|
|
|
|
Les élections communales de cette année ont révélé la vraie face de la démocratie malienne. Pour montrer leur désintérêt à la chose politique, les électeurs ont boudé les urnes. Les partis étaient obligés d’aller leur faire les salamalecs. Même après avoir accepté, ils exigeaient le prix du transport aller-retour et le perdiem de la journée. Les Sotrama ont doublé les recettes, parce qu’il fallait aussi aller chercher certains à la maison et les attendre. C’était normal pour la simple raison qu’il faut encore attendre cinq autres années pour jouer au prince et à la princesse. Des têtes de liste ont ciré les bottes des électeurs.
Quant à la fraude, elle a eu lieu dans l’Ordre et dans le Désordre. L’argent a coulé à flot pour acheter le silence des présidents de bureaux et des assesseurs. Des électeurs ont voté deux à trois fois dans la même commune avec des cartes d’électeurs différentes. Le témoignage est devenu un métier le dimanche dernier.
Dans la commune de Djalakorodji, les professionnels de la fraude ont changé les bulletins de vote et modifier l’emplacement et le logo des partis adversaires.
Après dix sept ans de démocratie, le Mali dandine encore. Toujours les problèmes similaires aux différentes élections. Les autorités s’arrêtent aux simples constats sans solutions adéquates. A chaque élection, la fraude se renforce et se multiplie. Les partis politiques se sont spécialisés dans cette pratique devenue un véritable art. Toutes les techniques et stratégies frauduleuses ont été mises en œuvre pour assouvir les soifs électorales. A cette allure, on peut dire que les électeurs ont raison de bouder les urnes. Des fraudeurs ont été pris mains dans le sac, mais sans crainte. Leurs protecteurs sont venus les sauver. Les élections du 26 avril ont vu sortir des urnes, la victoire sans tâche de la magouille. La démocratie étant le pouvoir du peuple par le peuple, se déguise en ‘’fraudecratie’’. C’est dommage pour un pays qui se vante d’être démocrate. Où allons-nous ? Nulle part ! Alors, s’il faut rester et assister aux vols à ciel ouvert pour choisir des hommes et des femmes, on ne peut que mettre la main sous le menton, le regard au ciel en attendant le fade miel.
Le Shérif
|
|
|
 |
|
Waati, est seul responsable du contenu de cet article |
|
|
|