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De folles rumeurs font état d’un remaniement ministériel en perspective. Ce qui est d’ailleurs le corollaire de toutes les périodes électorales au Mali. Dès qu’un scrutin pointe à l’horizon, les calculs politiciens reprennent vie, avec comme point de mire les portefeuilles ministériels. Le grand jeu se focalise cette fois sur le remplacement du Premier ministre Modibo Sidibé par le Ministre Ahmed Diané Séméga, les deux plus grosses pointures de l’actuel gouvernement en terme de disciples du Chef de l’Etat. Que dire du virus du changement ?
Att sous l’éteignoir ?
Pour rappel, il a fallu maintes campagnes de presse pour voir le départ du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga et l’arrivée de Modibo Sidibé. A l’époque, beaucoup d’observateurs ont pointé un doigt accusateur sur l’actuel Premier ministre comme l’instigateur de ces campagnes. Aujourd’hui, est-ce le revers de la médaille ? Dans quel cas, Modibo Sidibé aurait montré aux autres Maliens comment se faire entendre par le Président Att pour gagner la chefferie du gouvernement. Et alors, ce serait Ahmed Diané Séméga qui taperait du poing la table.
Or, à voir de près, Modibo et Séméga sont des locomotives incontestables du régime Att. Tous ont bien mouillé le maillot pour la réussite du PDES (Programme de développement économique et social) du Président de la République. Mais c’est main dans la main que les efforts ont été couronnés des succès enregistrés jusque-là en dépit de la conjoncture internationale difficile. C’est dire qu’un remaniement dans ce contexte pourrait signifier un malentendu entre les barons du régime dont les uns seraient insatisfaits du comportement des autres.
Dans tous les cas, c’est Att qui se doit de trouver une solution au problème ainsi créé ou en voie de l’être, s’il veut éviter de passer sous l’éteignoir pour qui sait la nuisance que pourrait être celle de Modibo ou de Séméga en rébellion contre le pouvoir en place. Car, ce qui est sûr, c’est que Modibo Sidibé ne veut pas partir contrairement à Ousmane Issoufi Maïga qui, selon une certaine presse, avait demandé à partir. Le départ de Modibo peut-être vu par ce dernier comme une disgrâce et un alibi pour agir contre le Président. N’a-t-on pas dit que Modibo vise la présidentielle de 2012 ? Comment verra-t-il son avenir politique et son propre devenir en se sachant les mains « lavées » du pouvoir ?
Et si Séméga voudrait venir et qu’il ne vienne pas, lui le tout puissant patron du Mouvement citoyen déjà en perte de vitesse avec la création d’une discidence, comment se sentira-t-il ?
Dans toute cette épreuve, c’est Att qui a du pain sur la planche s’il devait choisir entre Séméga et Modibo au lieu de maintenir le statu quo. Il y a à y voir également une épreuve pour le Mali tout entier si Modibo ne répondait plus aux exigences de bonne gouvernance de notre pays. Est-ce le cas ? Att devrait le savoir et alors il ne reculera pas.
Quoi que l’on dise, il est vrai que l’un et l’autre de ces deux disciples sont tous des poids plumes face à Att, mais ne dit-on pas qu’il est plus facile de détruire que de construire ? Et ce qui sera détruit dans ce cas, ce n’est point le pouvoir de Att qui est véritablement enraciné, mais sa postérité en terme d’image et l’avenir politique de ses fans, comme ce fut le cas de l’Adéma avec le départ de Ibk de la Primature et les déchirements au sein du parti pour la candidature à la Présidentielle. Pour dire toute la vérité, les amis de Att ne semblent pas loin de porter le virus de la division et de la décadence à travers la querelle de leadership qui se dessine ainsi entre Modibo et Séméga pour la succession de Att. Au quel cas, bonjour l’échec !
En tout état de cause, les ambitions sont légitimes mais l’égocentrisme conduit au pire des tourmentes. Att aura vécu mais ses dauphins autoproclamés, faute de consensus et d’unité, vont sombrer dans l’abîme si leur arme de guerre reste de se poignarder dans le dos. Ils ont intérêt à laver le singe sale en famille pour le maintien ou le départ de Modibo dans l’entente et la concorde. Mais qui sait la politique mieux que les hommes politiques eux-mêmes ?
Wait and see !
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