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«L’économie rurale de l’Afrique est caractérisée par une balance commerciale agricole déficitaire qui menace sérieusement son agriculture et accroît la dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur. Malgré la richesse de l’Afrique en ressources agro- sylvo- pastorales et la profusion d’efforts de planification et de rationalisation de la gestion du développement rural, force est de constater que les différentes politiques et stratégies mises en œuvre ne se sont pas toujours soldées par des résultats à la hauteur des ambitions que nous avons nourries pour nos populations».
C’est le ministre de l’Agriculture, Aghatam Ag Alhassane, qui faisait ces tristes révélations, mardi dernier, à l’Azalaï hôtel Salam. Ce désaveu des politiques agricoles a été souligné en présence du ministre de l’élevage et de la pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ, du ministre de l’industrie, des investissements et du commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, des représentants des départements ministériels de pays de la sous région, du directeur du département des opérations d’évaluation de la Bad, du directeur du bureau des évaluations du Fida.
C’est donc montrer l’importance des propos critiques et sans complaisance aucune du ministre de l’agriculture face à ces sommités du secteur de l’Agriculture et du développement rural. De surcroît, Aghatam ag Alhassane avait situé les responsabilités, qui relèvent bien des concepteurs de notre politique agricole, quoique son département figure parmi les premiers auteurs de ces incohérences. Le ministre avait indiqué : ‘’Elever nos différents pays au rang de puissance agricole est également un enjeu de premier plan dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, face à une population dont les besoins alimentaires croissent plus vite que la production alimentaire.
Au Mali, cette volonté est traduite par le cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (Cscrp) et la loi d’orientation agricole, deux outils majeurs de notre politique de développement économique et social, conçus et mis en œuvre en collaboration avec les acteurs de la société civile et les partenaires techniques et financiers. ‘’ En fait, c’est le désaveu du Cscrp et de la loi d’orientation agricole qui ne se sont pas révélés à la hauteur de leurs ambitions. L’échec est d’autant plus patent qu’il est manifestement prouvé par le fiasco de l’initiative riz qui avait défrayé la chronique et créé le désarroi au ministère de l’Agriculture dont les agents se sont confondus en déclaration de faux chiffres.
Le ministre de l’Agriculture Aghatham Ag Alhassane ne s’était, d’ailleurs, pas borné à ces constats désolants, face à un parterre de personnalités du secteur agricole. Il avait signalé ses inquiétudes concernant la faiblesse des investissements dans l’agriculture, la mutation de l’agriculture qui en fait aujourd’hui une activité commerciale, déséquilibrée et inégale entre le nord et le sud. Il avait, aussi, fait remarquer le déséquilibre des échanges commerciaux conduisant l’Afrique à se nourrir des produits alimentaires extérieurs et la faiblesse des échanges commerciaux de produits agricoles entre les pays africains.
C’est dire que, jusqu’à présent, nos concepteurs de politiques agricoles n’ont pas trouvé les vrais repères et que nos populations sont desservies par un gouvernement et des cadres du département de l’agriculture dont l’incurie crève les yeux. D’autant plus que c’est le secteur qui doit impulser le développement.
Baba Dembélé
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