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Faudra-t-il créer le délit de pollution électorale ?
Même pas, puisque l’affichage électoral est règlementé avec précision dans le code électoral que tous les protagonistes des élections connaissent : des organismes en charge des scrutins aux partis politiques en passant par les candidats et les membres des conseils municipaux.
Connaître et respecter sont deux choses fort différentes. Il suffit pour s’en convaincre de circuler dans les rues de Bamako et de tenter de retrouver ses repères familiers. Ceux-ci sont méconnaissables, constellés lorsqu’ils ne sont pas totalement recouverts par des affiches électorales. Rien n’est épargné ni murs, ni arbres, ni kiosques, ni poteaux électriques, ni monuments. Cette bouillie multicolore s’étale partout, sur la chaussée comme sur les bas-côtés des rues, elle est suspendue aux fils électriques et téléphoniques, elle dégouline sur les panneaux de signalisation et monte à l’assaut des feux rouges. Elle déborde de partout et nous sort par les yeux.
Etouffés, on ne peut même pas crier « au secours ! ». A quoi bon d’ailleurs puisque ceux qui sont chargés de faire respecter le règlement et de poursuivre les contrevenants, sont les mêmes édiles ou postulants-édiles qui ont commandité ces campagnes d’affichage sauvage.
H. KOUYATE
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