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Décidément, la Commission électorale nationale indépendante a tenu à nager à contre courant, en prenant tous les acteurs politiques à contre-pied. Dans son rapport, remis au Chef de l’Etat, le 30 juillet dernier, la commission indique que les élections ont été transparentes, justes et fiables.
De ce fait, a signalé le rapport, les conseillers élus dans les 703 communes du pays, l’ont été de manière crédible et juste. Pourtant, même le président de la République, Amadou Toumani Touré, en recevant le rapport, a fait quelques observations. ATT a reconnu le pouvoir de l’argent et ‘’les combinaisons qu’on ne pourrait même pas faire au Pmu ‘’. C’est dire que le président de la République n’a pas accepté de céder à l’optimisme béât et à la complaisance d’une commission qui n’a jamais rien vu ni entendu. A la dernière émission télévisée ‘’débat de cité’’, le directeur de l’intérieur, Boubacar Sow, l’ancien ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales, Ousmane Sy, en présence du représentant de la Dge qui a produit un rapport accablant sur le fichier électoral et les représentants des partis politiques, avaient unanimement reconnu , non seulement le rôle manifeste de l’argent dans les communales, mais, aussi, informé les citoyens sur des imprimeries parallèles qui ont construit des bulletins de vote. Un notable de Tombouctou, présent à Bamako, la semaine dernière, nous a fait savoir que même des cartes d’électeurs ont été confectionnées dans la cité des 333 saints, lors des communales.
Plusieurs personnes en détention de nombreuses cartes d’électeurs et de bulletins de vote ont été conduites dans des postes de police de la capitale. Malgré tout cela, le représentant de la Ceni au débat de cité, a tenté de banaliser les fraudes en disant évasivement qu’on pouvait les situer ‘’ au compte des rumeurs ‘’. Ce qui contraste évidemment avec les informations fournies par la classe politique et les acteurs qui étaient sur le terrain. La Dge avait demandé , pour des raisons de transparence, que les cartes d’électeurs non retirées, soient éliminées du circuit, mais c’est la Ceni, à la grande surprise du ministère de l’Admi-nistration territoriale et des collectivités locales, qui a opposé un refus catégorique à ce retrait. C’est dire que la Commission électorale nationale indépendante a fait cavalier seul dans l’organisation des communales 2009, en blanchissant les actes obscurs tendant à semer le doute sur la transparence des élections. A quelles fins ? L’histoire nous le dira. Lors de l’attribution du marché des bulletins, la Ceni n’a pas supervisé des opérations dénoncées par certaines imprimeries de la capitale. La Ceni a dégagé toute responsabilité dans ces attributions en disant qu’elle n’était pas censée s’occuper de ce volet de la supervision ? Or, la loi électorale est claire. L’article 14 de la loi électorale indique : ‘’ La Ceni et ses démembrements veillent à la régularité des élections et du référendum à travers la supervision et le suivi des opérations, notamment : l’établissement ou la révision exceptionnelle des listes électorales à l’occasion des élections générales ou des opérations référendaires ; la préparation et le gestion du fichier électoral ; la confection, l’impression et la distribution des cartes d’électeur, la mise en place du matériel et des documents électoraux du fichier électoral…’’ C’est l’article 3 qui précise, en fait, que la Ceni est chargée de la supervision et du suivi de l’élection présidentielle, des élections générales, législatives et communales et des opérations référendaires. En disant qu’elle ne peut superviser la passation du marché des bulletins électoraux, la Ceni opère une fuite de responsabilité et se décrédibilise.
Baba Dembélé
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