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La journée internationale de l’Alphabétisation a été fêtée par la communauté internationale le 8 septembre 2009. Contrairement au thème international, le Mali a choisi un autre thème qui est : «Alphabétisation, outil incontournable pour un développement durable». Pour la circonstance, les autorités maliennes et les responsables de l’éducation à travers plusieurs activités avant et après, ont célébré la journée.
Dans cette optique, le jeudi 10 septembre 2009, à l’Institut des Langues Abdoulaye Barry (ex Denafla), le Réseau Yeelen Bulon en collaboration avec le réseau PAMAJO, la coalition éducation pour tous, a organisé une conférence de presse. Animée par son président Ibrahim Ag Idbanat avec son secrétaire général Modibo Diakité, Zoumana Koné et Abdoulaye Mako respectivement trésorier et président de la commission de contrôle, elle avait pour objectif essentiel de faire connaître davantage la vision du réseau sur l’Education non formelle (ENF).
Des constats faits par l’UNESCO, l’alphabétisation est l’un des objectifs les plus négligés parmi les objectifs de l’éducation pour tous. Selon les mêmes remarques, les efforts ont été focalisés sur l’éducation primaire et l’alphabétisation des adultes a été souvent négligée. Des statistiques, 776 millions d’adultes analphabètes existent dans le monde et 75 millions d’enfants exclus du système scolaire. Au Mali, 70 % de la population active dont la majorité en zone rurale sont analphabètes et ont besoin de réclamer ou de jouir de leur droit. C’est dire que 30 % des maliens utilisent seulement la langue officielle de travail. C’est en substance le constat alarmant dressé par le président du réseau dans sa déclaration.
Pour promouvoir donc plus l’Education non formelle le réseau Yeelen a souhaité la création d’un fonds national d’appui au sous secteur pour que le Mali soit au rendez vous de l’éducation pour tous d’ici 2012. Une création qui permettra d’assurer le droit fondamental des maliens à apprendre et à développer leur potentiel humain tout au long de leur vie et aussi de se donner la capacité de participer efficacement à la construction du pays. De plus, de son point de vue, l’atteinte des objectifs de l’EPT d’ici 2015 ne pourra se faire sans l’affectation de 6 % du budget de l’alphabétisation nationale à l’ENF. «Pour ce faire, il s’agit de passer aux actes. C’est-à-dire faire en sorte que l’éducation non formelle soit un outil de travail dans la fonction publique (Etat et Collectivités). C’est l’unique condition pour son développement. Il suffit qu’on ait le courage, il s’agit des cadres sortis des écoles françaises d’accepter que le génie de tout u peuple ne s’exprime mieux que dans sa langue», a indiqué Idbanat.
Avez-vous les moyens de vos ambitions pour réussir cette lutte ? Dans la mesure où on n’arrive pas à trouver une solution à l’éducation formelle, pensez vous qu’on aura la solution de l’ENF ? Nos langues nationales sont elles prêtes à prendre la place de la langue officielle ?, étaient entre autres des préoccupations soulevées par les hommes de médias. Des questions qui ont été répondues par les conférenciers. Pour conclure, ils diront que la volonté politique est affichée dans la lutte pour l’alphabétisation des néo alphabètes, mais qu’elle est trop timide.
Ce jeune réseau créé il y a tout juste le 21 janvier dernier, conformément à ses objectifs qui sont entre autres de contribuer à la réalisation des objectifs de l’EPT et des objectifs du millénaire pour le développement liés à l’ENF au Mali, d’influencer la politique nationale d’éducation, en vue du développement de l’ENF. Yeelen compte dans l’avenir élaborer un plan d’action stratégique du réseau pour trois ans, continuer à mener des contacts avec les partenaires de l’ENF et la recherche de partenaires et alliés pour le plaidoyer faveur de l’éducation non formelle au Mali. Il compte de sa création à aujourd’hui 68 ONG et associations membres.
Hadama B. Fofana
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