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La production du coton a joué un grand rôle dans l’économie nationale au Mali. En raison des effets dévastateurs des subventions agricoles des pays développés, la production cotonnière au Mali a pris un coup. Consécutivement à cela, les cours du coton au plan international ont considérablement chuté.
La suite, on la connaît, c’est le découragement des producteurs à cause des difficultés économiques. Au même moment, on assiste à une recrudescence des inquiétudes dans les rangs des syndicats cotonculteurs, des autorités et des autres intermédiaires de la filière coton.
Dès lors, il importe de mettre plus l’accent sur la production des céréales sèches, surtout à un moment où le combat des plus hautes autorités est focalisé sur la réunion des conditions de la souveraineté alimentaire. Avec la création de la société semencière du Mali basée à Sikasso qui travaille à l’amélioration de la qualité des semences afin de relever le niveau de la productivité, l’espoir renaît dans le monde paysan.
Créée il y a deux ans, la Société Semencière du Mali (SOSEM). Cette société qui est une Sarl. Elle est une initiative d’un promoteur malien et de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali qui agit au compte des syndicats des producteurs cotonniers et vivriers du Mali.
Souhaitons que cette société parvienne effectivement à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée pour donner plus de chance à notre pays dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire et ce, dans l’intérêt de tous les Maliens. Or des inquiétudes proviennent surtout de la privatisation annoncée de la CMDT. Il aura fallu l’implication des plus hautes autorités du pays pour retarder un tel processus.
POURQUOI UNE SOCIETE SEMENCIERE ?
Les semences sont essentielles en matière de production agricole, quelle que soit la filière. Dans ce sens, nous avions déjà deux structures qui s’occupaient des semences au Mali de façon traditionnelle. Il s’agit de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) et de l’Institut d’Economie Rurale (IER).
Avec la création d’une nouvelle société semencière au Mali, le souci majeur est de doper la production de façon générale, quelle soit cotonnière ou vivrière. Il s’agit, de ce point de vue, d’une initiative louable qui mérite sans doute d’être encouragée par les plus hautes autorités du pays.
D’ores et déjà, le ton est déjà donné avec la présence du Président de la République, Amadou Toumani Touré lors de l’inauguration de cette usine. Il n’a pas tari d’éloges à l’égard des initiateurs de cette société tout en espérant que son apport sera substantiel dans le développement de notre agriculture. C’est dire que les plus hautes autorités du pays ont une préoccupation constante, celle de travailler afin d’assurer la souveraineté alimentaire.
Il en est de même pour nombre des composantes de la société civile, en particulier les altermondialistes, qui ont tenu ici même au Mali une rencontre s’inscrivant dans le cadre des efforts qui doivent aboutir à la souveraineté alimentaire et à son respect pour combattre l’insécurité alimentaire.
LES AVANTAGES
La création d’une société semencière au Mali ne fera que renforcer les capacités de production. Il s’agit, à travers cette initiative, de faire un tri des graines semencières, de les traiter aux fongicides et insecticides avant de les mettre en sachets par doses unitaires de 16 kilogrammes à l’hectare. Ce traitement se fait tant avec les céréales sèches comme le mil, le riz, le maïs, le haricot, mais aussi avec les graines de coton.
La hausse de la productivité à partir de l’utilisation des semences, une diminution de la quantité de semences utilisées, soit 12 Kg au lieu de 40 kg sont des avantages dont l’impact se fait ressentir tout de suite sur la production. Il y a donc des retombées financières sur tous les intervenants et on suppose qu’à la longue, c’est le consommateur lui-même qui doit ressentir les bienfaits de cette innovation en matière de production agricole, pourvu que la société parvienne à faire une production semencière importante et à vulgariser ses avantages auprès des autres producteurs sur l’étendue du territoire national.
On peut donc dire que la création d’une telle société avec les opportunités qu’elle offre pourrait se révéler comme une aubaine pour la CMDT.
Mamoutou DIALLO
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