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Je suis désolé de ton comportement de la semaine dernière. Les démarcheurs de Diahara t’ont absenté, pourtant ils s’étaient fait annoncer. Tu sais tout le monde est fâché contre toi. Mais, c’est le cas de Papa qui m’inquiète surtout. Fais tout pour te présenter à la maison ce soir, et présentes lui tes excuses. Il te pardonnera car, c’est un père très aimable.
Kôrô, depuis un certain temps, je te disais que le chemin le plus court pour moi, c’est d’aller sacrifier mon âme aux grillages électrifiés de Ceuta et Melilla d’Espagne. Nous sommes dans un pays où les dirigeants se foutent des dirigés. Un pays où les pauvres citoyens sont considérés comme des chiens. Ils n’ont droit à rien même pas à celui de la vie. Le pays est sur la voie de la malédiction, Dieu est fâché contre nous. Les grands prêcheurs du pays notamment le président du Haut conseil islamique Mohamoud Dicko, n’hésite pas partout où l’occasion se présente, à cracher la vérité à la face du président de la République. M. Dicko qui a toujours détesté le fanatisme, lors de la présentation de vœux à ATT au début d’année, a dit ses vérités crèves-oreilles au « Famaw ka fama ». Il a dit je cite : « si je ne te dis pas certaines vérités, je rendrai compte à Allah le jour de la résurrection. Monsieur le président le peuple est fatigué ». Un processus de conscientisation est-il en cours dans notre pays ?
Kôrô, cela m’amène à te parler de la situation préoccupante et alarmante qui prévaut à Missabougou. Au nom de la construction du 3e pont de Bamako, ATT et ses hommes ont jeté 81 familles dans la rue, dans la matinée du dimanche 29 mars 2009. Plus d’un millier de personnes dont près de 600 élèves sont, aujourd’hui, sans domicile fixe (SDF). Contrairement à ce que les amis de Séméga ministre de l’équipement et des transports ont fait croire, les déguerpis de l’emprise du 3e pont ne se sont jamais opposés à la construction de l’ouvrage. Ils ont simplement demandé à ce qu’ils soient indemnisés. Ce qui ne s’est pas fait jusqu’à ce jour.
Kôrô, ce qui me met en colère et me fait croire qu’on n’est pas loin d’une révolution populaire, c’est que certains gens sont en train d’accuser faussement la population de Missabougou. Ils disent que les déguerpis ont été indemnisés et sommés de quitter les lieux. Ce qui est faux et archi faux ! Nos irresponsables ministres le savent bien. Qu’ils sachent qu’un jour, leur régime le plus pire au monde, prendra fin.
Kôrô, la population de Missabougou s’en remet à Allah le Tout-Puissant et continue à maudire les animateurs du régime en place. Les fumiers qui appuient Séméga dans son comportement de « m’as-tu-vu », doivent savoir que la population n’a rien perçu au titre de l’indemnité. Le peuple ne vous fait plus confiance et désormais vous méprise !!! U te yafa fo ka jinye wuli !
Kôrô, nos dirigeants me font tellement dégoûter au point que j’ai engagé les procédures de demande de la nationalité Burkinabè. Je renonce à ma nationalité malienne, en devenant un des hommes intègres du président Compaoré. Là-bas, j’aurais un refuge et pourrais vivre en paix. En tout cas, je ne serais jamais victime de casse égoïste et malhonnête de la part des plus hautes autorités. En effet, comment est-il possible de traiter de la sorte les citoyens d’un Etat digne de ce nom ? Se lever un beau matin pour casser 81 habitations sans aucune indemnité de compensation. Celle-ci ne dépasserait guère 2 ou 3 milliards de Cfa. Alors qu’au même moment, les rapports du Vérificateur général et de la CASCA font état d’une hémorragie financière de plusieurs centaines de milliards de Cfa par les amis d’ATT. Quelle injustice ! walaï u te yafa !
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