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Santé
  Santé de la Mère et de l’Enfant au Mali : Mourir en donnant la vie
 Le 26 Mars, 05/05/2009 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

Selon l’émérite Professeur Amadou Dolo du Point G, au Mali, une femme meurt toutes les 3 heures en donnant la vie, et, un enfant sur quatre n’atteint pas l’âge de cinq ans.

Face au drame, nos autorités demeurent impuissantes.

Sous-tendue par les principes « d’équité, de justice, de solidarité, de participation de la population et de la société civile », la politique sanitaire du Mali vise « la réalisation de la santé pour tous sur un horizon aussi rapproché que possible ». Objectif, on ne peut plus, ambitieux. Le législateur malien ne s’y est pas trompé. Aussi n’a-t-il pas manqué de placer la prévention des maladies, la promotion et le bien-être de la famille en milieu rural et périurbain ainsi que l’amélioration de l’accès des populations les plus pauvres aux soins de santé au centre des priorités de l’action sanitaire (art5, Loi 02-049 AN RM du 22 juillet 2002).

Pourtant, ces priorités sont en passe d’être enterrées. Et pour cause. Dans les Centres de Santé Communautaires (CSCOM) et Centres de Santé de Référence (CSRéf) main basse est faite sur la santé des mères et des enfants. Madame X débarque avec ses enfants dont la vaccination n’était pas encore complète. Sans se poser trop de questions, elle emmène ses enfants dans le CSCOM de son quartier. Là, grande se révèle sa surprise. Un agent l’envoie au diable. Motif ? Les enfants de Madame X, de nationalité malienne, sont nés en dehors de Bamako. Madame X banque. Le méchant diable de l’agent se tait et, mieux, la laisse vacciner les petits étrangers de Bamako.

Madame T. accouche au CSCOM de Niamakoro dans des conditions défectueuses qui la conduisent au Point G.

Sur conseil d’un beau-frère médecin, elle accouchera au terme de sa deuxième grossesse au CSRéf.

Le CSCOM étant plus près de chez elle, elle y emmène son bébé à faire vacciner. Peine perdue. L’agent responsable de la vaccination ne l’a pas entendu de cette oreille. Motif ? Madame T a choisi d’accoucher au CSRéf. Elle doit donc payer cher. Son mari met la main à la poche. Leur nouveau-né a été vacciné.   

Madame HT qui a perdu la carte de vaccination de son bébé s’en ouvre à l’agent du CSRéf qui lui fait payer 1000Fcfa pour une carte vendue à 100FCFA. On pourrait multiplier ces exemples par dix, cent, mille.

Aussi, pour avoir l’intérêt du corps sanitaire dans les CSCOM et CSRéf, toute candidate à la procréation se doit d’être protégée par une sage-femme moyennant forte récompense ou par un médecin qui la consulte également dans sa clinique. Et le vrai malheur des candidates commence surtout à l’accouchement pendant lequel on exige d’elle, de l’argent. 

A ce paiement exorbitant des services  s’ajoutent la longue attente qui précède la fourniture des services, l’insuffisance et la qualité inférieure des médicaments, la désinvolture et l’impolitesse de nombreux agents des CSCOM et des CSRéf. Impossible également de taire la pénurie de personnel infirmier et de sages-femmes, avec la conséquence que des tâches sont confiées à des aides insuffisamment qualifiées ; le manque d’encadrement, pouvant être dû à l’absence de moyens de transport pour accéder à des services éloignés, au fait que le responsable désigné est surchargé de travail, ou encore qu’il n’a pas la formation requise pour assumer des fonctions d’encadrement ».

Autant de barrières qui s’opposent à l’accès des femmes aux soins prénatals. Or, les soins prénatals demeurent une composante essentielle des soins de santé maternelle comme le reconnaît le médecin nigérian K.A.Harrisson, une voix autorisée en la matière : « Dans les pays en développement aujourd’hui une grande partie de la population est mal logée, mal nourrie, en mauvaise  état de santé et ignorante de ce qui est bon pour elle et pour ses bébés. Tant que les gens ne sont pas plus largement répartis, la surveillance prénatale peut fournir les soins nécessaires pour compenser certains des effets néfastes de la pauvreté et du sous-développement à grande échelle ».

Erica Royston et Sue Amstrong de l’OMS abondent dans le même sens : « Les soins prénatals sont l’une des interventions les plus efficaces pour prévenir la mortalité et la morbidité maternelles, en particulier là où l’état de santé général des femmes laisse beaucoup à désirer ».

En outre, de l’avis des même spécialistes,  constituent les fonctions principales des soins prénatals, la promotion de la santé pendant la grossesse par des conseils et des activités éducatives ; le dépistage, l’identification et, le cas échéant, l’aiguillage des femmes présentant des facteurs de risque vers les services compétents et la surveillance de la santé des femmes pendant toute la grossesse afin de déceler les problèmes et, le cas échéant, d’y trouver remède.

Malheureusement, ces barrières-là entravent aussi l’accès des mères aux soins pendant l’accouchement. Or le bénéfice de l’assistance d’une personne qualifiée durant l’accouchement demeure fondamental pour toutes les femmes.

Il en va de même pour les soins postnatals non moins essentiels : ils permettent, entre autres, le traitement précoce de l’infection puerpérale (infection consécutive à un accouchement et dont le point de départ se situe dans l’utérus).

Bref, les manquements ont désormais acquis force de loi dans nos Centres de Santé.

En réalité, ces manquements trouvent leur fondement dans l’appât du gain facile qui pousse de plus en plus nos compatriotes à fouler aux pieds toutes nos lois sociales et humaines.

Sinon, comment comprendre la léthargie dans laquelle ils plongent nos CSCom et CSRéf ?

S’il ne s’agissait que de léthargie ! Mais il y a bien plus scandaleux. Bon an, mal an, des milliers de pauvres Maliennes tombent dans l’exercice de leur fonction de procréation.

Selon l’émérite Professeur Amadou Dolo du Point G, au Mali, une femme meurt toutes les 3 heures en donnant la vie. La situation des enfants n’est guère meilleure à celle de leurs mères. Au Mali, un enfant sur quatre n’atteint pas l’âge de cinq ans. Ceux des mères et des enfants qui s’en sortent par la Grâce de Dieu en traînent les séquelles physiques, psychologiques voire psychiatriques, et toute leur vie durant.

Autant le dire toute suite ! Là où mères et enfants sont ainsi jetés en pâture aux maladies, à toutes sortes de risques et  à la mort, la réduction de « la mortalité infanto juvénile et maternelle et celle de la morbidité et la mortalité dues aux maladies prioritaires » s’avèrent des objectifs réalisables sur papier seulement.

 Dans « le parler vrai » et « l’agir en vérité » de Monseigneur Luc Sangaré, l’Etat doit sévir contre de tels manquements qui sapent la politique nationale de la santé et hypothèquent ainsi l’avenir de millions de Maliens. Mais comment sévir lorsque l’Etat lui-même se soustrait à ses obligations ?

Si l’administration centrale s’est acquittée de son devoir « d’élaborer les éléments de la politique nationale en matière de santé » comme l’exige l’art 11 de la Loi 02-049 AN RM du 22 juillet 2002 portant loi d’orientation sur la santé, en assure-t-elle l’exécution ? Assure-t-elle « la coordination et le contrôle technique des services régionaux et subrégionaux, des services rattachés, des organismes personnalisés placés sous tutelle du Ministère chargé de la santé » ? Pas si sûr, au regard de toutes les tragédies qui se jouent sur le terrain des CSCOM et des CSRéf.

Quel  « appui stratégique» apporte-t-elle  « à l’ensemble des services de Santé » ?

Impossible de trouver la moindre réponse à cette question, tant le Ministre Touré et son équipe sont passés maîtres dans l’art d’entretenir le flou artistique autour des questions essentielles de santé.

L’art ajouté au flou artistique, c’est l’opacité totale de l’information. Et l’opacité fait de l’acte de communication un monologue aussi infécond que nauséabond dont raffolent beaucoup de nos Gouvernants et leurs hommes liges.

Signe des temps !

On a beau dire, le Mali demeure un pays décentralisé dans lequel l’Etat délègue. La matière sanitaire ne saurait faire exception : « Les collectivités participent à l’administration de la santé dans les conditions définies par le Code des Collectivités territoriales.

Ainsi, le Conseil Communal, le Conseil de Cercle et l’Assemblée Régionale délibèrent sur la politique de création et de gestion de dispensaires, des maternités et des centres de santé communautaire, et des hôpitaux régionaux ; ils délibèrent également sur les mesures d’hygiène publique, d’assainissement et de solidarité en direction des populations vulnérables.

Les modalités de transfert de compétences seront fixées par voie réglementaire ».

Que font les Collectivités territoriales des compétences à elles dévolues par l’Etat aux termes de l’art2 du Décret n°02-314/P-RM du 04 juin 2002 ?

 La convention d’assistance mutuelle que les Communes signent avec les Associations de Santé Communautaires (ASACO) s’est-elle muée en convention de non assistance à personne en danger ?

A quoi sert l’allocation de subventions pour le financement des activités de santé ?

A financer la santé ou la maladie et la mort des pauvres mères et enfants ?

Où en sont les communes dans la lutte contre la vente illicite des médicaments ?

Où en sont les Communes dans le suivi et le contrôle de la gestion des ASACO, mais aussi dans le suivi et le contrôle de la transmission effective des données d’information y compris les données financières aux Directeurs régionaux de la santé ?  

Pour les Cercles, jusqu’où les ASACO respectent-elles leurs engagements ? Les Cercles se donnent-ils la peine de suivre et de contrôler la transmission effective des données d’information y compris les données financières aux Directeurs régionaux de la santé ?  (l’art2 du Décret n°02-314/P-RM du 04 juin 2002).

Les Communes du District de Bamako, allouent-elles des subventions aux Centres de Santé de Référence (CSRéf) et aux CSCOM pour que leurs citoyens aient droit à autant de malheurs ? Les ASACO des Communes de Bamako respectent-elles leurs engagements ? Et le suivi et le contrôle de la transmission effective des données d’information y compris les données financières des structures de santé de premier et second niveaux au Directeur régional de la santé du District de Bamako ?

Où vont les ressources financières que l’Etat met annuellement à la disposition des Communes, cercles et Communes de Bamako en vue de mieux s’acquitter de leurs devoirs aux termes de l’art 5 du Décret n°02-314/P-RM du 04 juin 2002 ?

Les citoyens ont soif d’information. Les populations ne participent pas au financement de la santé pour avoir droit à autant de mépris.

Allons-nous continuer à sacrifier la vie de millions de femmes et d’enfants vulnérables sur l’autel de l’argent ou du pouvoir ?

                                                                                             Hawa Diallo

Le 26 Mars, est seul responsable du contenu de cet article  
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Posté par newman0  28,  le 05 May 2009 15:34:17 GMT
 
madame il fo revoir tes chiffres, cè complètement faux ce que tu dit.
"Mali, une femme meurt toutes les 3 heures en donnant la vie". dans le
monde oui mais au Mali cè fo. si cè Pr. Dollo qui te raconte il fais
honte à nous les médecins épidemiologiste car cè complement faux. il fo
revoir tes chiffres
 
  Répondre à < newman0 >
Posté par newman0  28,  le 05 May 2009 15:34:01 GMT
 
madame il fo revoir tes chiffres, cè complètement faux ce que tu dit.
"Mali, une femme meurt toutes les 3 heures en donnant la vie". dans le
monde oui mais au Mali cè fo. si cè Pr. Dollo qui te raconte il fais
honte à nous les médecins épidemiologiste car cè complement faux. il fo
revoir tes chiffres
 
  Répondre à < newman0 >
Posté par Ndy  2227,  le 05 May 2009 08:04:12 GMT
 
J’ai mal, j’ai mal depuis près d’une semaine en voyant notre avenir
compromit. Dans un Sotrama, traversant le pont des martyrs (car depuis
près 3 mois j’ai laissé ma voiture car le carburant coute excessivement
cher au Mali, j’en profite encore après ma grande déception du 1er Mai,
car je pensais au moins que les différents syndicats allaient au moins
en parlé, mais bon la vie continue et il faut savoir s’y adapter. Donc
cher décideurs, baissez le prix du Carburant, nous n’en pouvons
plus).Donc traversant le Pont, j’ai constaté l’agression, la
destruction, l’occupation, le remplissage de notre Djoliba par nos
frères et amis Libyens au niveau de Mariétou Palace. J’ai pensé au
départ que c’était pour se frayer un chemin afin de ramasser le tas de
bourgou sur le lit du fleuve, mais une semaine après, j’ai compris
qu’ils veulent plutôt rejoindre la petite île en face. Alors je lance un
SOS pour le fleuve, car notre avenir en dépend.
 
  Répondre à < Ndy >
 
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