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Le Samedi 29 août 2009, au cours d’une conférence de presse, Moussa Mara, maire de la Commune IV du District de Bamako, n’a pas caché son intention d’imprimer une autre démarche dans la gestion de sa commune. La transparence et le contrôle citoyen, sont les axes principaux sur lesquels, il compte asseoir sa gestion de la Commune IV pendant son mandat.
Pour donner le ton, il n’a pas hésité à lever le voile sur ses biens à sa prise de fonction. Bien que la loi ne lui impose pas en sa qualité de maire de faire une déclaration publique de ses biens, Moussa Mara qui veut donner un signal fort aux habitants de sa commune, au cours de sa conférence de presse l’a fait. «Cet acte est une exigence minimale de transparence que M. Mara se fixe. Il le considère comme un élément qui est de nature à renforcer la confiance entre l’élu et ses électeurs, entre le responsable public et la population. Une confiance indispensable à toute construction collective et toute démarche participative vers le développement et le progrès, notamment à la base». Ce sont là les motivations principales que Moussa Mara a avancé pour soutenir son acte.
Contrairement à de nombreux maires qui se sont installés à la tête de nos communes, Moussa Mara a déclaré ses biens et ce sont les habitants de sa commune, ses administrés, de veiller au grain pour dénoncer toutes ses initiatives futures à s’enrichir sur le dos de la commune. Cette démarche novatrice du jeune maire de la Commune IV, qui tranche avec toute volonté de se servir des caisses de la commune, va sûrement inspirer d’autres édiles du Mali. Cela est souhaitable parce que les populations à la base ont souffert et continuent de souffrir des actions de leurs compatriotes devenus maires à la faveur de leur vote et qui n’ont jamais eu la capacité de faire une différence entre leurs poches et les comptes de la mairie.
Au Mali, depuis l’avènement de la démocratie, nous avions suffisamment d’exemples qui nous permettent d’affirmer qu’au lieu de venir servir la collectivité, de nombreux maires sont venus se servir. Et, pire comme un déluge, ils n’ont rien laissé de bon après leur départ de la mairie. Les réserves foncières de la commune, les fonds de la collectivité et les espaces verts, ont le plus souvent souffert du passage de ces maires «business man» qui ont inspiré la chanson «mairie zo» du groupe Tata Pound. Et comme cette catégorie de maires, malheureusement qui écument la plupart de nos communes, ne sont pas prêts à changer, l’Etat doit intervenir pour que la décentralisation malienne recouvre tout son sens.
Et la piste de la déclaration des biens de nos maires dans nos communes à travers le pays que vient suggérer le maire de Commune IV par son geste, doit être explorée. Mieux que ce qui est prévu par la constitution du 25 février 1992, pour le Président de la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement, le système de déclaration des biens des maires que l’Etat est obligé d’envisager doit permettre aux magistrats de la section des comptes de la cour suprême de préserver les maigres ressources de nos communes des détournements à ciel ouvert. Plus que jamais, la gestion de nos communes a besoin d’être moralisée.
Et, si l’Etat ne fait pas quelque chose, les maires ne se placeront pas dans une bonne disposition d’esprit synonyme d’une gestion transparente et rigoureuse de nos communes, devenues des mânes financières pour une catégorie de citoyens qui ne reculent devant aucun sacrifice pour se faire élire maire. Le grand problème est que la gestion calamiteuse de certaines de nos communes, a fini par convaincre certains citoyens que leurs taxes et impôts servent à grossir les comptes bancaires d’un certain nombre de responsables de nos communes, dont les maires. Conséquences, les citoyens traînent les pieds dans le payement des taxes et impôts, pourtant nécessaire pour planifier et exécuter des activités de développement dans la commune. La déclaration des biens des premiers dirigeants de nos communes et des stratégies d’implication des populations dans le contrôle des actions communales, pourront rassurer les populations dans le payement des taxes et impôts.
En attendant que l’Etat malien en fasse une obligation pour tous les maires et responsables des collectivités du pays, Moussa Mara, maire de la Commune IV du District de Bamako, vient de donner le ton en mettant sur la place publique son patrimoine. Combien sont les maires maliens qui peuvent pousser le souci de transparence jusqu’à demander à leurs électeurs de contrôler leur gestion, en ayant comme girouette le niveau de ses biens à sa prise de fonction ? Ils ne sont pas nombreux à le faire, parce que préoccupés à se servir des fonds de commune que de servir la collectivité. Malheureusement, cette image dégradante de la décentralisation malienne, semble convenir le mieux dans un contexte actuel du pays caractérisé par une corruption et une délinquance financière qui constitue chaque année la trame du rapport du vérificateur général.
Assane Koné
Un patrimoine de Moussa Mara : Evalué à 393 633 495 F Cfa
Dans sa déclaration de patrimoine, Moussa Mara a annoncé qu’il a des biens d’une valeur de 488 590 760 F Cfa et un cumul de dettes d’une valeur de 94 957 265 F Cfa. De telle sorte que la valeur de son patrimoine à la date du 4 juin 2009, date de sa prise de fonction, était estimée à 393 633 495 F Cfa. Il a attesté sur l’honneur de l’exhaustivité de cette déclaration et autorise quiconque à faire des investigations pour corroborer ou infirmer cette affirmation. Et, il s’est engagé à procéder à une déclaration annuelle de son patrimoine tant qu’il exercera une charge officielle.
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