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Politique
Les scores des communales 2009 : Quand le Mouvement Citoyen entache la légitimité d’ATT
 Aurore, 07/05/2009   E-mail Imprimer

Le suspense des Communales 2009 tend inexorablement vers son épilogue. En attendant l’issue des épisodes non moins tragiques de la rude bataille pour les collectivités, la  brume semble se dégager pour de bon sur les résultats du scrutin proprement dit. Ces derniers seront l’objet d’une proclamation définitive, demain, par l’Administration territoriale, apparemment sans bouleversement substantielle des tendances sur lesquelles des conclusions et interprétations sont à présent autorisées.

L’un des enseignements du scrutin du 26 Avril dernier a sans doute trait au niveau de participation ainsi qu’à la confirmation d’une ascendance des formations politiques. Selon les données non encore officiels mais assez fiables de 699 communes - soit 99,4% de l’ensemble -, ce sont plus de 2,866 millions d’électeurs maliens qui ont répartis leurs suffrages entre les différentes entités politiques en lice à travers les 703 circonscriptions électorales du pays. Avec une évolution de près d’1% par rapport aux précédentes communales, lesdits suffrages ont été exprimés pour 82,33% en faveur des partis politiques individuellement pris, pour 8,90% à des regroupements de partis et 8,77 pour des listes indépendantes. En tout état de cause, les entités partisanes à elles seules totalisent plus de 2,6 millions de voix, tandis que le cumul des suffrages exprimés en faveur des listes indépendantes, toutes tendances confondues, dépasse à peine 251 mille.

Les rapports sont en définitive défavorables aux entités indépendantes, mais ils ne sauraient occulter les grandes disparités au sein d’un échiquier politique marqué par un détachement très conséquent de l’Adéma et l’URD.            

 L’Adéma –PASJ confirme et se maintient
Comme on s’en doute, la suprématie du Parti de l’Abeille paraît irréfutable et incontestable. Et pour cause : 29,55% des 2,866 millions suffrages exprimés reviennent aux seuls Rouges et Blancs, soit plus 780 mille voix obtenus à l’issue du scrutin. Convertis en nombre de sièges, elles affectent à l’Adéma, pour les seules listes propres, un capital de 3164 sièges de conseillers dont une répartition régionale révèle une ascendance du PASJ dans chacune des régions du Mali. Avec 576 élus municipaux sous la bannière de la Ruche, Kayes est la région la plus pourvoyeuse de conseillers pour l’Adéma. Elle est suivie de Mopti et Ségou où les Abeilles en obtiennent 518 et 517 respectivement, tandis que leurs structures de Sikasso apportent 514 sièges et celles de Koulikoro largement en deçà avec 441 élus municipaux sous les couleurs du PASJ. Avec beaucoup moins de communes et d’électeurs que les autres, les régions du septentrion sont d’un apport relativement faible pour l’Adéma, mais contribuent plus à creuser l’écart entre ce parti et ses concurrents. Les données partielles ne permettent pas encore d’apprécier pour Kidal, mais les résultats du PASJ connaissent une évolution de 0,26% à Tombouctou avec 310 sièges et 7,85% dans la Région de Gao pour 189 élus. La même tendance évolutive est visible sur la répartition des sièges à Bamako où le parti de Dioncounda Traoré, avec ses 73 élus communaux, décroche 29,20% du total des sièges, soit une progression de 11,03% par rapport aux précédentes consultations de même nature.

Sur le total des données disponibles, le Parti de l’Abeille n’atteint  pas pour autant ses performances de 2004, soit plus de 3 300 sièges. Il pourrait toutefois les dépasser au décompte des résultats des quatre communes restantes et surtout des sièges obtenus sur les listes communes avec d’autres formations politiques.

 Nette évolution de l’URD et chute drastique du RPM
La progression est par contre beaucoup plus nette et visible pour l’URD. Ses résultats sont certes largement en deçà des attentes et ambitions déclarées à la veille des consultations, mais le Parti de Soumaïla Cissé pointe en deuxième position au niveau national avec moins de 2000 sièges pour 459 622 suffrages favorables, soit une évolution de 3,63% selon les résultats presque complets de 699 communes sur 703. Aussi l’Union pour la République et la Démocratie se contente de talonner le parti majoritaire dans chaque région, excepté Kidal où elle est reléguée en 5ème position au profit du CNID, du RPM et du PDM. Sous la bannière de la Poignée de Mains sont ainsi élus 405 conseillers municipaux dans la Région de Kayes, 366 à Ségou, 352 à Mopti, 289 à Sikasso, 234 à Koulikoro, tandis que Tombouctou contribue à l’amélioration de son score pour 187 sièges, le District de Bamako pour 45, loin devant Gao et Kidal où ce parti compte respectivement 37 et 2 élus de son obédience.

Sa place de deuxième formation sur l’échiquier politique national, l’URD semble la conforter au détriment du RPM qui, tout en se maintenant troisième dans le gotha des partis politiques, enregistre une chute drastique par rapport à ses performance de 2004. De plus de 1400 conseillers sortants, le Parti d’IBK redescend à 767 sièges pour 206 243 suffrages exprimés, soit un taux de régression de 6,4% au niveau national. Lequel taux varie selon les régions puisqu’il atteint 8,19% pour la région de Mopti - où le RPM est surclassé cinquième avec 76 conseillers - et de 11,05% en 7ème Région où les Tisserands n’en comptent que 16 sur un total de 474 sièges pourvus.

 La légitimité d’ATT entachée par le Mouvement Citoyen
Le très puissant Mouvement Citoyen ne figure pas moins au nombre de entités qui s’en sortent avec des résultats fort mitigés, à l’issue des communales 2009. Difficile de déceler avec exactitude ses performances électorales intrinsèques dans les maquis des candidatures indépendantes, mais son score au niveau nationale oscille probablement entre 5 et 6%, à en juger par les données qui attribuent l’ensemble des listes indépendantes un total de 804 sièges pour seulement 251 437 suffrages exprimés en leur faveur à travers le pays. Avec 7,51% des 10 706 sièges de conseillers communaux du pays, les indépendants s’illustrent surtout dans la Région de Mopti avec 189 sièges, Koulikoro et Kayes où ils atteignent respectivement 123 et 117 élus, ainsi qu’à Ségou où 113 conseillers indépendants totalisent 6,84% de près de 443 mille voix obtenus par l’ensemble des entités politiques en lice. Il faut par ailleurs distinguer les listes indépendantes issues des dissidences au sein des partis politiques de celles qui défendent les couleurs du Mouvement Citoyen, lesquels engrangent des performances localisées, notamment dans le cercle de Goundam avec Oumou Sall, de Bourem avec Chato Cissé, de Nioro, Mopti, Banamba, entre autres . C’est dire que les communales de 2009 n’ont guère été une opportunité, pour le Ministre Ahmed Diane Séméga et ses troupes, de réaliser des résultats électoraux assez honorable pour le hisser aux rangs de plus prestigieux chantres du PDES ou de force prépondérante sur la scène politique. Bien que revigoré par l’adhésion d’une dizaine de ministres de la République - soit une majorité des composantes politiques du gouvernement -, les acteurs du Mouvement Citoyen n’ont pu faire mieux que compromettre la légitimité du chef de l’État. Lequel s’était ouvertement affiché et identifié au MC par sa présence physique à son lors du dîner de clôture de la convention nationale de Février dernier. Dans les systèmes étatiques plus respectueux des principes démocratiques, pareille déroute électorale entraîne la démission de ceux qui en portent le chapeau. Ou tout moins une redistribution des représentativités gouvernementales pour les rendre plus conformes aux légitimités électives.

A.Keïta

Aurore, est seul responsable du contenu de cet article  
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