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Monsieur Camara, la profession de journaliste exige un minimum de culture, vous en avez encore besoin pour exercer cette profession. Je connais bien la situation de cet "Hôtel", une maison à usage d'habitation transformée en Hôtel, sans dire "MAISON CLOSE", où les putes défilent jour comme nuit! S'il vous plait, ne confondez pas moyens de corruption et possession de droit. Sans les moyens, cet "Hôtel" serait déjà fermé! Ni son emplacement, ni ses activités, ne respectent les normes d'établissement hôtelier. Le plus dangereux est que vous embrouillez les gens. Si vous optez pour la profession journalistique, vous devez contribuer à l'enrichissement de la culture intellectuelle et non à l'abrutissement de la junte juvénile. C'est de cette manière que nous trouverons du plaisir à vous lire. En bon entendeur! "
"Je parie que ce journaliste et son interlocuteur utilisent les chambres de passe de cet hôtel. Déçu par ces propos d'un Camara probablement de confession musulmane. La loi dit que les hôtels doivent être loin des
résidences pour ne pas dépraver les mœurs. Tout le monde sait comment ça marche les hôtels à Bko. Cet interlocuteur se rendra compte s'il voit un jour sa progéniture sortir de ce complexe accompagné de ce satanique journaliste. Tu fais honte aux Camara et ta carrière ne brillera jamais comme ça".
Soit et je vous le concède. Mais c'est moins sur d'insinuer que "tout Camara est probablement un musulman". La meilleure certitude serait de dire cependant - et sans aucun risque de vous tromper ---qu'ils sont les premiers fondateurs du Mandé. Je ne résiste pas à l'envie, bien qu'étant de confession musulmane de par ma naissance (la nuance est d'importance, alors j'imagine que cela doit être aussi votre cas) de vous réciter cette célèbre phrase biblique : "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".
Pourquoi, je commence par la bible, monsieur ? Parce que le qualificatif "intégriste" passé désormais dans notre langage commun, est de connotation catholique. Malheur, nous enseigne le coran, à ceux qui composent le livre de leurs propres mains et qui disent ensuite pour en retirer un faible prix : " Ceci est de Dieu " ! Savez-vous, monsieur, que la charia islamique (je parle ici sous le contrôle de grands islamologues) est de composition humaine ? Elle n'oblige pas. Seule la parole de Dieu oblige.
Par exemple, voici ce qu'un grand islamologue - son érudition ne fait aucun doute - écrit sur la lapidation, dont un seul mot n'existe, selon lui, dans le coran : "Bien sûr, on a inventé un verset. Il est même rapporté par des sources sérieuses. Malik et Bukhari entre autres, et il est attribué au plus prestigieux des compagnons et des califes : Umar Ibn el-Khattab. Mais c'est un faux. On peut établir que son auteur est un illustre Tabi'i, Sa'id Ibn el-Musayyib, connu pour son austérité et sa misogynie. Personne n'a osé aller jusqu'à l'inclure dans le coran. Mais, comble de stupidité, pour expliquer cette absence, on n'a prétendu qu'il est abrogé dans sa forme et maintenu dans sa sentence."
En réalité la lapidation est, à l'origine, une peine biblique, écrit un brillant islamologue. Elle ne sera pas abolie par Jésus, malgré sa répugnance à son égard et sera finalement abandonnée par les juifs après la deuxième destruction du temple. "Des témoignages dignes de foi nous permettent d'affirmer qu'elle ne s'appliquait plus à Médine du temps du prophète. La charia en la matière s'inspire donc d'une peine biblique déjà abandonnée, peine qui a néanmoins inspiré desdits attribués au prophète lesquels, eu égard à leur contradiction avec le coran, sont incontestablement inventés par certains oulémas sous la pression d'une société patriarcale et totalement misogyne. Le caractère apocryphe de ces dits explique, par ailleurs, que les Kharijites et certains mu'tazilites, ne reconnaissent aucune validité à cette peine " écrit Mohammed Talbi, un des meilleurs spécialistes de l'Islam. C'est donc ce mélange d'ignorance crasse et de peur de contredire le salaf les anciens qui est à l'origine du Salafisme, une doctrine dominante de nos jours.
Je citerai ce hadith, qui a toutes les chances d'être authentique en raison de sa conformité avec l'esprit Mohammedien et l'enseignement du coran, écrit le même Talbi : " Anas Ibn Malik - Que Dieu l'agrée ! - rapporte : j'étais auprès du prophète -bénédiction et salut soient sur lui ! - lorsqu'un homme vint le voir et lui dit : - " j'ai commis un acte qui relève des sanctions légales (asabtu haddan). Fais-moi subir le châtiment encouru en pareil cas ".
Le prophète ne lui demanda pas de quel acte il s'agissait. Puis vint l'heure de la prière .l'homme en question s'acquitta de la prière avec le prophète -bénédiction et salut sur lui ! La prière achevée, l'homme en question se leva et dit : -"Messager de Dieu, j'ai commis un acte qui relève des sanctions légales. Applique-moi le châtiment prévu dans le livre de Dieu !"
Le prophète lui dit : -"N'as-tu pas prié à l'instant avec nous ?" -"Si !" dit-il - " Alors ! répondit le prophète. Dieu t'a pardonné ton péché " ou selon une autre version " t'a remis ta sanction "
La morale de cette histoire : en droit musulman, personne n'est tenu de témoigner contre soi. Le prophète n'a pas même demandé à son interlocuteur de quoi il s'était rendu coupable. L'aveu qu'il voulait faire et qu'il n'a pas fait, la prière dont il s'est acquittée et qui témoignait de sa piété, étaient une repentance suffisante et la preuve qu'il n'allait pas récidiver. C'est çà l'essentiel. La peine n'est donc pas une fin en soi. Telle est la philosophie de l'islam, Celle d'un islam tolérant bien sûr !
Bacary CAMARA
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