
oh Colonel Gamou tu aimes ton peuple, ta patrie, tu as de la conscience, de l'esprit , de la
vision pour le futur. Merci beaucoup pour avoir sauvé le Mali de l'humiliation. Nous te
soutenons et n'attend plus Bamako pour anéantir les Rebelles.
 
  Répondre à < SERMO >
Posté par sabour  570,  le 09 Jan 2009 11:40:25 GMT
 
 
  Répondre à < sabour >
Posté par Focon  74,  le 09 Jan 2009 08:15:56 GMT
 
walaye je ne pardonnais jamais á mon pré !
 
  Répondre à < Focon >

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